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Route - La Movistar : une saison 2018 sauvée par Valverde Photo : Sirotti

Route - La Movistar : une saison 2018 sauvée par Valverde

A l’issue de la saison 2017, l’équipe Movistar pouvait largement imaginer la saison suivante avec l’espoir de rafler les plus grandes courses par étapes, notamment sur ce Tour de France qui échappe à Eusébio Unzué depuis 1995. Avec le recrutement de Mikel Landa pour compléter la doublette Nairo QuintanaAlejandro Valverde, l’unique formation World Tour espagnole a rapidement confirmé la présence de ces trois de mastodontes sur la Grande Boucle 2018.

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Un an plus tard, que peut-on dire du bilan de la Movistar parmi toutes les équipes du World Tour ? Bâtie essentiellement pour briller sur le général des Grands Tours, elle est clairement passée à côté de ses objectifs. Sur le Giro, le Tour et la Vuelta, aucun podium, chose qui ne lui était plus arrivée depuis… 2011. Plus encore, s'est révélée une impression criante d’essoufflement vis-à-vis de la concurrence émergente d’autres équipes taillées pour les Grands Tours telles que la Mitchelton-Scott (Simon Yates vainqueur de la Vuelta) ou la LottoNL-Jumbo.

 

Trois leaders sur le Tour = trop d’individualités

L’idée paraissait séduisante sur le papier, elle a littéralement explosé avant même l’arrivée de la montagne. La première semaine du Tour ne s’est déjà pas déroulée sous les meilleurs auspices avec Quintana et Landa, tous deux victimes de chutes. Le Colombien accusait rapidement 2 minutes de retard sur le futur vainqueur Geraint Thomas. Valverde, toujours bien placé, allait en revanche subir le poids des années dans la montagne, ne pouvant rivaliser avec le collectif des SkyMême chose pour Nairo Quintana qui ne s’est réveillé que lors de son succès au sommet du col du Portet (avant de rechuter le lendemain pour finir le Tour en 10ème position).  Landa quant à lui finissait 7ème sans briller et Valverde 14ème.

Trois semaines durant, l’écrasante domination de la Sky menée par un Geraint Thomas à son apogée, s’est basée une fois encore sur un collectif sans faille, soudé et (trop ?) calculateur. En parallèle, l’équipe Movistar a adopté une stratégie ne reposant que sur ses individualités. Cette force a finalement été sa faiblesse car à aucun moment, le staff n’a désigné clairement de capitaine à protéger. Chacun d’eux a donc dû se débrouiller de son côté, avec ses moyens, usant des forces le plus souvent pour rien. Résultat, une seule victoire d’étape acquise au panache par le Colombien.

Qu’on le veuille ou non, le cyclisme moderne dans les Grands Tours se base sur un collectif concentré autour d’un seul leader ou plus rarement deux. Le risque encouru est alors de tout perdre en cas de défaillance ou d’abandon du coureur en question. Mais avec trois leaders, le risque (et cela s’est vu chez Movistar) est que les individualités rendent impossible toute stratégie globale pour l’équipe.

 

Valverde sauve la Movistar

Au total de la Movistar cette année, 26 victoires au compteur, un bilan plutôt maigre quand on le ramène aux ambitions nourries en début d’année. Plus inquiétant pour le futur, sur ces 26 succès, 13 ont été récoltés au seul profit d’Alejandro Valverde, revenu de manière tonitruante après sa chute sur le Tour 2017. Remportant entre autres 4 courses d’une semaine et 2 étapes d’une Vuelta dont il a terminé 5ème, le Murcian a littéralement porté durant 10 mois son équipe de toujours. Mais voilà, à 38 ans le nouveau champion du monde (acquis sous les couleurs de la sélection espagnole) sait que ses années sont comptées, lui qui devrait vraisemblablement raccrocher son vélo après les Jeux Olympiques de Tokyo en 2020.

 

Richard Carapaz, révélation de l'année

Plusieurs jeunes talents ont éclos cette année dans le peloton : Egan Bernal chez Sky, Remco Evenepoel dans un futur proche… Chez la Movistar la révélation de l’année s’appelle Richard Carapaz. Même si Marc Soler a particulièrement brillé en début d’année en remportant Paris-Nice, la 4ème place sur le Tour d’Italie de l’Equatorien a surpris tout son monde. A 25 ans le vainqueur de Montevergine pourrait, s’il le confirme faire partie de la dream team de la Movistar d’ici peu de temps.

Il y a 3 ans, Movistar faisait office de principal concurrent de la Sky sur les Grands Tours. Aujourd’hui elle n’apparaît que comme un outsider malgré ses stars. La formation ibérique aura donc tout intérêt à choisir plus minutieusement la répartition de ses coureurs sur les Grands Tours l’an prochain si elle veut retrouver le chemin des podiums. Pour l’heure, Nairo Quintana a déjà annoncé retourner sur le Tour l’an prochain tandis qu’Alejandro Valverde devrait concentrer sa saison sur le Tour des Flandres et la Vuelta. Mikel Landa aurait quant à lui la volonté de se lancer à nouveau le défi du doublé Giro-Tour l’an prochain.

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Publié le par Jean LEBRETON