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Route - Romain Bardet s'explique : le Tour, le Giro, les Sky Photo : @AG2RLM Cyclisme

Route - Romain Bardet s'explique : le Tour, le Giro, les Sky

L'équipe AG2R La Mondiale a présenté ce mardi son maillot pour l'année 2019 ! Et la formation dirigée par Vincent Lavenu a opté pour la continuité. Romain BardetTony Gallopin et consorts évolueront en effet dans une tenue très proche de celle utilisée cette année, tant par le design que par les couleurs. Ils étrenneront ce nouveau maillot dès le mois prochain. Directeur général de l'entreprise AG2R La MondialeAndré Renaudin a répété sa fierté lors de la conférence de presse de présentation : "L’équipe cycliste a su conquérir le cœur de nos concitoyens. C'est l’équipe préférée des Français depuis 5 ans. C’est une grande fierté ! L'équipe AG2R La Mondiale fédère l’ensemble de notre corps social et de nos collaborateurs. Nous lui souhaitons pleine réussite en 2019 !

Bardet : pourquoi il a choisi le Tour plutôt que le Giro !

Ce mardi, en marge de la présentation de sa formation Romain Bardet, qui a avoué que "le Tour sera le point d'orgue de sa saison" (Romain Bardet sera aligné sur Liège-Bastogne-Liège, le Tour de Catalogne, le Tour de Romandie et le Dauphiné), en a aussi profté pour réexpliquer pourquoi il a finalement choisi de ne pas prendre part au Tour d'Italie l'an prochain, se concentrant comme les années précédentes sur le Tour de France. Ayant donc déjà expliqué son choix il y a quelques jours déjà, l'Auvergnat avait aussi exprimé son opinion sur un autre sujet : les oreillettes en parallèle de son stage dans les Alpes avec l'équipe AG2R La Mondiale.

 

"L'enjeu le plus important est l'imprévisibilité des courses"

D'abord favorable au maintien des oreillettes dans le peloton, Romain Bardet a expliqué avoir changé de position sur ce sujet. Sans détours, il a ainsi déclaré qu'il soutiendrait l'interdiction de cet avantage technologique permettant aux équipes d'anticiper au mieux la course, quitte à perdre parfois toute spontanéïté. C'est ce qu'a expliqué le deuxième du Tour 2016 : "La vraie préoccupation, dans l'esprit de certaines personnes, est la prévisibilité de la course. C'est l'enjeu le plus important. Cette idée que Sky pourrait presque remporter le Tour avec n'importe lequel de leurs coureurs, c'est ce que les organisateurs de la course veulent aborder, afin de créer des scénarios plus imprévisibles". En effet, ASO et Christian Prudhomme ont pris les devants ces dernières années pour contrer l'outrageuse domination des Sky depuis 6 ans sur la Grande Boucle : entre réduction de l'effectif des équipes, parcours plus hauts en altitude, mini-étapes, réduction des contre-la-montre...

 

"Un monde sans oreillettes serait une très bonne chose"

Comme tous les autres rivaux de Christopher Froome et de son écurie britannique, le natif de Brioude semble lassé de la domination financière des Sky, qui disposent de grands leaders faisant office d'équipiers de luxe. Cette force collective trouve une partie de ses sources dans l'utilisation à outrance des oreillettes, avec Dave Brailsford et Nicolas Portal guidant leurs coureurs "comme des robots", selon de nombreux détracteurs: "Je pense qu'un monde sans oreillettes serait une très bonne chose. Cela inciterait les coureurs à assumer un peu plus de responsabilités. Cela renforcerait leur sens tactique et leur prise de conscience. Il faudrait être plus vigilant face à la course. Pour moi personnellement, je trouve que les oreillettes vous rendent un peu plus passif, on attend les informations avant de bouger. Sans elles, vous regardez qui est où, vous ne pouvez pas laisser les dangereux coureurs échapper à votre regard. Cela rend la course plus intense de l'intérieur, donne plus d'incertitude. Mais je ne pense pas que ce soit la solution magique non plus."


"Je ne fais pas du vélo pour être l'ennemi numéro 1 des Sky"

Citant à de nombreuses reprises l'équipe Sky comme exemple (archétypal avouons-le), Bardet a dû faire face aux questions concernant ses rapports personnels et sportifs avec l'équipe britannique. Si des tensions ont déjà pu avoir lieu durant les courses, l'Auvergnat de 28 ans "ne veut pas jouer la victime. Je peux affirmer avec certitude qu’à aucun moment il n’ya eu de véritable coup de sang. À l’Alpe d’Huez, alors qu’ils me pourchassaient, Geraint Thomas est allé gagné l’étape. Cela fait partie de leur plan. Mais c’est à nous de sortir et de les déstabiliser, c’est une bonne bataille, elle reste sportive."

 

Etant l'un des meilleurs représentants du cyclisme français sur les Grands Tours depuis 3 ans, Bardet sait aussi que la rivalité ne se limite pas qu'au sportif pour l'opinion publique : c'est également un duel France- Royaume-Uni. "Je ne fais pas de cyclisme pour être l'énnemi numéro 1 des Sky. Mais le Tour est le plus gros événement, les spectateurs sont un peu moins familiarisés avec la culture cycliste. Ils voient le sport de façon légèrement différente et veulent voir un spectacle attrayant. Nous sommes tous coupables, quand nos équipes nationales jouent, d'être un peu chauvin. Nous aimons nous sentir légèrement lésés par notre rival. C'est une affaire très française."


Le parcours du Tour de France 2019 en 3D

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Publié le par Jean LEBRETON