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« La Classicissima »
posté par Michel Escatafal le 17/03/2010 à 20h52

Un an après la victoire de Mark Cavendish dans Milan-San Remo, la question qui se pose est de savoir s’il sera capable de récidiver cette année après, il faut bien l’avouer, un début de saison en demi-teinte. Cela dit cette magnifique classique italienne, la plus longue du calendrier (presque 290 km), appelée du joli nom de « Primavera » (qui signifie printemps en italien) ou encore la « Classicissima », ne se laisse pas facilement apprivoiser tellement la concurrence est rude au sortir de deux belles courses à étapes, Paris-Nice et Tirreno-Adriatico. A ce propos on remarquera que ces dernières années, le passage obligé pour espérer remporter la victoire dans Milan- San Remo est précisément de disputer une de ces deux épreuves, plus particulièrement d’ailleurs Tirreno-Adriatico, moins exigeante que « la Course au soleil ».
Une course qui a souvent souri aux Français
Cette classique, les plus grands champions l’ont presque tous gagnée. En fait parmi les très grands seuls, depuis 1945, Kubler, Koblet, Anquetil, Hinault, Lemond, Indurain, Armstrong et Contador ne l’ont pas gagnée. Et encore faut-il noter qu’à part Hinault qui a un très beau palmarès dans les classiques, et à un degré moindre Kubler, les autres se sont surtout consacrés à collectionner les victoires dans les courses à étapes. Coté français, la victoire a souri à 12 reprises à nos représentants depuis la création de l’épreuve en 1907, avec 6 doublés. Ces héros sont Petit-Breton en 1907 (devant Garrigou), Eugène Christophe en 1910, Gustave Garrigou en 1911 (devant Trousselier), Henri Pelissier en 1912 (avec Garrigou encore une fois second), puis Louison Bobet en 1951 (devant Pierre Barbotin), René Privat en 1960 (devant Jean Graczyk), Raymond Poulidor en 1961, Joseph Groussard en 1963, Marc Gomez en 1982 devant Alain Bondue, Laurent Fignon en 1988 et 1989, et enfin Laurent Jalabert en 1995.
Une épreuve où tout le monde a sa chance
Au passage on notera que cette course convient à tous les styles de coureurs, même si son parcours a évolué au fil du temps. Tout le monde y a sa chance, même si les sprinters ont souvent tiré leur épingle du jeu. Parmi eux on peut citer Van Steebergen en 1954, Fred De Bruyne en 1956, Miguel Poblet le rapide Espagnol en 1957 et 1959, Rik Van Looy en 1958, Guiseppe Saronni en 1983, Sean Kelly en 1986 et 1992, Erik Zabel en 1997, 1998, 2000 et 2001, Mario Cipollini en 2002, Oscar Freire en 2004 et 2007, et Alessandro Petacchi en 2005. Cela dit les baroudeurs ont aussi leur chance, tout comme les super rouleurs capables de s’extirper du peloton dans les derniers kilomètres ou hectomètres, à l’image de Cancellara en 2008. Bref, gagner Milan-San Remo est accessible à toutes les catégories de coureurs, mais ceux qui l’ont gagné sont tous des champions.
Une classique très italienne
Certains même sont des « campionissimi » comme Girardengo qui gagna 6 fois entre 1918 et 1928, Binda premier en 1929 et 1931, Bartali, vainqueur 3 fois en 1940, 1947 et 1950, Coppi qui a gagné en 1946, 1948 et 1949, Bobet qui l’emporta en 1951, Merckx qui détient le record avec 7 victoires en 11 participations entre 1966 et 1976, sans aucun doute le coureur qui a su le mieux exploiter la montée ou la descente du Poggio, ou Gimondi vainqueur en 1974. A ceux-là s’ajoutent de très grands coureurs comme Altig vainqueur en 1968, De Valeminck en 1973, 1978 et 1979, Francesco Moser en 1984 ou Gianni Bugno en 1990. On le voit, il y a du beau monde au palmarès de l’épreuve…qui est quand même restée très italienne puisqu’elle a été remportée une fois sur deux par les Italiens (50 fois).
Un des théâtres favoris du « campionissimo »
Ce tour d’horizon ne serait pas complet si je ne rappelais pas quelques hauts faits d’armes, comme par exemple les victoires de Fausto Coppi. En 1946, année qui marquait son vrai grand retour en tant que coureur après sa période sous les drapeaux, Coppi gagna après une échappée de 145 km avec 14 minutes d’avance sur le Français Lucien Teisseire. Il récidivera en 1948 à l’issue d’un raid de 40 km, son second (Rossello) arrivant avec un retard dépassant 5 minutes. En 1949 il gagnera de nouveau détaché, son second (Ortelli) étant relégué à plus de 4 minutes. Cette troisième victoire dans la Primavera lançait une saison qui allait être la plus belle de la carrière du « campionissimo », avec le premier doublé Giro-Tour, plus le titre de champion d’Italie, le Tour de Lombardie, sans oublier le maillot arc-en-ciel de la poursuite.
Les Français attendent un successeur à Fignon et Jalabert
Quelques 40 ans plus tard, Laurent Fignon nous fera frissonner de bonheur en remportant son deuxième Milan-San Remo, ce qui lui vaudra le surnom de « professore » en Italie pour sa science de la course, et la maestria avec laquelle il avait construit ces deux succès sur la Via Roma. Cette année 1989 sera pour lui une grande année avec, outre la « Primavera », la victoire au Tour d’Italie, plus le Tour de Hollande, sans oublier le Grand Prix des Nations qui était le véritable championnat du monde contre-la-montre à l’époque. Pour être pleinement heureux cette année-là, il ne lui avait manqué qu’une troisième victoire dans le Tour de France, gagné par Greg Lemond…pour 8 secondes.
Enfin pour terminer je voudrais évoquer la magnifique victoire de Laurent Jalabert en 1995, qui s’était imposé au sprint devant Fondriest au prix d’un effort extraordinaire où, de son propre aveu, il avait utilisé pour la première fois le 52X11 au lieu du 53X12, ce qui lui avait permis de remporter le sprint. Cette victoire, comme pour Coppi et Fignon, allait être annonciatrice d’une remarquable série de succès, puisqu’il gagna la même année outre Milan-San Remo, Paris-Nice, le Critérium International, la Flèche Wallone, l’étape de Mende du Tour de France, le Tour de Catalogne et le Tour d’Espagne. Il était devenu cette année-là un très grand champion, capable de gagner des classiques, des courses à étapes, des courses contre-la-montre, et même un grand tour. On attend son successeur…
Crédit photo : Flickr / Milan-San Remo 1985
Une course qui a souvent souri aux Français
Cette classique, les plus grands champions l’ont presque tous gagnée. En fait parmi les très grands seuls, depuis 1945, Kubler, Koblet, Anquetil, Hinault, Lemond, Indurain, Armstrong et Contador ne l’ont pas gagnée. Et encore faut-il noter qu’à part Hinault qui a un très beau palmarès dans les classiques, et à un degré moindre Kubler, les autres se sont surtout consacrés à collectionner les victoires dans les courses à étapes. Coté français, la victoire a souri à 12 reprises à nos représentants depuis la création de l’épreuve en 1907, avec 6 doublés. Ces héros sont Petit-Breton en 1907 (devant Garrigou), Eugène Christophe en 1910, Gustave Garrigou en 1911 (devant Trousselier), Henri Pelissier en 1912 (avec Garrigou encore une fois second), puis Louison Bobet en 1951 (devant Pierre Barbotin), René Privat en 1960 (devant Jean Graczyk), Raymond Poulidor en 1961, Joseph Groussard en 1963, Marc Gomez en 1982 devant Alain Bondue, Laurent Fignon en 1988 et 1989, et enfin Laurent Jalabert en 1995.
Une épreuve où tout le monde a sa chance
Au passage on notera que cette course convient à tous les styles de coureurs, même si son parcours a évolué au fil du temps. Tout le monde y a sa chance, même si les sprinters ont souvent tiré leur épingle du jeu. Parmi eux on peut citer Van Steebergen en 1954, Fred De Bruyne en 1956, Miguel Poblet le rapide Espagnol en 1957 et 1959, Rik Van Looy en 1958, Guiseppe Saronni en 1983, Sean Kelly en 1986 et 1992, Erik Zabel en 1997, 1998, 2000 et 2001, Mario Cipollini en 2002, Oscar Freire en 2004 et 2007, et Alessandro Petacchi en 2005. Cela dit les baroudeurs ont aussi leur chance, tout comme les super rouleurs capables de s’extirper du peloton dans les derniers kilomètres ou hectomètres, à l’image de Cancellara en 2008. Bref, gagner Milan-San Remo est accessible à toutes les catégories de coureurs, mais ceux qui l’ont gagné sont tous des champions.
Une classique très italienne
Certains même sont des « campionissimi » comme Girardengo qui gagna 6 fois entre 1918 et 1928, Binda premier en 1929 et 1931, Bartali, vainqueur 3 fois en 1940, 1947 et 1950, Coppi qui a gagné en 1946, 1948 et 1949, Bobet qui l’emporta en 1951, Merckx qui détient le record avec 7 victoires en 11 participations entre 1966 et 1976, sans aucun doute le coureur qui a su le mieux exploiter la montée ou la descente du Poggio, ou Gimondi vainqueur en 1974. A ceux-là s’ajoutent de très grands coureurs comme Altig vainqueur en 1968, De Valeminck en 1973, 1978 et 1979, Francesco Moser en 1984 ou Gianni Bugno en 1990. On le voit, il y a du beau monde au palmarès de l’épreuve…qui est quand même restée très italienne puisqu’elle a été remportée une fois sur deux par les Italiens (50 fois).
Un des théâtres favoris du « campionissimo »
Ce tour d’horizon ne serait pas complet si je ne rappelais pas quelques hauts faits d’armes, comme par exemple les victoires de Fausto Coppi. En 1946, année qui marquait son vrai grand retour en tant que coureur après sa période sous les drapeaux, Coppi gagna après une échappée de 145 km avec 14 minutes d’avance sur le Français Lucien Teisseire. Il récidivera en 1948 à l’issue d’un raid de 40 km, son second (Rossello) arrivant avec un retard dépassant 5 minutes. En 1949 il gagnera de nouveau détaché, son second (Ortelli) étant relégué à plus de 4 minutes. Cette troisième victoire dans la Primavera lançait une saison qui allait être la plus belle de la carrière du « campionissimo », avec le premier doublé Giro-Tour, plus le titre de champion d’Italie, le Tour de Lombardie, sans oublier le maillot arc-en-ciel de la poursuite.
Les Français attendent un successeur à Fignon et Jalabert
Quelques 40 ans plus tard, Laurent Fignon nous fera frissonner de bonheur en remportant son deuxième Milan-San Remo, ce qui lui vaudra le surnom de « professore » en Italie pour sa science de la course, et la maestria avec laquelle il avait construit ces deux succès sur la Via Roma. Cette année 1989 sera pour lui une grande année avec, outre la « Primavera », la victoire au Tour d’Italie, plus le Tour de Hollande, sans oublier le Grand Prix des Nations qui était le véritable championnat du monde contre-la-montre à l’époque. Pour être pleinement heureux cette année-là, il ne lui avait manqué qu’une troisième victoire dans le Tour de France, gagné par Greg Lemond…pour 8 secondes.
Enfin pour terminer je voudrais évoquer la magnifique victoire de Laurent Jalabert en 1995, qui s’était imposé au sprint devant Fondriest au prix d’un effort extraordinaire où, de son propre aveu, il avait utilisé pour la première fois le 52X11 au lieu du 53X12, ce qui lui avait permis de remporter le sprint. Cette victoire, comme pour Coppi et Fignon, allait être annonciatrice d’une remarquable série de succès, puisqu’il gagna la même année outre Milan-San Remo, Paris-Nice, le Critérium International, la Flèche Wallone, l’étape de Mende du Tour de France, le Tour de Catalogne et le Tour d’Espagne. Il était devenu cette année-là un très grand champion, capable de gagner des classiques, des courses à étapes, des courses contre-la-montre, et même un grand tour. On attend son successeur…
Crédit photo : Flickr / Milan-San Remo 1985
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Les commentaires
Vous avez raison de parler des exploits de Coppi qui était un extraterrestre. Personne ne peut se comparer à lui ni Merckx ni un autre.
@Géronimius pourquoi alors comparer Contador ou Armstrong à un Merckx alors que leurs palmarès est bien moindre !
Pour moi Boonen fait partie des très grands , quand on gagne 2 tour de flandre , 3 Paris Roubaix , Le maillot vert du tdf , qu'on a été champion du monde et j'en passe il ne peut en être autrement !
Suite @ pat
On ne peut pas non plus le comparer à Van Looy qui a gagné toutes les classiques.
Boonen est un grand champion mais on ne peut pas le comparer à des coureurs qui ont gagné plusieurs fois le tour de France
Très bon article, mais là je me dois de protester! C'est EriK Zabel, pas EriC. Désolé, mais je n'ai pas pu m'en empêcher!
Sinon, toujours aussi agréable à lire votre site. Et vivement Milan-SanRemo. Je pronostic une victoire de Boasson Hagen. :D
Parmis les très grands vous oubliez Boonen qui n'a jamais gagné la primavera ! Mais que dis-je quand on a jamais remporté le tour de France , qu on a un palmarès minable et qu'on est un courreur de classique de seconde zone on ne fait pas partie de cette catégorie de courreur là !
Samedi Boonen va nous le gagné ce Milan San Remo mais ca ne fera qu"une petite classique de plus dans son tout petit palmarès !!!!