Route
Route - Arnould : 'On est toujours en attente des wild-cards' Photo : @Cyclismactu / CyclismActu.net

Route - Arnould : "On est toujours en attente des wild-cards"

Avec 14 victoires lors de l'exercice écoulé, soit 10 de moins que l'an dernier, l'équipe Direct Energie a connu une saison 2018 relativement mitigée. En dehors d'une très belle semaine sur Paris-Nice, où ils ont remporté deux étapes, les hommes de Jean-René Bernaudeau n'ont pas vraiment répondu aux attentes, notamment lors du Tour de France. Directeur sportif de la formation vendéenne, Dominique Arnould revient sur cette année pour Cyclism'Actu. Il se projette également vers 2019, une saison charnière pour l'équipe, renforcée par l'arrivée de Niki Terpstra notamment.

Dominique Arnould à l'arrivée du Tour de France

 

Votre équipe a remporté 14 victoires en 2018, contre 24 en 2017. Comment jugez-vous cette saison ?

Pour moi, c'est un bilan correct, même si ça ne reste pas notre meilleure saison. Les victoires les plus marquantes sont les deux étapes de Paris-Nice avec Jonathan Hivert et Jérôme Cousin. On a fait un bon début de saison, je pense qu'on a aussi manqué de chance en fin d'année . On aurait pu gagner beaucoup plus mais 14 victoires, ça reste une saison correcte.

 

Cinq coureurs sont arrivés chez vous, dont Niccolo Bonifazio et Niki Terpstra. Quel bilan faites-vous de votre recrutement ?

C'est un très bon recrutement. Bien sûr, la venue de Terpstra avec Pim Ligthart, c'est très intéressant. Ca va nous ouvrir des portes pour les Classiques belges où nous n'avions pas été retenus, notamment sur le Tour des Flandres et Gand-Wevelgem. C'était indispensable pour pouvoir accéder à ces grands monuments. Je pense que ça va élever le niveau de l'équipe. On a aussi l'Italien Niccolo Bonifzaio, un très bon sprinteur qui a quand même fait 5e d'un Milan-San Remo. Il a une bonne pointe de vitesse, et c'est indispensable d'avoir des sprinteurs sur chaque front. Enfin, on a Anthony Turgis qui arrive de chez Cofidis, très prometteur, et un néo-pro, Mathieu Burgaudeau. Au niveau des départs, Jérémy Cornu n'a pas été conservé et il y a l'arrêt de Sylvain Chavanel. Sinon, le noyau dur de l'équipe n'a pas changé. 

 

Peut-on imaginer Sylvain Chavanel revenir dans un futur proche pour avoir un rôle au sein de l'équipe ?

C'est une question qu'il faudrait poser à Jean-René Bernaudeau. J'ai assisté à son jubilé il y a quelques jours, Sylvain a beaucoup donné dans ce milieu, il a fait une carrière mémorable. Il a certainement besoin de prendre un peu de recul, profiter de sa famille. A mon avis, on le reverra certainement dans le milieu, je ne sais pas si ça sera chez nous ou ailleurs, mais je pense qu'on le reverra.

 

Il y a eu un premier rassemblement aux Essarts. Maintenant, quelles sont les prochaines étapes de votre préparation ? 

On a bientôt un stage à Calpe, mi-décembre, où toute l'équipe va se réunir. En effet, on a déjà eu un petit stage de cohésion sur 3-4 jours qui s'est très bien passé. Maintenant, les choses sérieuses arrivent, on est à un peu plus de trois mois des premières grandes Classiques, donc ce stage de décembre va permettre de retrouver tout le monde pour préparer la saison. Ca arrive vite avec notre première course, la Tropicale, mi-janvier. Et on refera un stage au mois de janvier à Calpe.

 

Quels sont vos principaux objectifs pour 2019 ? 

Concrètement, c'est de gagner le plus de courses possibles. Avec la venue de Niki Terpstra, vainqueur sortant du Tour des Flandres, on a un coureur capable de gagner des grands Monuments, donc l'équipe va tourner autour de lui pendant ces Classiques. On a plein de coureurs capables de remporter des courses. On attend aussi beaucoup de Lilian Calmejane, dans les courses par étapes, les Ardennaises... Il a quand même fait une bonne saison, même s'il n'a pas eu l'ouverture pour pouvoir gagner beaucoup de courses comme il y a deux ans. On a un bon programme. On devrait participer à Tirreno en même temps que Paris-Nice, on l'espère car on est toujours en attente des wild-cards. Ce n'est pas évident de définir le programme, on est en attente de beaucoup de réponses des organisateurs mais ça avance petit à petit. 

 

Il y a aussi dans un coin de votre tête l'ambition d'être dans les 2 meilleures équipes continentales professionnelles pour accéder directement aux plus grandes courses en 2020 ?

Oui, bien sûr. Avec la nouvelle réforme de l'UCI, c'est indispensable de faire partie du top 20 mondial, on n'a pas le choix. Ca va un peu être la course aux points, mais on ne va pas changer. On est une équipe qui aime prendre des risques, qui court à l'avant, et voilà. On devrait avoir une bonne saison 2019 pour l'équipe Direct Energie.

 

D'autres équipes comme Vital Concept se sont renforcées à l'intersaison. Envisagez-vous la possibilité de ne pas être sur le Tour de France ? 

Si on regarde les résultats, j'aurais du mal à comprendre qu'on soit évincés. Nous démontrons depuis plusieurs années que nous sommes présents sur le Tour de France, souvent à l'avant, même si ça n'a pas souri en termes de victoire cette année. On nous a beaucoup vus, on a beaucoup animé le Tour de France. On a quand même des coureurs solides pour ce genre d'épreuves. La décision appartient à l'organisateur, ce sont des choix difficiles à faire, mais personnellement, je vois mal ne pas être sur le Tour de France.

 

Vous espérez aussi une invitation sur le Giro ?

C'est vrai qu'on l'a mis à notre programme. On espère aussi, pourquoi pas, faire la Vuelta, qu'on n'a pas disputée depuis deux ans. On a 23 coureurs, il faut les faire courir et disputer deux Grands Tours, c'est important pour une équipe. On a postulé pour le Giro, maintenant on attend la réponse. 

Vous avez aimé cet article, partagez le ! 

Publié le par Quentin BALLUE