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Route - Chanteur : Bugno-Millar, la 'guéguerre' pour le CPA Photo : @Cyclismactu / CyclismActu.net

Route - Chanteur : Bugno-Millar, la "guéguerre" pour le CPA

Il y a quelques jours, David Millar a annoncé qu'il se portait candidat à la présidence du CPA, l'association internationale des coureurs cyclistes professionnels. Le Britannique, qui a quitté les pelotons en 2014, aura comme adversaire Gianni Bugno, qui est à la tête du CPA depuis 2010. L'élection aura lieu le 27 septembre prochain à Innsbruck, en marge des Championnats du monde. Président de l'UNCP (Union Nationale des Cyclistes Professionnels) et membre du CPA, Pascal Chanteur s'est livré à notre micro sur cette élection qui fait parler, en évoquant la candidature de Millar et le bilan de Bugno.

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Pascal Chanteur, vous êtes le président de l'UNCP de France (Union Nationale des Coureurs Professionnels), la candidature de David Millar pour la présidence du CPA est-elle une surprise pour vous ?

Oui, un peu surpris, même si je savais qu'il avait un intérêt pour la présidence du CPA puiqu'il m'en avait parlé il y a environ deux ans. Il m'en a reparlé, il y a trois semaines, mais je ne le savais pas auparavant. Il y a deux ans, je lui avais fait savoir que ce serait bien qu'il s'implique auprès du CPA pour pouvoir s'imprégner des différents dossiers que le CPA peut traiter. Mais jusqu'à aujourd'hui, David Millar n'était pas très souvent, voire pas du tout, présent lors des différentes réunions du CPA. Il ne s'intéressant guère à la question du CPA mais je ne lui en tiens pas rigueur, c'est à lui d'évaluer le travail qu'il avait à effectuer et ce n'est pas à moi de lui dire ce qu'il avait à faire. C'est juste une constatation. Mais aucun a priori par rapport à David Millar, sa personne et sa candidature, il n'y a aucun problème là-dessus.

 

Gianni Bugno est président du CPA depuis 8 ans. Quel est son bilan ?

Il y a 8 ans, il travaillait en collaboration avec le syndicat italien, et nous sommes allés le chercher. On recherchait une identité, une personnalité, et Gianni Bugno était pour nous une personne qui rentrait dans ces critères. Pour moi, en tant que président du syndicat français, je cherche plusieurs qualités pour un président. La première c'est une indépendance totale, je ne veux pas que le président du CPA puisse avoir des connivences avec des organisateurs, une institution, des médias... Je demande bien sûr de la loyauté, du respect. Je veux un président qui puisse rassembler, et à un moment donné Bugno a réussi à rassembler. Il a fait preuve d'ouverture, en intégrant au sein du CPA les Américains, les Anglais, les Australiens, les Slovènes... quitte à mettre la main au porte-monnaie. Il a systématiquement ouvert le CPA aux petites nations. Ensuite il a beaucoup travaillé sur d'autres dossiers comme la sécurité ou la centralisation des prix pour les coureurs. Tout n'est pas parfait, il y a encore du travail, mais la parole du CPA est devenue importante. Il y a quelques années, le CPA n'était pas autour de la table lors de certaines commissions, alors qu'aujourd'hui il est incontournable.

 

La candidature de Millar face à Bugno n'est-elle pas un nouvel épisode de la "guéguerre" qui existe entre les Anglo-Saxons d'un côté et les pays latins de l'autre comme la France et l'Italie ?

En tant que président du syndicat français, c'est tout ce que je déplorerais de plus. Opposer les uns aux autres, c'est ce qu'il y a de plus abject. Mais ça pourrait être ça, et je trouverais ça d'une médiocrité et d'une affligence totale. Aujourd'hui, je suis surpris de tout l'intérêt que suscite cette élection. Il y a 8 ans, il y avait beaucoup moins de monde présent lors de la mise en place des élections du CPA. Je me dis que si cette élection suscite autant de convoitises et de polémiques, c'est que le travail effectué par le CPA n'a pas été aussi mauvais que peuvent le dire certains. Cela montre l'importance qu'a pu prendre le CPA ces dernières années. Je veux une élection qui se fasse dans le respect total, et je demande à ce que les statuts du CPA soient respectés. Mais ce que je ne veux pas, c'est que des lobbys privés puissent prendre en otage cette élection de coureurs. Aujourd'hui, je m'aperçois que le CPA s'est retrouvé dans des confrontations avec des sociétés privés qui exerçaient de grosses pressions auprès de certains coureurs pour faire passer certaines idées.

 

Connaissez-vous déjà un aperçu du programme et des idées de David Millar ?

Non. Je n'ai aucun problème vis-à-vis des deux candidatures. Mais aujourd'hui, je ne connais pas la vision de David Millar, son projet n'est pas clairement identifié. J'attends d'avoir un vrai programme, une vraie ligne directrice, et qu'il puisse nous dire quelles sont ses idées vis-à-vis des autres institutions. Tout ça je ne connais pas, et le fait de ne pas connaître, d'être dans le flou, ça dérange, surtout que l'élection est très bientôt. Et si je ne connais pas, les coureurs non plus ne connaissent pas.

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Publié le par François BONNEFOY


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