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ITW - Peter Sagan : 'Ça restera une course difficile' Photo : Antoine PLOUVIN

ITW - Peter Sagan : "Ça restera une course difficile"

 

Peter Sagan en entretien individuel avant Milan - San Remo

Deuxième à Milan – San Remo, l’an passé, deuxième du Grand Prix E3 Harelbeke la semaine qui suivait et deuxième du Tour des Flandres le dimanche encore après. En 2013, Peter Sagan, s’est affirmé encore un peu plus comme un grand coureur de classique. Mais il manque toujours un monument à son palmarès. Certes, il a gagné Gent – Wevelgem, en solo qui plus est. Mais ça n’a pas le prestige des monuments que sont Milan – San Remo, le Tour des Flandres et Paris – Roubaix, qui figurent d'ailleurs tous trois à son calendrier 2014. Autant sur l’E3 et les Flandres, il avait été battu par un Fabian Cancellara irrésistible, autant sur « MSR », l’Allemand Gerald Ciolek, de l’équipe Continentale MTN – Qhubeka, lui chipait une victoire presque promise. Alors avec tout ça, on imagine que ce gagneur né, n’a qu’une seule envie en tête : celle de lâcher les chevaux et de corriger cette anomalie. Oui mais Milan – San Remo est une classique qui « réserve toujours des surprises », comme il le déclarait mardi après Tirreno – Adriatico.

Au calme loin de Milan, à Solbiate Olona, dans la Province de Varese, ce vendredi soir, le champion Slovaque, nous a offert un entretien individuel, dont nous vous livrons quelques extraits à l’écrit et en vidéo.

 

Seulement deux victoires...

 

Il a levé les bras à deux reprises cette année. Une fois sur le Tour d’Oman et une fois la semaine dernière, lors de la troisième étape de Tirreno – Adriatico. Cette dernière victoire est, bien sûr, un signe positif pour le moral, à une semaine seulement du premier très grand rendez-vous des classiques. Mais deux victoires, c’est trois de moins que l’an passé  à la même époque ! Lundi, sur l’étape de Porto Sant’Elpidio, il avait espéré refaire un coup similaire à l’année précédente, où il avait probablement signé l’un de ses plus beaux succès. Les Cannondale en tête lors de l’ascension du Sant’Elpidio a Mare, Peter Sagan espérait marquer les esprits de ses adversaires de dimanche. Mais le parcours était loin d’être aussi difficile que l’an passé et c’est finalement Mark Cavendish qui s’imposait au terme d’un sprint totalement décousu en raison d’une chute, survenue à un peu plus d’un kilomètre de l'arrivée. Alors où en est Sagan ? 

« Je me sens bien. Tirreno a été une bonne préparation. Nous arrivons à la fin de prés de trois mois de préparation, et à la fin d’une première partie de la saison. Nous arrivons dans une période importante pour moi. Alors je suis content et je me sens tranquille. Je pense qu’on ne peut pas trop comparer les résultats d’une année sur l’autre. Les étapes n’étaient pas les mêmes, les courses se sont déroulées autrement. Mais, c’est vrai que j’ai modifié un peu ma préparation. Et j’espère que mon pic de forme arrive un peu plus tard, pour le Tour des Flandres et Paris – Roubaix… et aussi Milan – San Remo bien sûr. » Nous voilà rassurés !

 

"chaque année, on cite des favoris, et ce n’est aucun d’eux qui gagne"

 

A n’en pas douter, l’année dernière, il nous a démontré qu’il avait la classe d’un grand champion. Mais d’un grand champion… de demain ! Et Milan – San Remo en était peut-être l’exemple le plus criant. Autant sur le Tour des Flandres, il a buté sur un Fabian Cancellara, au dessus  de tout. Mais à Milan – San Remo, la victoire lui semblait promise. Alors lui manquait-il un petit quelque chose pour parvenir à faire encore parler son talent après plus de 250 kilomètres de course ?  Certes, on peut rétorquer qu’il a gagné Gent – Wevelgem en solo, mais un Gent – Wevelgem amputé de près de 50 kilomètres. Nous verrons cette année si ce petit quelque chose, qui pourrait faire de lui un grand coureur de classiques, est enfin arrivé. Une chose est sûre : Sagan veut se mettre à l’abri de la pression. La Gazzetta dello Sport le place en favori numéro un.  Mais la défaite de l’année dernière, l’absence de La Manie, de la Pompeiana et de conditions aussi extrêmes que l’an passé ne sont pas un avantage pour lui.

« C’est difficile de prédire quoi que ce soit sur Milan – San Remo. Chaque année, il y a des surprises, et chaque année, on cite des favoris, et ce n’est aucun d’eux qui gagne. Cette année, c’est difficile de dire si ce sera plus favorable pour les sprinters ou pour les coureurs de classique, car je n’ai jamais fait ce parcours sans La Manie. Mais ça restera une course difficile car il y a toujours près de 300 kilomètres. On ne saura que dimanche soir le nom du vainqueur… » 

 

Sans Moreno Moser

 

Il va très vite, c’est sûr, mais ce n’est pas un pur sprinter comme Mark Cavendish. Alors il faudra créer une « pré-sélection » avant l’arrivée, ou jouer sur deux tableaux, comme le font beaucoup d’équipes en alignant à la fois un puncher et un coureur rapide. Le forfait de dernière minute de Moreno Moser, victime d’une tendinite sur Tirreno, ne permettra peut-être pas à la formation Cannondale de pouvoir jouer sur plusieurs fronts.

« Je suis vraiment désolé pour Moreno. C’est une grande course qui lui aurait permis d’acquérir plus d’expérience. Mais je pense que notre équipe est forte. Son absence est dommage mais elle n’affaiblit pas l’équipe. »

Nous n’en saurons pas plus sur la tactique. Mais il est vrai aussi que Milan – San Remo est une course où rien n’est jamais sûr. Peut-être, la seule classique que l’aspect tactique rend attrayante, alors qu'il tue quelque peu les autres grandes courses.

 

"Le Tour des Flandre est la course que j’aime le plus"

 

Peut-être n’est-ce qu’un moyen de se mettre à l’abri de la pression, mais à l’écouter, on a plus le sentiment que Peter Sagan est d’avantage tourné vers Le Tour des Flandres que vers la « Primavera ». « Ce n’est pas un objectif plus important que les autres grandes courses, comme Milan – San Remo. Mais le Tour des Flandres est la course que j’aime le plus. » Cache-t-il simplement son jeu… ?  Réponse dimanche soir, comme il le dit lui même.

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Publié le par Antoine PLOUVIN, à Milan