ITW
ITW - W. Barguil : 'Essayer de peser sur la course' Photos : Giant-Shimano / Sirotti

ITW - W. Barguil : "Essayer de peser sur la course"

 

Il y a un an, Warren Barguil, alors néo-pro au sein de la formation Argos-Shimano, découvrait les Classiques Ardennaises. Le Français n'avait participé qu'à la Flèche Wallonne, où il avait pris la 51ème place. Cette année, le jeune coureur de l'équipe Giant-Shimano y retourne "pour continuer son apprentissage et pour essayer de faire un résultat". Le Français sera aligné sur la Flèche Wallonne, ce mercredi, mais aussi sur Liège-Bastogne-Liège, qu'il découvrira chez les pros dimanche. Avant son premier grand objectif de la saison, Warren Barguil a accepté de se livrer à Cyclism'Actu. Il revient d'abord sur son bon début de saison, ponctué par une belle 9ème place sur le Tour de Catalogne. Le Breton, vainqueur de deux étapes sur le dernier Tour d'Espagne, nous parle ensuite de sa préparation pré Ardennaises et nous dévoile enfin ses objectifs et ses attentes pour les deux courses qui arrivent. Entretien.

 

Avant d’en venir aux Ardennaises, revenons un peu sur votre début de saison. Quel bilan général en tirez-vous ?

Je tire un bon bilan de ce début de saison ! Je suis plutôt un coureur qui affectionne le milieu et la fin de la saison, mais cette année je me suis surpris sur certaines courses, comme les Strade Bianche par exemple. Cette course est en Toscane, la terre de mon ennemi : la chute. Avant cette course, j'étais allé 3 fois en Toscane et j'avais chuté ... 3 fois. Pour cette 4ème fois tout c'est très bien passer ! Après cette course, j'ai enchaîné sur le Tour de Catalogne, où je me sentais vraiment très bien. Donc c'est un bilan très satisfaisant.

 

"Le bilan du début de saison ? Très satisfaisant"

 

Après quelques mois de compétitions, est-ce que vous sentez une progression par rapport à l’an dernier ?

J'ai beaucoup progressé sur le placement. J'ai appris à sentir la course, comme on dit. Au niveau amateur je maîtrisais bien cela, mais maintenant j'ai appris comment faire au niveau professionnel. Sinon, je pense que j'ai progressé un peu dans tous les domaines.

 

Beaucoup de personnes disent qu’un Grand Tour fait passer un "cap". Est-ce que vos progrès sont, en partie, dû à votre première participation à un Grand Tour, sur le Tour d'Espagne l'an dernier ?

Oui je pense. Un Grand Tour permet de donner de la caisse. Mais après il n'y a pas forcément que cela. L'an dernier, j'ai fait une saison dans le World Tour. J'ai fait très peu de courses à un niveau inférieur. C'est peut-être dur au début, surtout au niveau des résultats, mais c'est là qu'on progresse. Je pense que c'est là que j'ai surtout progressé.

 

"Il faut toujours essayer d'avoir plus !"

 

Au début de la saison, vous nous aviez dit que vous deviez confirmer votre statut sur les courses à étapes. C’est chose faite depuis votre 9ème place sur le Tour de Catalogne ?

Oui c'est chose faite, mais il ne faut pas se contenter que de cela. Il faut toujours essayer d'avoir plus !

 

Ce Tour de Catalogne a confirmé que vous aviez le niveau pour batailler avec les meilleurs mondiaux sur les courses par étapes. Est-ce que cette performance vous a, en quelque sorte, rassuré ?

Oui ça m'a beaucoup rassuré ! Je monte très peu de cols à l'entraînement. Juste avant ce Tour de Catalogne, je suis allé monter des cols, pas forcément des grands, du côté de Cambrils, au nord de l'Espagne. J'ai monté ces cols, et ça m'a vite redonné le coup de pédale de la montagne. Ça a payé.

 

"On ne peut pas jouer le général sur le Catalogne et le Pays Basque et viser les Classiques après"

 

Après le Tour de Catalogne, vous avez couru le Tour du Pays Basque, où vous étiez un peu plus en retrait. Avez-vous une explication à cela ? 

Oui, j'ai été un peu en retrait sur le Tour du Pays Basque... Après le Catalogne, je n'avais pas assez récupéré ou peut-être trop... Mais de toute façon, j'étais sur le Tour du Pays Basque en préparation pour les Ardennaises. On ne peut pas jouer le général sur le Catalogne et le Pays Basque et viser les Classiques après. Mais je suis sorti de ce Tour du Pays Basque bien en jambes. Là-bas, j'ai fait beaucoup d'effort en préparation des Ardennaises, car durant les deux dernières étapes, j'ai beaucoup attaqué.

 

Un peu plus tôt dans la saison, vous aviez réalisé une belle performance sur les Strade Bianche, en prenant la 8ème place finale. Est-ce que cela vous a quelque peu rassurez sur le point de vue des courses d’un jour ?

Oui. J'adore les courses d'un jour ! Ce type de courses me plaît vraiment. Un jour, j'aimerais aussi faire le Tour des Flandres. C'est complètement différent bien sûr, mais c'est une course où la sélection se fait naturellement. J'aime ça. Pourquoi ne pas essayer un jour.

 

"Pour faire l'enchaînement des trois Ardennaises, je pense qu'il faut seulement faire le Tour de Catalogne en préparation"

 

La suite de votre programme est basée sur deux Classiques Ardennaises : la Flèche Wallonne et Liège-Bastogne-Liège. Pourquoi avoir choisi de délaisser l’Amstel, qui a eu lieu dimanche ?

Je voulais vraiment me focaliser sur les deux autres : la Flèche et Liège. Après avoir enchaîné le Tour de Catalogne et le Tour du Pays Pays Basque, je pense que ça aurait fait beaucoup de faire l'Amstel. Mais c'est aussi une course qui me plaît beaucoup. Pour faire l'enchaînement des trois Ardennaises, je pense qu'il faut seulement faire le Tour de Catalogne en préparation et ensuite faire un bon bloc d'entraînement pour arriver avec de la fraîcheur sur ces courses.

 

Vous allez donc faire la Flèche Wallonne et Liège-Bastogne-Liège. L’une requiert plus du punch, l’autre plus de l’endurance. Selon vous, laquelle vous convient le mieux ?

Laquelle me convient le mieux ? Je ne sais pas, je vous dirais cela dimanche soir (rires).

 

"Je mets les Ardennaises et le Tour de France sur un même pied d'égalité"

 

La période des Ardennaises est le premier gros objectif de votre saison. Après, l’objectif sera le Tour de France. Mettez-vous ces deux principaux objectifs sur un même pied d’égalité ?

Les Ardennaises, c'est vraiment un moment important dans ma saison. Tout comme le Tour de France d'ailleurs. Je mets les Ardennaises et le Tour de France sur un même pied d'égalité. Moi je pense cela, mais pas le grand public...

 

À l’entraînement, comment avez-vous préparé spécifiquement cet objectif des Ardennaises ?

J'ai donc fait beaucoup d'intensités sur le Tour du Pays Basque. C'est la courses la plus nerveuse de l'année. Après le Pays Basque, j'ai fait 3 jours sans vélo. Je suis resté 3 jours en week-end avec ma copine, dans le Pays Basque, pour me reposer. En revenant, j'ai fait des sorties de récupération et une longue sortie avec du dénivelé. J'ai aussi fait un peu de derrière scooter, pour "remplacer" un peu l'Amstel. Pour finir, j'ai fait une sortie avec de l'intensité.

 

"Faire mieux que le Top 20 (sur la Flèche Wallonne)"

 

L’an dernier vous aviez découvert la Flèche Wallonne. Cette course est spéciale avec cette arrivée en haut du Mur de Huy. Cette année, vous y allez pour faire mieux que l’an dernier, c'est-à-dire un Top 20 ?

Cette année, j'y vais dans l'optique de faire du mieux possible. Je vais tenter de faire mieux que le Top 20. Je serai le leader de l'équipe sur cette course. Le plus important sera le placement au pied de la dernière ascension du Mur de Huy.

 

Pour bien performer sur Liège, il faut de l’expérience. Cette année, vous allez découvrir cette course chez les pros. Vous y allez donc pour apprendre et voir le déroulement de la course dans le final ?

C'est sûr, j'y vais pour apprendre. J'y vais aussi pour bien comprendre la course. Pendant la semaine, je vais bien regarder le final, pour me remémorer la course et voir les points stratégiques. Nous allons aussi faire une reconnaissance de la course après la Flèche Wallonne. Le but pour moi sur Liège, sera de suivre les meilleurs et peut-être de tenter quelque chose dans le final. 

 

"Le but sur Liège ? Suivre les meilleurs et peut-être de tenter quelque chose dans le final"

 

Quel sera votre rôle au sein de l’équipe Giant-Shimano sur la Flèche Wallonne et puis sur Liège-Bastogne-Liège ?

Sur la Flèche, je serais leader. Sur Liège-Bastogne-Liège, nous serons trois à être protéger dans l'équipe. Le staff ne me met pas de pression particulière pour les Ardennaises. Je suis considéré comme un leader. J'apprends toutes les facettes de ce rôle et je me sens prêt à assumer cela vis-à-vis de l'équipe.

 

Pour vous, que serait une période de Classiques Ardennaises réussie ? Un Top 10 par exemple ?

Ce n'est pas forcément le résultat qui compte pour dire si les Classiques sont réussies ou pas. On retient que cela, mais non, il n'y a pas que cela. J'aimerais surtout peser sur la course. Je suis motivé et j'ai beaucoup d'envie pour cette semaine !

 

Propos recueillis par Alexis ROSE 

Vous avez aimé cet article, partagez le ! 

Publié le par Alexis ROSE