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Route - Tom Dumoulin : deux 'défaites' pour un futur sacre ? Photo : Sirotti

Route - Tom Dumoulin : deux "défaites" pour un futur sacre ?

Le Tour de France fini, place aux bilans. Les grands médias sportifs, mais aussi généralistes, ont fait l'apologie des vainqueurs (la Team Sky, Peter Sagan, Julian Alaphilippe, voire Egan Bernal en tant que révélation), je voudrais revenir sur un homme dont la presse n'a pas outre mesure saluer la performance. Et pourtant l'accessit obtenu par Tom Dumoulin sur ce Tour possède un petit quelque chose, si pas d'insolite, de remarquable. Certes d'autres sont montés sur la boîte en compagnie de Chris Froome lors des dernières éditions de la Grande Boucle, mais le Néerlandais est le seul, avec Nibali en 2012, accompagné de deux Sky. À la différence de l'Italien, il est parvenu à s'immiscer entre les deux comparses que sont Thomas et Froome. Pas une mince affaire. Qui plus est, le Batave a remporté une étape au nez et à la barbe du "Kenyan Blanc" après avoir longuement lutter contre celui-ci sur les routes italiennes durant le mois de mai. Tout cela me fait penser que le plus fort, cela aurait pu (dû?) être le coureur de Sunweb.

Tour de France : Tom Dumoulin lors de la 2e journée de repos

 

Tom Dumoulin et le doublé Giro d'Italia et Tour de France

Dumoulin a pour la première fois tenté de doubler Giro et Tour. Sur l'un comme sur l'autre, pas de victoire finale mais deux places de dauphin, une victoire d'étape sur les deux Grands Tours et une menace permanente pour celui qui a finalement décroché la timbale (Froome sur le Giro et Thomas sur le Tour). Le tout alors que, sans vouloir dénigrer ses coéquipiers, il n'était ni en Italie, ni en France entouré comme l'étaient les représentants de Sa Majesté. Certes la formation de Dave Brailsford dispose de leaders d'exception, mais la force (de frappe) reste surtout collective. Le tempo mené, dans l'ordre, par Castroviejo, Poels, Kwiatkowski et Bernal dès lors que la route s'élève a quelque chose de rédhibitoire. Exit les offensives et les à-coups. La machine Sky broie et ne laisse souvent que des miettes. Ces-mêmes miettes, pourraient-elles se transformer en festin d'ici quelques années pour le meilleur rouleur du monde ? Peut-être bien. Proche du niveau des deux Britanniques, et le style Sky correspondant peu ou prou à celui du Néerlandais qui honnit également les changements de rythme, il ne faudrait que peu de choses pour que ce dernier supplante la doublette britannique. Je m'explique. À sa guise, il peut laisser Sky mettre en place son train qu'il suivrait comme cette année. Mais en renforçant par retouches sa garde rapprochée, le "Papillon de Maastricht" économiserait des forces qu'il pourrait utiliser dans le moneytime. De plus, Dumoulin est bien plus jeune que ses deux adversaires. En comptant, tant sur une légère baisse des performances de Froome et Thomas que sur l'expérience acquise par Dumoulin, il est tout à fait envisageable d'imaginer l'homme de 27 ans en jaune à Paris d'ici un an ou deux.

 

Objectif le Tour de France 2019 pour Tom Dumoulin ?

Ce Tour de France est donc celui de la confirmation pour le champion du monde contre-la-montre. Certes il a perdu, mais en atteignant Rome et Paris au second rang derrière la formation spécialiste des courses de trois semaines, il a levé les derniers doutes de ceux qui pensaient encore que son tour de force sur le Giro 2017 n'était qu'un one shot. Légitimé, plus expérimenté, Tom pourrait être récompensé. Dès juillet prochain ?

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Publié le par Matthieu HENROTEAUX