Jean Eudes Demaret
« Je continue de me battre »
Par Jean Eudes Demaret - Publiée le 13/06/2012 à 10:16
Salut à tous,
Lors du dernier numéro, fin mars, je disais effectivement « être sur la bonne voie ». C’est tout du moins ce que je pensais puisque mes sensations à l'entrainement et lors des courses s'amélioraient. Cependant, et grâce au suivi longitudinal auquel nous sommes soumis, nous avons remarqués qu'il y avait toujours un petit phénomène d'inflammation dans mes prises de sang. Le médecin gastro-entérologue qui s'occupe de moi à Annecy n'était pas totalement satisfait et m'a prescrit un complément médical (IMUREL) à mon traitement initial. Ce n’est donc pas encore fini…
Je rappelle aussi que je suis son premier sportif professionnel atteint de cette maladie et que je suis aussi le premier coureur professionnel à être atteint de cette dernière aux yeux de l'UCI... Mon cas est une grande inconnue pour tous, moi y compris. Depuis la prise de ce traitement supplémentaire (depuis le 14 Mai), je ressens pas mal de fatigue générale. Mes jambes sont pas mal « Diesel » et c'est difficile de savoir la proportion des choses là dessus.
« Aucun traitement plus performant que le mien... »
Sur le Tour de Picardie (du 11 au 13 Mai), j'étais vraiment pas mal et je récupérais vraiment bien entre les étapes. C’était très encourageant mais ça n’a pas duré... En Estonie et au Tour du Luxembourg c'était loin d'être la même histoire... J’avais des jambes dures comme du bois le lendemain matin et une intolérance aux lactates assez importante. Le résultat : je suis passé de 41 à 37 d'hématocrite en 2 semaines !!! Ce sont des effets secondaires possibles du traitement par Imurel.
Dès lors, pourquoi prendre de l'Imurel ? Parce qu'il s'agit de ma dernière cartouche. Il n'existe, à l'heure actuelle, aucun traitement plus performant que le mien... Si mon état ne s'améliore pas rapidement, l'opération chirurgicale sera irrévocable et marquera la fin de ma carrière !
La patience est un point important dans la vie d'un sportif car le travail est difficile et ne paye pas toujours tout de suite. Pour moi, je pense qu'il s'agit d'une énorme persévérance. C’est peut être ma meilleure qualité actuellement… En tout cas, beaucoup de monde sont reconnaissant de ça, et ça me touche énormément.
« L'année dernière, mon état était beaucoup plus stable »
Il y a un an, en Estonie, je remportais le GP Tartu. Je pensais que cela signait la fin de mes problèmes. Aujourd’hui, le constat est tout autre. Je suis revenu en Estonie, avec le dossard 1 et comme je l'expliquais plus haut, ce n'était pas une tache facile... Tout d'abord, il pleuvait. Le circuit étant 100% en ville, il s'agissait, grosso modo, d'un critérium de 190km avec de bons talus. J'avais mal aux jambes lors des relances car je ne récupérais jamais ! On a fait 1 heure à bloc et un groupe de 15 coureurs est sorti (dont Taaramae) et s'est joué la victoire. Derrière : rideau ! J'ai essayé de faire des efforts pour revenir mais avec le n°1 sur le dos j'avais beaucoup de monde sur le porte-bagage... C’était la première fois que je portais le dossard 1, grâce à ma victoire l’an dernier, et c’est malgré tout toujours un plaisir de porter un tel numéro.
L'année dernière, mon état était beaucoup plus stable. J'étais aussi sous prise régulière de fer afin d'aider mon organisme à se maintenir. Cette année, nous avons souhaité réduire au maximum la prise de fer par IV mais à priori, je suis encore trop fragile.
« Retrouver des sensations et du plaisir »
Je continue de me battre et je ne compte pas lâcher prise si facilement. Ce weekend, je prendrai part aux Boucles de la Mayenne, ma troisième course à étapes de l'année pour moi après le Tour de Picardie et le Tour du Luxembourg. C’est une course classée UCI 2.2 et ça peut me permettre de retrouver des jambes. Attention toutefois, sur les .2 ça court totalement différemment que dans les classes UCI .1 ou .HC. Ensuite, j’irai direction Halle Ingoigem en Belgique, juste avant le Championnat de France. En Juillet, je pense que je ne reprendrai la compétition que vers la fin du mois mais je ne connais pas encore quel sera mon programme. En ce qui concerne mes objectifs, j'avoue que je ne m'en fixe aucun si ce n'est que de retrouver des sensations et du plaisir. Depuis trop longtemps je subi et ce n’est bien évidemment pas ce que l’on recherche. Ce n'est même pas une sensation, mais une certitude ! C’est dommage car sur le Tro Bro Leon, une course longue et exigeante, je me sentais vraiment bien et j'avais réussi à donner un petit coup de main à l'équipe...
Pour parler de l’équipe en général, on peine a concrétiser le travail que nous effectuons. Mais on ne se décourage pas du tout, au contraire. Le staff ne nous met pas plus de pression que ça car ils savent que le travail que nous avons effectué cet hiver et pendant les courses afin d'être dans les meilleures conditions pour jouer la victoire était bon. Il nous manque un peu la chance car on a pas mal de places dans les 5 mais pas beaucoup de victoires, 2 seulement. Des fois, ça ne se joue vraiment à pas grand chose...
Pour finir, un petit mot sur la prolongation de Cofidis, c'est une excellente chose pour le cyclisme en général ! Elle poussera son sponsoring à 20 ans dans le peloton professionnel, ce qui est très rare. Leopard et HTC étaient de belles équipes sur le papier mais voilà… Elles n'ont pas duré dans le temps malgré tout au contraire de structures comme la Rabobank, FDJ et Cofidis.
Merci à tous et à bientôt !
Jean-Eudes
Retrouvez le carnet de route de Jean Eudes Demaret sur Cyclism'Actu


















Commentaires
Continue à te battre ! On croit tous en toinailouj : il y a 343 jours
dans pareil cas il est très important d'avoir un bon moraL.TU ARRIVERAS A TE DEPASSER JE LE SOUHAITE ARDEMMENT.juanet : il y a 343 jours
tous les fans de cyclisme sont avec vous JED..fan de cyclism : il y a 343 jours
il faut maintenant prendre des décisions plus tranchées, se réferer à un seul avis médical si plusieurs ont été testés, rester dans l'attente sans cesse est usant pour le moral et l'organisme. BON COURAGEBERNARD : il y a 343 jours
Merci pour ce témoignage touchant. Effectivement, force est de reconnaitre la volonté et la persévérance de Jean Eudes Demaret. En ressentant une grosse fatigue générale et sans savoir ce qu'il adviendra, qu'il doit être difficile d'aller s'entraîner, de faire des kilomètres, de faire plusieurs heures d'avion aussi, pour participer à des compétitions. Quel courage, bravo ! Nous ne pouvons que soutenir Jean Eudes Demaret dans cette épreuve.Yoann : il y a 343 jours
Bon courage JED et revient vite en formepouet-pouet : il y a 343 jours
Réagissez à cet article
Pour pouvoir réagir à cet article, vous devez vous identifier ou créer votre compte utilisateur. Il s'agit du même compte que vous utilisez pour le forum.
Je m'identifie
Je créé mon compte
Pour créer votre compte utilisateur que vous pourrez utiliser partout sur le site, merci de vous rendre sur le formulaire d'inscription du forum en cliquant ici
Pour poster un commentaire, il vous suffira de fermer la fenêtre ou l'onglet qui va s'ouvrir puis de recharger cette page.