Kuurne-Bruxelles-Kuurne
Kuurne-Bruxelles-Kuurne - Boonen : 'Un record' Photo : TDWSport / OPQS

Kuurne-Bruxelles-Kuurne - Boonen : "Un record"

 

Tom Boonen après sa victoire à Kuurne-Bruxelles-Kuurne 2014

C’est sa troisième victoire cette année, mais sans doute la plus importante. Après avoir remporté deux étapes sur le Tour of Qatar et fait quelques places d’honneur, Tom Boonen lève à nouveau les bras sur Kuurne – Bruxelles – Kuurne. C’est d’ailleurs la troisième fois qu’il remporte cette semi-classique après 2007 et 2009. Mais c’est surtout un signe positif pour un « Tommeke », qui s’est loupé la veille sur le Omloop Het Nieuwsblad, qui faisait office de premier grand test Flandrien de la saison. Dans une course, moins ardue, mais qui s’est réellement jouée dans sa partie difficile, principalement dans le Oude Kwaremont. Un  signe positif donc, d’autant plus que la dernière fois qu’il s’était imposé ici, en 2009, il était aussi passé à côté de son Nieuwsblad, mais avait réussi à remporter son troisième Paris – Roubaix.

2013 avait été une année noire pour l’idole de la Flandre, alors la question qui brule toutes les lèvres ici, même si personne n’oserait y répondre par la négative, est : à 33 ans, Tom Boonen peut-il revenir à son plus haut niveau ? Le test du Omloop Het Nieuwsblad n’indiquait rien de bon… Boonen explique : "Je ne peux tout simplement pas supporter la pluie mélangée à des températures aussi froides. Je suis un Flandrien mais je n’étais pas bien du tout hier. J’ai même vomi en course, tellement le froid m’a transi, c’était comme si mon estomac avait une crampe. Mais ce dimanche à Kuurne, cela allait beaucoup mieux, j’étais complétement guéri. Je me suis senti bien toute la journée et la formation Omega Pharma – Quick Step a pu démontrer sa force collective. Ce n’était pas quelque chose de programmé. Nous allons donc dire que sur le Nieuwsblad, nous avons connu un accident de parcours".

 

"Avec le vent cela était vraiment difficile de partir"

 

Effectivement, nous avons vu du Omega Pharma à l’avant à Kuurne : "Nous étions dix dans le groupe de tête et sur ces dix, il y avait cinq Omega Pharma. Nous ne pouvions perdre ! Sur le Kwaremont, Stijn Vandenbergh a forcé l’allure, et c’est comme ça que nous nous sommes isolés". Oui mais il demeure, qu’ils sont partis avec trois coureurs de la formation Belkin. Et pas des moindres… Dans le groupe, on retrouvait pour la formation Néerlandaise Marteen Wynants, qui connaît bien Boonen pour l’avoir côtoyer quatre ans chez Quick Step, Sep Vanmarcke, qui a déjà battu Boonen au sprint, c’était en 2012 sur le Het Nieuwsblad justement… un échec qui restera gravé dans la tête de la coqueluche Flamande. Et encore, Moreno Hofland, le jeune sprinter qui s’est imposé il y a une semaine jour pour jour sur la dernière étape du Tour d’Andalousie.

"Je pensais que nous serions attaqué assez tôt. Je m’attendais notamment à quelque chose de la part de Sep Vanmarcke. Mais avec le vent cela était vraiment difficile de partir. La course était donc bloquée. C’est seulement après la dernière fois que nous sommes passé sur la ligne d’arrivée, à environ 12 kilomètres de la fin, que nous nous sommes dit que nous allions miser sur le sprint. Nous avons quand même été chanceux que Belkin vise aussi le sprint. Il n’y a eu des attaques que dans les trois - quatre derniers kilomètres. Nous devions contrôler mais ça n’a pas été vraiment nécessaire car il n’y a pas eu de véritables attaques".

 

"La dernière année que je peux m'imposer (sur Milan - San Remo)"

 

Une victoire qui fait du bien, on le sent,  mais les objectifs sont plus lointains pour Tom Boonen : "J’espère que les premières étapes de Paris – Nice me permettront de faire quelque chose de bien. Il y a toujours au moins une étape avec des bordures et c’est quelque chose qui me convient bien. Après pour moi il s’agira de rouler pour l’équipe et pour mes coéquipiers. Par la suite, cette année, Milan – San Remo sera un objectif particulier puisque c’est sans doute la dernière année que je peux espérer enfin m’imposer (ndlr : il y a déjà fait quatrième, troisième et second). Avec la suppression de la Pompeiana du parcours, c’est probablement la dernière chance que j’ai de pouvoir remporter cette classique. Les années prochaines, on ne devrait pas échapper à l’ascension de la Pompeiana, et ça annihilera mes chances".

Mais c’est surtout après, sur la campagne des Flandriennes, qu’il est attendu. Mais, on le sent, sur cette question, il ne veut absolument pas se mettre la pression. Pourra-t-il évacuer cette pression le moment venu, on en doute, mais, pour l’instant, il préfère balayer le sujet : "En gagnant ici, je bat un record (ndlr : il est le premier coureur à s’imposer trois fois sur Kuurne – Bruxelles – Kuurne). Si j’arrive à gagner Paris – Roubaix, ce sera un autre record (ndlr : Il détient le record du nombre de victoire avec Roger De Vlaeminck, quatre succès). Alors je pense que ma carrière sera une réussite".

 

Propos recueillis à Kuurne par Antoine PLOUVIN

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Publié le par Antoine PLOUVIN