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Route - Lefevere : 'La sécurité des coureurs, c'est Bullshit !' Photo : @cyclismactu/ CyclismActu.net

Route - Lefevere : "La sécurité des coureurs, c'est Bullshit !"

Le 27 mars prochain, nous commémorerons pour la deuxième année la mort tragique d'Antoine Demoitié, survenue en 2016 lors de Gand-Wevelgem, des suites d'une percussion avec une moto. Ce drame avait ému l'ensemble du peloton et par delà même le monde du cyclisme. Après l'émotion est venu le temps de la réfléxion notamment de la part de l'UCI, sur d'éventuelles réformes à adopter afin d'améliorer la sécurité des coureurs. Entre tous les débats, ces réformes sont arrivées : diminution du nombre de véhicules en course, restrictions du matériel pour les motos et surtout depuis le 1er janvier 2018, réduction du nombre de coureurs sur les différents formats de course. Mais cela n'a absolument pas stoppé les débats bien au contraire. A l'approche de la saison des classiques, RTBF a fait le point sur différentes opinions concernant ce sujet si sensible qu'est celui de la sécurité de la course cycliste, qui reste un sport à risques.

Le caractère de Patrick Lefevere, Cyclism'Actu a pu tester !

 

La confiance de Jean-François Bourlart : "Si on ne fait pas attention, on ne règlera pas le problème"

Le manager de Wanty-Groupe Gobert, formation du regretté coureur de 26 ans a voulu calmer le jeu en soulignant les multiples efforts fournis par l'UCI : "L’UCI se cherche un petit peu. Le cyclisme se cherche un petit peu. C’est vrai qu’il y a eu plusieurs accidents graves et qu’il est normal que l’UCI cherche des solutions avec les organisateurs pour tenter de limiter de tels accidents en rendant les courses les plus ‘secure’ possible". Mais le manager isérois reste dubitatif quant aux réformes qui ont été mené, et ce malgré qu'il souligne positivement la priorité de l'action sur l'attentisme : "Est-ce que passer de neuf à huit ou de huit à sept va changer quelque chose à cette quête de sécurité, je n’en suis pas personnellement convaincu. Mais si on ne fait rien, si on n’essaie rien, si on ne fait pas attention à la problématique des motards, si on ne fait pas attention au nombre de véhicules, si on ne fait pas attention à la signalisation dans les courses… on n’améliorera jamais ce problème !". Le patron de la formation de Yoann Offredo garde donc la tête sur les épaules sans avoir été surpassé par l'émotion qui a pu suivre ce drame.

 

Julian Alaphilippe : "Je n’ai pas vraiment un avis tranché"

Il convenait bien entendu d'interroger les premiers intéressés par ce débat majeur : les coureurs. Et le moins que l'on puisse dire c'est que les "forçats de la route" sont partagés entre avis décousus et stricts. Julian Alaphilippe, membre de la Quick-Step Floors reste assez évasif par exemple : "Je n’ai pas vraiment un avis tranché. Si c’est pour la sécurité, je ne sais pas si enlever 20 coureurs dans un grand peloton va changer quelque chose." En revanche le tout récent vainqueur des Strade Bianche Tiesj Benoot est plus direct : "Je pense que ça ne change rien pour la sécurité. Quand le peloton est à bloc au pied du Vieux-Quaremont avec 200 ou 150 coureurs, c’est la même chose." Les pratiquants du cyclisme de compétition sur route restent en général sur cette longueur d'onde selon laquelle ce n'est pas forcément le nombre de coureurs qui dépend du risque de chute mais davantage d'autres facteurs : conditions météo, masse de spectateurs, tracé du final des courses... Sur ce dernier aspect un Belge connu pour son franc-parler n'a pas pesé ses mots, il s'agit de Patrick Lefevere.


Patrick Lefevere : "Concernant la sécurité, c’est… Bullshit"

Le manager général de la Quick Step Floors n'est pas connu pour garder la langue dans sa poche et il l'a encore prouvé sur cette question de la sécurité. Selon lui l'UCI a pris une mauvaise décision concernant le nombre de coureurs et pointe du doigt d'autres facteurs selon lui plus accidentogènes : "Concernant la sécurité, c’est… bull shit ! Les organisateurs veulent toujours faire arriver leurs épreuves dans le centre des villes après quinze ronds-points et quinze virages. C’est l’organisateur qui met des obstacles, pas le peloton." Selon lui l'UCI a agi involontairement contre l'intérêt général du peloton professionnel et des équipes en particulier sur la question économique : "Si tous les patrons d’équipe avaient décidé de descendre à vingt-quatre coureurs, on compterait aujourd’hui en moyenne six coureurs en moins dans chaque équipe ! Avec également moins de personnel. Au total, deux cents personnes seraient probablement au chômage dans le monde cycliste professionnel…  Heureusement, les équipes n’ont pas réagi stupidement." Si l'on réduit à cette simple question de la sécurité, il est clair, au travers de ces exemples que la réforme de l'UCI sur cette réduction du peloton est loin de faire l'unanimité dans le cyclisme de compétition. Néanmoins il ne faut pas oublier que derrière cette ambition affichée d'augmenter la sécurité des coureurs, l'UCI a beaucoup moins communiqué sur une autre raison qu'il l'a poussé à agir de la sorte : c'est bien sûr la tendance à la monotonie de certaines grandes courses toujours contrôlées par les grosses écuries ayant une (fâcheuse?) tendance à cadenasser la course, Sky la première. Sur cette question de l'ouverture des courses, ce sont davantage les autres équipes qui ont appelé à cette réduction du nombre de coureurs. Quoi qu'il en soit, tout le monde s'accordera à dire que le décès d'Antoine Demoitié a grandement participé à faire accélérer la réflexion sur la dangerosité des courses amateures et professionnelles. Il ne faut en effet pas non plus oublier que le peloton amateur est tout autant touché par ce genre de drame que le monde professionnel.

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Publié le par Jean LEBRETON


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