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ITW - Pascal Chanteur : 'Les coureurs demandent du civisme' Photo : @Cyclismactu / CyclismActu.net

ITW - Pascal Chanteur : "Les coureurs demandent du civisme"

Sur la route, respectons nous. Voici le nom de la nouvelle campagne lancée par l'UNCP, l'Union Nationale des Cyclistes Professionnels. Le but ? Sensibiliser le plus grand nombre à la sécurité routière et au respect de toux ceux qui partagent la route. Une mobilisation essentielle alors que le nombre de cyclistes tués en France est en hausse depuis plusieurs années. "Il faut faire attention à la route et à tout le monde, se respecter les uns les autres et toujours penser que dans une voiture, on a toute une carrosserie autour mais un cycliste, quel que soit son niveau, il est sur un vélo et à part son casque, il n'y a pas grand chose qui le protège", rappelle Thomas Voeckler. Président de l'UNCP, Pascal Chanteur s'explique sur cette campagne pour Cyclism'Actu

Sécurité routière - Le coup de gueule de l'AC TREGUNC

Pascal, quelle était votre idée en lançant cette nouvelle campagne ?

Nous avons commencé les campagnes de sensibilisation à la sécurité routière il y a maintenant six ans. On avait commencé sur les Championnats de France avec l'opération Lumignons, où les coureurs portaient un brassard clignotant. L'année d'après, nous avions fait une campagne télévisée qui s'appelait "Sur la route, ce n'est pas un contre un, c'est un plus un". Nous avons continué à faire des campagnes de sensibilisation, autour de la distance de sécurité de 1m50 l'an dernier. On arrive à toucher en grande partie les amoureux et les utilisateurs de la bicyclette mais ce qui nous importe, c'est de sensibiliser l'ensemble de la population. Les coureurs nous ont fait une demande pour cette campagne, c'est quelque chose qui les touche de très près parce que la route est leur terrain d'entraînement. Ils nous ont demandé d'être plus percutants et peut-être un peu choquants sur la campagne de sensibilisation.

 

Selon vous, que faut-il faire pour rendre la route plus sûre pour les cyclistes ? Quels sont les grands axes de travail ?

L'idée est d'abord que le code de la route soit respecté par tout le monde. C'est important. Aujourd'hui, les coureurs demandent que les gens fassent preuve de civisme et de respect mutuel. Un cycliste ne doit pas insulter un automobiliste ou vice-versa. Un cycliste doit respecter le code de la route comme un automobiliste, c'est-à-dire s'arrêter au stop, respecter les feux, les sens uniques, les piétons... Nous devons travailler sur tout ça. Il est très clair que les pouvoirs publics doivent collaborer avec les utilisateurs de vélo parce qu'aujourd'hui, on s'aperçoit que l'architecture cyclable n'est pas du tout mise en place avec le monde cycliste. Et quand je parle du monde cycliste, cela regroupe l'ensemble des associations liées à l'utilisation des vélos, je parle d'utilisateurs et pas forcément de compétiteurs.

On se rend bien compte qu'il y a parfois des pistes cyclables ou des zones aménagées qui sont totalement dangereuses pour les cyclistes, alors qu'elles sont faites pour eux. Il suffit de voir les petits plots au sol par temps de pluie, c'est totalement néfaste à l'utilisation du vélo. Aujourd'hui, on est systématiquement en train de nous parler de santé, d'écologie, de sport pour tous. Pourquoi ne pas allier le fait d'obtenir son permis de conduire à la sensibilisation des futurs conducteurs aux problématiques des cyclistes en imposant une heure de vélo en agglomération pour qu'ils se rendent compte des difficultés qu'un cycliste peut rencontrer ? C'est aussi l'occasion d'apprendre à se déplacer en vélo pour ceux qui ne savent pas en faire. Et aussi de faire du sport, et d'être en meilleure santé.

 

L'an passé, la Ministre des Sports Laura Flessel avait promis de travailler sur le sujet, et rien de concret n'a pour le moment abouti. Vous sentez-vous abandonnés par le monde politique ?

Nous avions demandé à rencontrer les pouvoirs publics et le responsable de la sécurité routière en France, le Ministère de l'Intérieur. Nous avons donc rencontré Monsieur Barbe, avec la Fédération, la Ligue et l'UNCP, pour lui parler de sécurité routière. Un dialogue constructif n'a pu être établi car il nous a fait part de son impossibilité de répondre à notre attente dans le contexte d'insécurité que connaît la France actuellement. Il nous a clairement dit qu'il n'avait pas énormément de moyens pour s'occuper de ce genre de situations, que la prérogative régalienne restait la défense de notre démocratie face au terrorisme. Ce sont ses propres propos. 

Ensuite, on a rencontré le Ministère des Sports, qui est à l'écoute de notre problématique mais qui n'est pas le maître d'oeuvre dans cette situation. Ils ne peuvent pas faire grand-chose. La seule chose qu'a su me répondre le Ministère de l'Intérieur, c'est de faire partie d'une commission pour pouvoir faire avancer les choses. Nous savons à quoi servent les commissions !!! Le Premier Ministre l'a dit, la sécurité des cyclistes va être l'une des prérogatives de l'année 2018. Donc on va voir. Nous sommes en train de travailler sur différentes propositions.

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Publié le par Quentin BALLUE


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