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Route - Jianlin : 'Faire du cyclisme un grand sport en Chine' Photo : @Mirror

Route - Jianlin : "Faire du cyclisme un grand sport en Chine"

Le Tour de Guangxi a marqué la fin du calendrier World Tour 2018. Tous les titres individuels et collectifs ont été remis aux coureurs et coureuses du peloton. Pour sa seconde édition, la course chinoise a une nouvelle fois ramené de nombreuses stars du peloton parmi lesquellles le vainqueur final Gianni Moscon. Lancée en 2017, elle a rapidement passé un cap pour obtenir ce statut de course World Tour et contribuer au développement du cyclisme en Chine. De gros moyens financiers ont été mis sur la table par les propriétaires de l'épreuve, le groupe Dalian Wanda, spécialisé dans le tourisme, l'hôtellerie et le cinéma. Son patron, Wang Jianlin était invité de la cérémonie de récompense organisée par l'UCI pour les meilleurs coureurs de l'année. Il en a donc profité pour s'exprimer sur ses futurs objectifs pour le développement du cyclisme en Asie.

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"Faire du cyclisme l'un des plus grands sports de Chine"

Alors qu'une prochaine équipe chinoise à budget faramineux devrait bientôt voir le jour, le pays le plus peuplé voit tout l'intérêt économique que pourrait représenter les investissements dans le sport cycliste, comme l'ont déjà fait plusieurs pays du Golfe. C'est le cas de Wang Jianlin qui souhaite non seulement s'intégrer dans ce marché de plus en plus lucratif, mais également promouvoir dans son pays le sport cycliste. En effet à l'heure actuelle, seul un coureur chinois, Ji Cheng a disputé et terminé le Tour de France dans toute l'histoire, c'était en 2014. L'homme d'affaires a déclaré à ce sujet : "Le cyclisme est l'un des sports les plus anciens au monde, il faisait déjà partie des premiers Jeux olympiques. En Chine, le vélo est populaire, mais ce n'est pas encore l'un des plus grands sports de notre pays. Wanda veut faire un grand sport en Chine en tant que l'une des plus grandes entreprises du monde du cyclisme." 

"Faire du Tour de Guangxi un des plus grands événements cyclistes aux côtés du Tour de France"

L'ambition du conglomérat chinois semble sans fin à en entendre l'un de ses deux actionnaires principaux. Sa course, le tour de Guangxi n'a que deux ans et ne dispose d'aucune notoriété internationale comparable aux vieilles courses européennes imprégnées d'histoire comme les Grands Tours et les Monuments. Pourtant il souhaiterait en faire une course aussi populaire que la Grande Boucle : "Wanda est un partenaire de longue date de l'UCI et nous en sommes très satisfaits. Nous espérons également que le Tour du Guangxi deviendra l'un des plus grands événements cyclistes au monde aux côtés du Tour de France."

Au delà de ces déclarations ambitieuses voire orgueilleuses, il se peut que le Qatar lui offre quelques leçons sur comment faire d'une jeune course un événement international. La popularité sportive ne s'obtient pas juste en injectant des sommes d'argent qui dépassent le raisonnable. Le triste spectacle des Mondiaux 2016 à Doha vides de spectateurs en est la preuve. S'il est évident que le processus de mondialisation du cyclisme doive continuer, ce ne doit pas être seulement par des intérêts purement financiers et dans le but de donner une meilleure image de son pays si controversé, que ce soit les différents Emirats ou la République "pas si" populaire de Chine. L'expansion du cyclisme en Colombie peut être un meilleur exemple car une véritable passion est née pour "la petite reine" en Amérique latine depuis les exploits de Luis Herrera dans les années 1980. Cela s'est fait progressivement et avec moins d'injections financières massives et irréfléchies. 

Pour rappel Wang Jianlin avait déjà montré sa condescendance digne d'un Oleg Tinkov il y'a deux ans, lorsqu'il avait voulu racheter le Tour de France

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Publié le par Jean LEBRETON