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ITW - Roger Legeay : 'Le MPCC, ça crédibilise notre sport' Photo : @Cyclismactu / CyclismActu.net

ITW - Roger Legeay : "Le MPCC, ça crédibilise notre sport"

Présent dans le monde du cyclisme depuis une quarantaine d'années, d'abord en tant que coureur puis en tant que manager, Roger Legeay est depuis 2007 président du MPCC, le Mouvement Pour un Cyclisme Crédible, association qu'il a créée dans le but de défendre l'idée d'un cyclisme propre, en se basant notamment sur les notions de transparence, de responsabilité et de volontariat de ses adhérents. Il est revenu pour Cyclism'Actu sur l'affaire Rémy Di Grégorio, contrôlé positif à l'EPO sur le dernier Paris-Nice, et surtout sur l'actualité de son organisation, qui en 2018 a ouvert la porte aux coureurs, qui peuvent désormais adhérer au MPCC à titre individuel.

Roger Legeay : "Le MPCC progresse"

 

Roger Legeay, Rémy Di Grégorio a été contrôlé positif lors du dernier Paris-Nice, quel est votre sentiment sur cette affaire ?

Il faut être modeste dans la lutte antidopage. Le zéro dopage n'existe pas, c'est comme dans la société il y en a toujours qui enfreignent les règles. Des choses comme ça sont arrivées, arrivent et arriveront, c'est comme ça. Nous au MPCC, on va tout faire pour que ça n'arrive pas. L'équipe de Di Grégorio est membre du MPCC, elle a fait ce qu'il fallait, mais elle se retrouve avec un cas comme ça. Donc qu'est-ce qu'on fait quand ça arrive ? Il y a d'abord une mise à pied immédiate, et si l'échantillon B confirme le recours au dopage, il y aura l'engagement d'une procédure disciplinaire. L'équipe Delko Marseille est au MPCC, elle remplit les règles en amont, et si le coureur est sanctionné de plus de six mois, il y a obligation avec la règle MPCC d'engager une procédure de licenciement. Ce n'est pas agréable, on est dans un sport médiatique. Mais le public doit savoir ce qui arrive dans des cas comme ça, les décisions qui sont prises, avec fermeté et en toute transparence, et c'est la philosophie du MPCC.

 

Depuis cette année, les coureurs peuvent désormais adhérer à titre individuel au MPCC...

Quand j'ai créé le MPCC en 2007, c'était d'abord réservé aux managers d'équipe, car je partais du principe que les managers ont un pouvoir : ils choisissent leurs coureurs, leurs médecins et surtout la philosophie de l'équipe. C'est le manager qui a le pouvoir de licencier et de ne pas embaucher un coureur qui a été contrôlé positif. Ensuite on a très vite ouvert le MPCC aux organisateurs, aux fédérations nationales, qui ont eux aussi un pouvoir. Un président de fédération peut lui aussi très bien dire qu'il ne veut pas voir de coureurs pris par la patrouille porter le maillot de son pays. On a ensuite ouvert aux agents sportifs, aux sponsors. C'était très important d'avoir les sponsors parce qu'il y a forcément, à un moment donné, un enjeu financier qui rentre en compte. Si le sponsor est sur la même ligne que le MPCC, celle de la tolérance zéro, il va sûrement devoir investir davantage d'argent dans la lutte antidopage, mais le sponsor va considérer que c'est le prix à payer pour avoir un cyclisme crédible. Donc quand on prend tout ça, il ne manquait plus que les coureurs. Et les coureurs sont les premiers concernés. Tous les coureurs peuvent adhérer au MPCC, pas seulement ceux dont leur équipe est déjà membre.

 

Quel est l'intérêt pour les coureurs de rejoindre le MPCC à titre individuel ?

Beaucoup de coureurs se reconnaissent dans la philosophie du MPCC. Cet hiver, certains d'entre eux ont pris la parole pour s'exprimer sur l'affaire Froome par exemple, et si on veut avoir plus de coureurs qui s'expriment, le MPCC, qui est une organisation basée sur le volontariat, est le bon lieu pour ça. Pour un coureur c'est aussi un vrai engagement de rejoindre le MPCC indépendamment de son équipe. En adhérant aux yeux de tout le monde, ça le crédibilise beaucoup, peut-être encore plus si son équipe n'est pas au MPCC. Je crois que les coureurs ont intérêt à montrer à tous, de manière transparente, qu'ils adhèrent à la philosophie du MPCC, qui n'est pas du tout contradictoire avec la réglementation interne d'une équipe ou de l'Agence mondiale antidopage. L'AMA et l'UCI ont leurs réglements, mais nous on est à côté, on apporte un vrai plus, avec des règles beaucoup plus strictes. L'intérêt pour les coureurs, c'est vraiment la transparence, et ça crédibilise notre sport, tout simplement.

 

Plus d'une centaine de coureurs ont déjà rejoint le MPCC, vous attendiez-vous à un tel nombre ?

Aujourd'hui il y a environ 140 coureurs qui ont rejoint notre organisation. En un mois, je trouve que c'est un succès. On aurait pu comprendre l'hésitation de certains coureurs, mais ils ont compris la démarche. C'est une démarche volontaire sur un point précis : les règles du MPCC, c'est l'image du vélo, ils en font plus et moi, en tant que coureur, j'adhère à ça parce que je suis d'accord avec ça. C'est un vrai engagement aux yeux de tous, un engagement fort, une parole d'homme. Alors bien sûr si un coureur s'est engagé mais ne respecte pas nos règles, il s'expose encore plus, mais ça n'engage que lui.

 

Parmi tous les coureurs qui ont rejoint le MPCC, une grande majorité sont française ou d'équipes françaises. Comment expliquez-vous cela ?

Ce n'est que le début. Certes il y a beaucoup de Français mais quand on y regarde un peu plus près, il y a des coureurs de l'équipe Novo Nordisk qui est américaine, de l'équipe Manzana-Postobon qui est colombienne, de Wanty-Groupe Gobert, de Sunweb, d'Israel Cycling... On a quand même des coureurs issus de beaucoup d'équipes différentes. Certes il n'y a pas la totalité des formations représentées mais je trouve que c'est un bon début. Le rêve ce serait bien sûr d'avoir 100% des coureurs et des équipes, ça voudrait dire que tout le monde s'engage de manière claire et transparente. J'en reviens à ce que je disais au début, il faut être modeste. Rien n'empêchera les contrôles positifs, le tricheur trouvera toujours un moyen de tricher. Mais en ayant intégré les coureurs, on a bouclé la boucle, et c'était le bon moment de le faire.

 

Selon vous, où en est la lutte antidopage aujourd'hui ?

Le cyclisme est le sport antidopage par excellence. Il fut un temps où c'était différent, mais aujourd'hui le cyclisme est presque exempt de reproches. Ce sont des individualités qui trichent, et on ne peut rien faire contre ça, c'est la société qui est comme ça. Je reste persuadé que le volontariat est une piste qui n'a pas été assez exploitée, mais qui l'est de plus en plus maintenant, afin de crédibiliser le cyclisme et le sport en général. Depuis onze ans, personne n'a donné d'autres alternatives au volontariat, et depuis dix ans personne n'a remis en cause nos règles et nos règlements. Cela veut dire qu'on est dans le vrai. Sanctionner à vie quelqu'un qui s'est dopé à l'EPO, ce n'est pas possible par la réglementation, mais c'est possible par le volontariat. Je suis vraiment optimiste, on fait bouger les lignes. L'UCI a ajouté dans ses règles l'auto-suspension des équipes après deux coureurs contrôlés positifs, c'est le MPCC qui a apporté ça.

 

Le MPCC fait aussi des contrôles de cortisolémie avant les courses, choses que l'AMA ne fait pas...

Depuis 2010, nous faisons des contrôles de cortisolémie aux coureurs des équipes MPCC. En 2018 on a contrôlé 33 coureurs sur Paris-Nice, 45 sur le Circuit de la Sarthe et 42 sur Paris-Roubaix. Et ces contrôles, que l'on paie, se font toujours sur la base du volontariat, ce que l'AMA ne fait pas, ni l'UCI, même si le président David Lappartient s'est engagé là-dessus. On est force de proposition, mais on ne fait pas que des propositions, on les applique. On avance. Je tiens sincèrement à saluer les coureurs qui tendent le bras la veille de Paris-Roubaix à 7h du matin pour un contrôle de cortisolémie. Bravo à eux, il faut le dire. Il n'y a pas beaucoup de sport qui font ça sur la base du volontariat. Tous ces garçons-là, j'ai envie de leur dire qu'ils représentent un beau cyclisme et que grâce à eux, il n'y a pas de suspicion. Cela ne me dérange pas de parler de Di Grégorio, mais je veux aussi qu'on parle de toutes les bonnes choses qui sont faites.

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Publié le par François BONNEFOY

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