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Paris-Roubaix

Bienvenue dans les coulisses de Paris-Roubaix

Bienvenue dans les coulisses de Paris-Roubaix

Par Julie Dremière
Publiée le 13/04/2011 à 20:28

Le week end dernier, les quatre départements que sont l’Oise, la Somme, l’Aisne et le Nord, ont vécu à l’heure de la grande messe annuelle du Paris-Roubaix. Cette course phare de l’organisateur Amaury Sport Organisation s’avère être, après le Tour de France, le second grand rendez-vous médiatique du cyclisme et n’attire pas seulement les férus de vélo, mais aussi et surtout le grand public. A cette occasion, Cyclism'Actu a déployé les grands moyens : 4 journalistes/photographes furent présents pour couvrir l’évènement à partir du Jeudi. Ils suivirent l’épreuve de bout en bout afin de vous faire vivre de l’intérieur ce monument du cyclisme, avec photos, interviews et articles à la clé. Tout le monde est à pied d’œuvre, le show peut commencer.

Premier volet : les quelques jours avant le départ

Il suffit d’observer la région de Compiègne durant les jours qui précèdent ce second Dimanche d’Avril pour constater une montée en puissance progressive de l’effervescence qu’il y a reigné ce week end. Cela débute dès le Jeudi, jour durant lequel les équipes commencent à prendre possession des lieux. Pour les plus avertis, c’est alors la chasse aux hôtels afin d’y glâner autographes, photos, ou simplement, le plaisir d’aller admirer le « matos ». En général, les coureurs, mais aussi les membres de l’encadrement jouent le jeu, en particulier avec les gamins qui, accompagnés du papa, repartent souvent avec un gadget.

Second volet : la présentation des équipes

Le samedi après-midi est traditionnellement réservé à la présentation des équipes sur la place du Général de Gaulle à Compiègne, juste en face du château. Celui-ci offre d’ailleurs un cadre historique « royal », pour une entrée en la matière dans « l’empire » du vélo. Le château, ancien lieu de passage de nombreuses têtes couronnées de France, d’Henri IV à Napoléon 1er, était prédestiné à accueillir le départ des rois du pavé.

Lors de la présentation, plusieurs mondes se côtoient et cohabitent : l’organisation ASO avec ses techniciens, le groupe musical qui anime la journée et rythme le passage des équipes, l'immuable Daniel Mangeas qui guide la valse des coureurs, la presse, venue en nombre, et les sponsors.

Le samedi, c’est donc la course à la photo, à l’interview, à la phrase qui va faire la Une. Les coureurs ne sont pas les seuls plébiscités : les « anciens » sont tout aussi prisés des journalistes. Qui mieux que Bernard Hinault ou Gilbert Duclos-Lassalle peut se permettre de donner un avis d’expert, sans complaisance, mais toujours dans le respect de l’esprit sportif ?

Le public, quant à lui, est un ingrédient indispensable à l’évènement et a toujours répondu présent à la présentation des équipes à Compiègne. Les coureurs font le show, les fans sont sous le charme. Nous avons donc décidé de leur donner la parole. Cette population est représentée par 2 catégories : les purs amateurs de vélo et les occasionnels. Pour la première catégorie, la règle du jeu semble être simple : repérer le coureur au loin, chercher rapidement son portrait dans le cahier ou la série de fiches soigneusement classées, courir sur une trajectoire censée croiser celle de la cible, et solliciter la vedette pour signer un autographe. Parfois, le moment est immortalisé au travers d’une photo prise par le papa, la petite amie, ou le copain. L’opération réalisée avec succès, c’est toute la satisfaction du monde qui pétille alors dans leurs yeux. Mais que de déception si la tentative échoue…

Les « occasionnels », ceux qui sont là sans s’intéresser plus que ça au cyclisme, mais qui restent fascinés par le vedettariat, sont des locaux, tel ce couple, venu en famille de Longueil Ste Marie avec 4 enfants. En réponse à nos questions, ils nous expliquent qu’ils viennent là tous les ans et suivent ensuite la course sur tout le parcours, jusqu’à Roubaix. Il y a encore, ce couple de jeunes gens qui ont déployé un immense drapeau australien. Nous nous aprêtons à faire l’interview en anglais mais non, ce sont de purs français, de Douai plus précisément. Ils déclarent à notre micro être fans de Stuart O'Grady « sans vraie raison, on ne sait pas vraiment pourquoi, c’est comme ça, on l’aime bien. On a commencé à le suivre lorsqu’il était encore au Crédit Agricole, et quand il est devenu champion d'Australie et depuis, on continue». Eux, leur plan, c’est la présentation des équipes, le départ de Compiègne, les quelques premiers secteurs pavés « pour sentir la course, l’ambiance, les coureurs », et après, c’est devant la télé que cela se terminera « parce que là au moins, on voit bien la course ». Pour finir, nous accostons un père et son jeune enfant qui nous expliquent ''moi je suis un inconditionnel de cyclisme, j'en fais tous les week-end et je pars parfois travailler en vélo". Son fils nous avouera "adorer Cancellara et espérer le voir gagner à Roubaix". Nous laissons donc ces fans émerveillés poursuivre leur quête alors que la présentation prend fin et que la place du Palais se vide, pour mieux se remplir à nouveau le lendemain matin.

Troisième volet : Dimanche, le départ

Ça y est, nous y sommes ! Aujourd’hui, l’atmosphère a changé de manière radicale. Jusque là, on pouvait parler d’ambiance bon enfant, de retrouvailles sympathiques et détendues. Mais là, ne serait-ce qu’à l’approche du Château Impérial de Compiègne, la fraicheur du petit matin picard réveille la prise de conscience collective d’un évènement exceptionnel. Coureurs, suiveurs, public prennent soudain conscience qu’ils vont vivre une journée historique. Les pronostics vont bon train, mais chacun sait que c’est aujourd’hui sur le terrain, à chaque kilomètre parcouru que va se faire l’histoire de Paris Roubaix. Un à un, les bus des équipes viennent s’installer à proximité du départ. Pour les premiers arrivés, ils se garent dans le parc fermé où seule une accréditation d’A.S.O. vous donne l’accès. Les autres s’installent le long de l’avenue Royale, au grand bonheur des passionnés de cyclisme, bien plus nombreux encore que la veille.

Côté coureurs, ceux-ci sortent un par un des bus et voitures. Huilés, encore propres dans leurs habits de lumière, ils sont dans les starting blocks, prêts à affronter le pavé. A la différence de Samedi, les visages sont davantage fermés, signe qu’ils sont déjà concentrés dans leur course. Certes, les sourires sont là, car tout le gratin du peloton est heureux de se retrouver à pied d’œuvre, mais ils ne peuvent dissimuler un mélange d’appréhension et d’envie d’en découdre. Paris-Roubaix ne leur fait pas peur, mais il les impressionne. Chaque participant effectue le rituel de la signature au podium, à nouveau ponctué des annonces et commentaires de notre ami Daniel Mangeas.

Côté public, on retrouve les mêmes protagonistes que la veille, à la recherche du dernier autographe qui manquait à leur tableau de chasse ou de la photo du champion, en tenue de combat cette fois-ci. A nouveau, le cyclisme démontre qu’il est bien un des sports les plus populaires et les plus proches du spectateur : à quelques minutes du départ, il n’est pas rare de voir un Tom Boonen ou un Frédéric Guesdon se faire intercepter pour une photo ! Sur ce point, bravo à tous ces Messieurs, et n’oubliez jamais qu’avant, vous aussi avez été de l’autre côté.

Le compte-à-rebours est lancé, plus que quelques minutes avant le départ. Alors que la caravane publicitaire est déjà loin devant, le cortège des motos se met en branle. Leur vrombissement ajoute à la ferveur du moment. Si le bruit des pulsations cardiaques des coureurs était amplifié, sûr qu’il ressemblerait à cela. Devant la ligne de départ et tout au long des premières centaines de mètres du parcours, c’est la bousculade : tout le monde veut voir ces guerriers partir au combat, affronter aujourd’hui la chaleur, la poussière, le vent, la douleur, mais aussi la gloire, et malheureusement pour certains, la déception, la chute, ou pire encore : l’abandon. Ça y est, Daniel Mangeas égraine les secondes, les officiels se préparent, le drapeau se baisse, ils sont partis. Long défilé de quelques minutes, sous les applaudissements, et sur les pavés, déjà, mais qui n’ont rien à voir avec ceux qui les attendent une centaine de km plus loin.

Quatrième volet : la course

La course par elle-même, inutile de vous la narrer, les médias (dont Cyclism'Actu) vous l’ont déjà retransmise à foison. Durant l’épreuve, la presse, c’est presque un second peloton qui fait la course en parallèle, pour certains, au milieu des coureurs, sur le parcours même, et pour les autres, sur des itinéraires déviés afin d’éviter certains secteurs pavés. Au niveau sécurité et service d’ordre, elle fut assurée par différents corps tels que la Gendarmerie Nationale, Polices Municipales, Garde Républicaine. Rien que sur la région Nord, ce furent 875 gendarmes et policiers qui contribuèrent au bon déroulement de l’épreuve. Pour le secteur du Carrefour de l’Arbre, 250 d’entre eux veillèrent à la sécurité des coureurs et du public. A noter que cette année, ils avaient fait appel à 34 fonctionnaires de police belge, dont 22 motards, dans le but de mieux communiquer avec les supporters néerlandophones, très largement représentés sur les 258 km du parcours.

Alors que nous rejoignons le vélodrome de roubaix inondé de soleil, avec sa piste en béton, sa tribune officielle d’un autre temps, et ses gradins de virage en pierre, nous sommes émerveillés. Depuis 1943, et hormis une interruption de 1986 à 1988, le vélodrome André Pétrieux accueille l’arrivée du Paris Roubaix. L’ambiance y est festive, détendue, bon enfant. Nos amis belges, toujours aussi nombreux, sont là pour nous rappeler qu’aujourd’hui, la Flandre est en fête. Saura-t-elle apporter à nouveau un enfant du pays sur la plus haute marche du podium, comme elle l’a déjà fait à 53 reprises ? Cela ne semble pas inconcevable.

A 15km de l’arrivée, comme souvent à cet endroit, c’est le Carrefour de l’Arbre qui semble décider que Van Summeren inscrira son nom au palmarès de ce 109ème Paris Roubaix. La foule du vélodrome sort alors de sa torpeur. Une tension générale envahit le vieux vélodrome de Roubaix. La colonie belge, toujours aussi présente que sur le reste du parcours, ovationne l’avance que prend Van Summeren sur ses poursuivants. Sur la pelouse, les quelques journalistes dont fait partie l’équipe de Cyclism'Actu, se voient progressivement rejoints par les photographes et cameramen qui étaient jusque là sur la route, au plus près de l’évènement. Là aussi, l’effervescence grimpe : nos photographes s’étaient installés aux premières loges, face au virage d’entrée sur la piste, mais furent bientôt bousculés par la meute des collègues. Une nuée de caméras vient alors ajouter encore un peu plus d’imbroglio dans cette zone. L’objet de cette folie : la fiancée de Van Summeren, repérée par la presse, et qui, dans une frénésie indescriptible, perd le Nord, et ne sait plus si elle doit rire ou pleurer. Chacun joue des coudes pour retransmettre le côté « people » de l’arrivée de la course. Dans les gradins, la rumeur gronde. Les derniers mètres, … et c’est l’explosion : Van Summeren surgit sur la piste du vélodrome, le public déclenche alors une ovation à tout rompre qui couvre les commentaires enthousiastes de Daniel Mangeas.

Quelques secondes après, le groupe de 4 de Cancellara et le peloton surgissent à leur tour. Les photographes et cameramen se pressent sur le bord de l’anneau et ne savent plus à quel saint se vouer. Le public est aux anges.

La ligne franchie, le vainqueur est assailli par caméras et appareils photos crépitant de partout. Au fur et à mesure des arrivées, les autres coureurs coupent leur effort pour venir s’effondrer sur la pelouse au centre de l’anneau.

Honnêtement, nous avons rarement vu de telles images à l’arrivée d’une course : un par un, les coursiers sont allés jusqu’au bout d’eux mêmes, jusqu'à l'épuisement. Les Mc Ewen, Gaudin, Leukemens sont allongés sur le sol, terrassés par la douleur de l’effort ultime. Leurs visages méconnaissables sont recouverts d’une couche de poussière qui leur donne une apparence de statue élevée en l’honneur du cyclisme.

Après 6h07 d’efforts, à plus de 42km/h de moyenne, les coureurs amènent au vélodrome les séquelles de l’enfer et voient s’entrouvrir les portes du paradis, car Paris Roubaix, c’est cela : "Lorsque l’enfer et le paradis ne font plus qu’un"

 

Papier rédigé par Julie et Bruno Dremière

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Vos Commentaires

 

Très très belle article ! Paris-Roubaix plus qu'une course un événement international !

Max : il y a 1105 jours

 

Excellent article. Sacré évenement ce Paris Roubaix !

jaja34 : il y a 1106 jours

 

Bel article sur la plus belle course du monde! Merci

boubou : il y a 1106 jours

 

 

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