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Route - Cédric Vasseur : 'Agir comme une équipe World Tour' Photo : Sirotti

Route - Cédric Vasseur : "Agir comme une équipe World Tour"

L'année 2018 a marqué un changement majeur dans l'équipe Cofidis : Avec l'arrivée de Cédric Vasseur comme manager de l'équipe, la formation Continental Pro avait dans l'esprit de repartie du bon pied après des saisons 2017 et 2016 moyennes. Qu'en est-il au moment de faire le bilan ? Cofidis a récolté cette année la bagatelle de 21 courses (contre 13 en 2017), soit son meilleur total depuis 2010. En revanche, seul une victoire World Tour est à insérer dans ce bilan (Nacer Bouhanni sur la Vuelta). Christophe Laporte est également vénu s'insérer dans ce bilan avec autant de succès que le traditionnel leader de l'équipe, passant même de peu à côté d'une victoire sur le Tour, qui échappe à Cofidis depuis... 2008. Interviewé par CyclingNews, Cédric Vasseur a dressé le bilan de sa première année de direction et sur les objectifs pour l'an prochain.

Le parcours du Tour de France 2019

"Avoir le plus gros salaire, ça ne suffit pas"

Dans l'équipe et en dehors, le feuilleton qui a animé les discussions tout au long de la saison fut sans conteste la relation entre Nacer Bouhanni, leader principal et principal vainqueur de l'équipe, et Cédric Vasseur. Cette relation s'est très souvent muée en pugilat à distance entre les deux hommes, au point d'avoir crée rumeurs et informations réelles concernant un possible départ du Vosgien. Les choses se sont plutôt bien terminées, avec un retour de Bouhanni au premier plan, ponctué par une victoire d'étape sur la Vuelta. Vasseur s'est livré sur ce cas épineux qui aurait pu se terminer beaucoup plus mal : "Nous voulons que Nacer connaisse une meilleure saison qu'en 2018. Il est vrai que les relations n'ont pas été toujours parfaites. Il est arrivé dans l'équipe il y a quatre ou cinq ans, tout était concentré sur lui. Je pense que c'était trop lourd pour lui. Cette saison, il a compris qu’il devait faire la preuve de son leadership sur la route. Avoir le plus gros salaire, cela ne suffit pas. Si vous voulez être un bon chef, vous devez donner beaucoup plus. Maintenant, Nacer sait parfaitement que 2019 est sa dernière année sous contrat. S'il gagne 20 courses l'année prochaine, ce sera important pour nous de l'avoir dans l'équipe. Nous avons [avec Christophe Laporte] deux leaders pour le sprint. Nous n'avons pas encore décidé qui courra avec qui et nous ferons peut-être un changement, mais un des deux aura un travail important sur le Tour de France l'année prochaine. Quand je suis arrivé, je ne pense pas que Nacer me connaissait, je pense qu'il me voyait comme un gars qui voulait prendre son pouvoir, mais que s'est-il passé ? Nous avons gagné 21 courses, avec dix gars différents. Nacer a remporté six courses dont une étape sur la Vuelta. Il pense désormais : "Ah, Vasseur n'est pas si mal que ça."

 C'est bien là le virage principal effectué par le manager nordiste. Alors que Nacer Bouhanni portait à lui tout seul 50 à 75% des succès de Cofidis ces dernières années, 2018 a été l'occasion de voir plus de coureurs différents lever les bras. Christophe Laporte a ainsi autant gagné que son homologue sprinteur cette année (6). Le résultat final est une augmentation du nombre de succès, de 13 à 21. Sur le plan comptable, on peut donc affirmer que la stratégie de Cédric Vasseur a été payante. Mais qu'en est-il de la réputation de l'équipe et de son placement par rapport aux autres équipes Continental Pro et surtout au World Tour ?

"Nous voulons plus de présence en montagne."

Pour accéder au graal tant convoité par toutes les équipes Continental Pro, le World Tour, la Cofidis n'a malheureusement pas encore toutes les cartes en jeu. En plus du peu de victoires acquises en World Tour, l'équipe française ne dispose pas de leaders pour le classement général des courses à étapes, ni de grimpeurs de renom. Cédric Vasseur en est bien conscient et c'est pour cela qu'il a notamment recruté Darwin Atapuma, le grimpeur colombien d'UAE Team Emirates"Hansen a terminé neuvième en Catalogne et si vous regardez le top 10, c'est un niveau vraiment élevé. Nous voulons plus de présence dans les montagnes et c'est pourquoi nous avons fait signer Atapuma. En 2017, il était deuxième sur l'Izoard derrière Warren Barguil, et je suivais la course sur une moto pour la télévision ce jour-là, je pensais que Darwin pourrait remporter cette étape, mais Barguil était trop fort. Je pense vraiment qu'il n'a pas eu une année parfaite, il travaillait pour Fabio Aru qui n’était pas au plus haut niveau. Je suis sûr que Darwin peut revenir à son meilleur niveau et avec Mate et Jesus Herrada, nous avons des gars vraiment forts. Ils seront tous à la Vuelta à coup sûr. Si nous voulons avoir une équipe WorldTour, nous devons agir comme si nous étions déjà une. Nous avons engagé des coureurs avec l'expérience de WorldTour. Tout ce que j'essaie de construire est conforme à cet objectif."

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Publié le par Jean LEBRETON