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Moreno Moser

"Mon rêve, c'est les Grands Tours"

Par Alexandre Mignot - Publiée le 07/09/2012 à 19:44


Moreno MoserC'est la nouvelle pépite du cyclisme italien, mais aussi la nouvelle pépite de la Liquigas-Cannondale, qui après avoir révélé Peter Sagan au grand public, dévoile désormais le neveu de Francesco Moser : Moreno Moser. A 21 ans seulement, le jeune Transalpin est toujours dans sa première année au plus haut-niveau, mais pour autant, cela ne l'a pas empêché de faire parler de lui. Déjà vainqueur de six courses depuis le début de la saison, l'ancien vainqueur d'étapes sur le Baby Giro réalise des débuts tonitruants pour ses premiers mois dans l'Elite. Très polyvalent, cette force de la nature a déjà fait étalage de tout son talent, en remportant ses victoires aussi bien en finisseur, qu'en puncheur ou même en sprinteur. Très utile à Peter Sagan sur le Tour de Suisse, où le Slovaque a raflé quatre étapes, Moreno Moser a impressionné les observateurs et compte bien continuer de le faire. Présent au Canada, pour les Grands Prix de Québec et Montréal, l'Italien souhaite désormais bien finir la saison, et obtenir son ticket pour les Mondiaux de Valkenburg. Evoquant également ses relations avec les leaders de la Liquigas, son très beau succès sur le Tour de Pologne ou encore son oncle, Francesco, le troisième du championnat d'Italie en ligne a accepté de répondre aux questions de Cyclism'Actu. Entrevue avec un coureur plein d'avenir...

Moreno, vous êtes l'une des révélations de cette saison 2012. Ce vendredi, vous serez au départ du Grand Prix de Québec et dimanche du Grand Prix de Montréal, avec quelles ambitions ?

J'en ai plusieurs, et à différents niveaux. Déjà, avec l'équipe Liquigas, nous sommes là pour jouer la gagne. Peter Sagan est présent avec nous, et on sait tous ce qu'il est capable de faire sur des circuits comme ceux-là. On espère vraiment remporter une course durant notre séjour au Canada. Personnellement, je serai là pour aider et protéger Peter aussi longtemps que possible. Je ne me sens pas trop mal ces derniers temps, mais j'espère que les sensations en course confirmeront tout ça. Au cas où, j'ai l'opportunité de jouer ma carte si Peter n'est pas dans un bon jour ou s'il est trop surveillé, mais je ne pense pas encore à cette éventualité. Pour moi, notre meilleure chance de gagner, c'est d'amener Peter dans les meilleures conditions. Ensuite, ces courses au Canada, c'est aussi l'occasion pour moi de montrer au sélectionneur (Paolo Bettini) que je suis tout à fait apte à disputer les Mondiaux. J'y pense chaque jour un peu plus, et m'illustrer ici me permettrait de lui prouver ma valeur. 

Si l'on revient quelques semaines auparavant lors de votre victoire finale sur le Tour de Pologne. Vous pensiez-vous capable de remporter une course World Tour dès cette année ? 

Honnêtement, après ma première course de niveau World Tour en début de saison, qui était le Tour du Pays Basque, je pensais que je ne serais même pas capable de marquer un seul point World Tour cette année. C'était vraiment dur, et j'ai vraiment peiné à faire mon travail pour l'équipe sur cette course. Puis, les courses se sont enchaînées, et j'ai senti que je tenais de plus en plus la distance et l'intensité de ces épreuves là. De là à m'imaginer gagner le Tour de Pologne, peut-être pas non plus ...

Parlez-nous justement de votre victoire ...

En Pologne, il y avait beaucoup de pression. Et c'était sûr. Tout simplement car ça a toujours été une épreuve dont le général se décidait pour quelques secondes seulement, vu qu'il n'y a pas de long contre-la-montre, ni de vraies étapes de montagnes. Ce n'était pas facile, tous les jours je devais faire attention aux sprints, mais à un moment donné, Kwiatkowski a pris le maillot de leader. Il était devant son public, et c'était compliqué d'aller lui disputer la première place, mais "chasser" le maillot est toujours plus simple que de le défendre.

Comme vous le dites, ça ne s'est joué à rien avec vos adversaires. Comment avez-vous fait la différence ?

Pour gagner ce Tour de Pologne, il fallait beaucoup de sang-froid. Dans un premier temps, j'ai du m'employer lors de l'avant-dernière étape, où j'ai réussi à gagner et à prendre la tête du classement général. Suite à ça, j'étais tendu, je voulais à tout prix ramener le maillot et rien que le fait d'imaginer perdre ce Tour de Pologne après tous ces efforts me hantait. Je ne pouvais pas dormir, je n'arrêtais pas de penser à ça et j'ai commencé à penser de manière rationelle, pour me calmer, me rassurer. Pour moi, il était impossible pour Kwiatkowski de remporter les deux sprints de la dernière étape (le sprint intermédiaire et le sprint final), et je me disais aussi que Viviani était là pour sprinter et défendre mon maillot au cas où. Heureusement, et en fin de compte, tout s'est bien passé.

Être leader d'une équipe comme la Liquigas, à votre âge, et sur une épreuve de ce niveau, ce ne doit pas être évident...

C'est sûr, mais je dois aussi dire que l'équipe a été essentielle pour moi durant toute la course. C'est elle qui m'a permis de toujours rester à l'avant lors des parties les plus délicates à gérer. Ils m'ont fait confiance, malgré mon inexpérience, et je dois les en remercier encore pour cela. 

Vous avez gagner deux étapes ainsi que le général sur le Tour de Pologne, le Trophée Laigueglia en début de saions ainsi que le Grand Prix de Francfort. Pouviez-vous rêver d'un meilleur début chez les pros ?

Non, pas vraiment. Tout ce qu'il m'arrive pour ma première saison avec les "grands" me dépasse un peu. Je savais que j'arrivais avec quelques bonnes références des rangs amateurs, mais rien que de pouvoir remporter une seule course me semblait déjà être un objectif un peu élevé. Aujourd'hui, j'en compte cinq, que je trouve toutes très belles, et je ne pourrais pas être plus heureux. 

Vous êtes un coureur plutôt polyvalent, mais dans quelle domaine vous sentez vous le mieux ?

Pour être honnête, je ne sais pas encore quel coureur je suis vraiment. Je sais que je peux me débrouiller dans des grandes ascensions, mais je peux également tirer mon épingle du jeu au sprint quand le peloton est réduit ou même faire de beaux chronos. Sur des courses avec des petites bosses, je peux également être compétitif, et ce même si je ne suis pas en grande condition, tout simplement car j'ai la chance de récupérer mieux que d'autres coureurs. J'ai toujours rêvé des courses par étapes majeures, et lorsque j'ai commencé à courir, très jeune, je voyais Marco Pantani remporter le Tour d'Italie. Puis après, il y a eu Gilberto Simoni, qui habite d'ailleurs à 500 mètres de chez moi...

Est-ce que l'exemple de Peter Sagan vous inspire ?

C'est clair que Sagan m'a inspiré, sachant qui plus est que je suis dans la même équipe que lui. Mais au-delà de m'inspirer, cela me met une certaine pression, car voir un gars de mon âge faire ce qu'il fait, c'est juste incroyable. J'essaye donc de ne pas trop m'évaluer par rapport à lui, car c'est un phénomène.

Pourtant, beaucoup d'observateurs vous comparent ...

On a quelques caractéristiques communes, comme notre punch. Toutefois, il est beaucoup plus rapide que moi au sprint. Sur certains parcours, nous pourrions être de bons adversaires, mais pour l'instant, je pense que dans une confrontation directe avec lui, je serais battu à plate couture...

Quelles sont les courses qui vous font rêver ?

Comme je l'ai dit auparavant, mon objectif ultime reste les Grands Tours, et j'ai vraiment envie de briller un jour ou l'autre sur une course de trois semaines. Mais pour l'instant, je vois que je suis plus à l'aise, et plus proche des meilleurs sur les courses d'un jour. Et je dois avouer que j'ai toujours eu un petit faible pour Liège-Bastogne-Liège...

On dit souvent qu'il faut se faire un "nom", mais pour vous, ce serait plutôt se faire un "prénom" ...

C'est vrai ... Je pensais d'ailleurs que ce serait plus facile d'imposer mon prénom Moreno, plutôt que mon nom, Moser. Mais bon, ce qu'a fait mon oncle est si grand que j'ai encore bien du travail pour essayer de le rattraper. Le fait est que le public en général, et particulièrement les fans de cyclisme qui ne suivent pas toute la saison, ne me connaissent pas encore. Et puis, il faut le dire, les journalistes aiment toujours me lier à mon oncle. Dois-je gagner le Tour d'Italie pour arranger les choses ? C'est possible ... En tous les cas, c'est sûr que la carrière de Francesco fait rêver les tifosis en Italie, et moi le premier. Du coup, tout le monde attend que je fasse de même ...

Chez Liquigas, Basso et Nibali vous prodiguent-ils quelques conseils ? Vous prennent-ils sous leur aile ?

Assurément ! Et pendant toute l'année, Basso et Nibali m'ont donné des conseils, mais malheureusement, je n'ai pas beaucoup couru avec eux. Ce qu'ils pouvaient me dire, ils me le disaient donc plutôt hors-course. J'étais notamment avec Nibali sur la Flèche Wallonne et à Liège, et en l'espace de quelques jours, j'ai appris beaucoup grâce à lui. En revanche, j'ai beaucoup moins couru avec Basso, mais les rares fois où nous étions ensemble, il m'a également fait part de toute son exprience. Il est très sympa avec les jeunes, et peu de coureurs peuvent vous raconter le cyclisme comme il le fait...

Avec notamment le départ de Nibali vers Astana l'an prochain, vous aurez sans doute une plus grande responsabilité en 2013...

En 2013, les choses vont fondamentalement changer pour nous, et je sais que ce sera plus difficile. Déjà qu'il n'est jamais facile de confirmer, alors avec tout ce que j'ai fait cette année, je serai forcément plus attendu, et on m'en demandera peut-être encore plus. Les belles choses qui me sont arrivées cette année sont venues comme ça, ce n'était pas prévu ni programmé, et c'est peut-être pourquoi tout a bien fonctionné jusque là. Mais, lorsque vous devez planifier un objectif, c'est là que ça devient plus compliqué !

Pour conclure, quel sera votre programme pour cette fin de saison ?

Comme je n'ai pas fait la Vuelta, mon programme a davantage été axé sur les Classiques. Je serai donc au départ du Grand Prix de Québec et de Montréal dans un premier temps. Puis, j'espère être pris dans la sélection finale de Paolo Bettini pour les championnats du monde de Valkenburg. Je ne préfère toutefois pas faire de pronostic, et j'attends simplement la décision du sélectionneur. Qu'elle quelle soit, je l'accepterai. Enfin, je me présenterai sur les courses de la fin de saison comme le Tour du Piémont, le Tour de Lombardie et le Tour de Pékin, normalement. 

Propos recueillis par Alexandre MIGNOT (avec Renaud BREBAN et Bertrand LATOUR)

Photos : Sirotti / Tour de Pologne

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Commentaires

 

@fredovelo: tu peux rajouter Fabio Aru qui court chez ASTANA, de très bon début sur les courses américaines.

yo : il y a 259 jours

 

chez les sprinteur, même combat avec demarre, bouhanni, petit, cauquil, viviani, sagan,nizzolo,appollonio, degenkolb....

fredovelo : il y a 259 jours

 

on parle de demare mais luis dans son style est bien plus impressionant il est plus difficile pour un coureur avec ces caracteristiques de gagner qu'un simple pur sprinteur

new generation : il y a 259 jours

 

Liquigas, c'est un peu la FDJ-bigmat italienne avec en plus de leader crédibles pour les grandes courses.

fredovelo : il y a 259 jours

 

Oui ils les entrainent bien avec des stages aux canaries

bzh : il y a 259 jours

 

La victoire sur le Tour d'Italie de son oncle est franchement douteuse. Espérons pour Moreno qu'il pourra remporter un Giro de manière tout a fait régulière.

Marsu94 : il y a 259 jours

 

Moser, Pinot, Bardet, Barguil, Quintana, Betancour, Talanski,Kwiatowski... si l'un de ceux là ne gagne pas un grand tour dans la décennie c'est à n'y rien comprendre. Que de jeunes talents dans cette génération 90

fredovelo : il y a 259 jours

 

Quel monstre, la Liquigas à un don pour nous sortir des prodiges très jeunes !

haussler : il y a 259 jours

 

Vraiment un jeune bourré de talent qui a clairement les capacités de gagner une ardennaise un jour !

pata : il y a 259 jours

 

 

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