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Piste - François Pervis : 'Ce titre, c'est une belle revanche' Photo : @FrançoisPervis

Piste - François Pervis : "Ce titre, c'est une belle revanche"

De retour en France après des Mondiaux sur piste réussis à Hong-Kong (Or sur le kilomètre, bronze en vitesse par équipes), François Pervis a relevé la tête après une année 2016 difficile. Mis à pied par la Direction Technique Nationale, le pistard de 32 ans est de retour sur le devant de la scène. Pour Cyclism'Actu, François Pervis évoque ces championnats du monde mais aussi le devenir de la piste française avec le départ du DTN, Vincent Jacquet. 

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Félicitations, François, pour ce titre mondial. Est-ce que compte tenu de vos soucis avec la DTN depuis plusieurs mois, ce titre n'est pas plus fort que le triplé aux Mondiaux de Cali en 2014 ?

Non ce n'est pas aussi fort. Cette année, il n'y a qu'un seul titre. Il y a trois ans, c'était un triplé historique ; personne ne l'avait fait auparavant dans l'histoire du cyclisme sur piste. Là c''est un titre de champion du monde qui est très bien, très beau mais cela n'a rien à voir avec le triplé de 2014. L'objectif sur ces Mondiaux de Hong-Kong c'était de gagner le keirin, le kilomètre et de faire un podium en vitesse par équipes. En vitesse par équipe, nous avons fait de bonnes choses, il n'y avait que des jeunes avec moi dont deux coureurs qui découvraient les championnats du monde. Ce n'était pas évident pour eux mais ils ont bien réussi leur coup. Nous avons fini troisièmes. Les Mondiaux démarraient bien. Au keirin malheureusement, je me fais déclasser en demi-finale. Pas de grande finale et premier coup de bambou. Mais au lieu de m'abattre, cela m'a motivé encore plus pour le kilomètre. Je savais que j'étais très très fort sur des sprints longs. Au keirin, j'étais bien tout de même. Sur le kilomètre le dernier jour, je n'étais pas fatigué et je savais que j'avais toutes me chances. Après la qualif', j'ai vu que j'avais fait un très beau temps pour 10 heures du matin car un kilomètre le matin c'est "coton". Mon dernier kilomètre remontait il y a deux ans. Finalement, j'ai été très surpris et cela m'a mis en confiance pour la finale.

 

Ce titre vous permet-il de prendre une revanche sur vos détracteurs notamment au sein de la DTN ?

Ce titre est une belle revanche parce que j'ai entendu beaucoup de gens dire que j'étais fini, qu'il fallait que je laisse la place, que j'étais terminé, que j'étais cuit. Bref que je ne valais plus rien. C'était un peu exagéré, après les années 2013, 2014, 2015 que j'ai fait, tout ne pouvait pas partir comme cela en six mois ou à peine un an. Dans le sport de haut niveau, il y a des hauts et des bas. Malheureusement, l'année où il ne fallait pas, ce fut un bas (sic). Mais tout le monde sait pourquoi. Depuis mon retour des Jeux, j'ai repris mon entrainement moi-même avec des plans personnels. J'ai prouvé que j'étais capable de me prendre en main tout seul et que tout ce qu'il s'est passé était dû à un problème d'entraineur et de manager. Cette année, je reviens avec de très bons chronos et un titre en kilomètre. J'ai fait taire les mauvaises langues.

Avec le nouveau président, nous ne savions pas trop si le DTN allait rester ou non. Maintenant il va partir. Il serait resté, nous aurions fait avec. Il part : on attend le nouveau. Un de plus ou un de moins ; des DTN, j'en ai vu pas mal dans ma carrière. Après, il est vrai que c'est la première fois que j'avais de tels rapports avec un DTN. Mais le conflit était plutot avec mon entraineur, Lauent Gané où il y avait peu de confiance. Le DTN a pris des décisions sans prendre de décisions justement. Mais dans le même temps, Vincent Jacquet m'a beaucoup aidé quand personnellement j'étais au fond du trou. Dans mes gros galères personnelles, il a tout fait pour m'aider.donc je ne peux pas non plus lui cracher dessus. C'est dans le management avec Laurent Gané qu'il y a eu des défauts C'est comme ça. Nous sommes tous dégoutés que ces problèmes aient explosé l'année des Jeux Olympiques. C'est l'année où il ne fallait pas. Mais tout cela est derrière nous et il ne faudra surtout pas réitérer les mêmes erreurs. Je suis un peu fataliste.

 

Vous avez 32 ans, comment voyez-vous la suite ? Objectif Tokyo 2020 ?

Je vise toujours les Jeux de Tokyo. Malgré la tempête d'il y a quelques mois, je savais pertinemment qu'elle allait s'arrêter. Moi de mon coté, j'ai tout fait pour continuer à m'entrainer chez moi afin d'être compétitif. J'ai réussi à l'être. Les Jeux sont dans trois ans. Il faut continuer de construire au sein de l'équipe de France. Il y a un nouveau président. Il va y avoir un nouveau DTN, on ne sait pas quand, on ne sait pas qui. Malheureusement, cela nous fait perdre du temps. Mais c'est le système français qui est comme ça. On attend de voir ce qui sera mis en place pour qu'on puisse progresser et rattraper notre retard sur les meilleures nations lors des JO.

 

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Publié le par Christian-Olivier KOUKA


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