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ITW - Kenny Elissonde : 'La Sky ? Une équipe très carrée' Photo : Sirotti

ITW - Kenny Elissonde : "La Sky ? Une équipe très carrée"

 

Kenny Elissonde au micro de Cyclism'Actu sur la Vuelta 2014

Il vient toujours un moment où l'oiseau doit quitter le nid, et le tour de Kenny Elissonde est arrivé. Après avoir fait ses gammes chez la FDJ, l'équipe au sein de laquelle il est devenu professionnel en 2012, le coureur de 25 ans rejoindra l'an prochain le Team Sky, soit ni plus ni moins que la formation du triple vainqueur du Tour de France Chris Froome. Un cadre prestigieux et un changement de taille pour le Français, qui s'est confié pour Cyclism'Actu, évoquant notamment son année 2016, ses ambitions, son intégration ou encore le rôle de Nicolas Portal dans son transfert.

 

Kenny, premièrement, comment jugez-vous votre saison, vous qui avez notamment été tout près de remporter le maillot à pois sur la Vuelta ?

Cela a été une saison avec beaucoup de hauts et de bas, beaucoup d'émotions. J'ai commencé avec une blessure au genou, ma première vraie blessure, ma première opération, surtout au niveau du genou, ce n'est pas anodin pour un cycliste. J'ai commencé dans l'inquiétude, puis j'ai repris au mois de mars. Je voulais faire le Giro et je suis retombé sur un mois sans compétition donc ma saison a vraiment commencé en juin. Après, tout est allé vers le mieux. J'ai pu bien m'entraîner, repartir pour la Vuelta, où j'ai connu une bonne période mais où je loupe le maillot le dernier jour. Ca a été un peu une saison comme ça, jalonnée d'obstacles. On ne peut pas vraiment dire que c'est une bonne saison car j'ai commencé assez tard, donc pour résumer, je dirais que ça a été une saison faite de hauts et de bas.

 

Vous quittez l'équipe FDJ où tout a commencé pour vous, la formation qui vous a fait confiance et permis de vous lancer dans le monde professionnel. Avec un pincement au coeur ?

Oui c'est clair, j'ai un petit pincement au coeur. Ce n'est pas un choix évident de quitter la FDJ, surtout que c'est une équipe qui a énormément progressé. Je suis arrivé en 2012 et en 2016, ce n'est plus du tout la même équipe. Elle progresse à tous les niveaux, on y est vraiment bien, peu de personnes partent de leur bon vouloir. C'est un défi et un challenge, c'est vraiment une bonne équipe. J'étais aussi en collaboration avec mon entraîneur Julien Pinot, qui m'entraînait depuis les juniors donc j'ai vraiment pesé le pour et le contre, ça n'a pas été un choix facile. Voir mes anciens coéquipiers lors des premières courses, ce sera quelque chose de spécial.

 

Avez-vous été contacté par d'autres équipes ces derniers mois ? Le Team Sky était votre premier choix ? 

J'ai eu quelques contacts pendant la Vuelta, ça s'est décidé à ce moment-là. J'étais en contact avec deux équipes au mois de juin, deux équipes étrangères, j'avais dit à Marc [Madiot] que je préférais rester. Ca a traîné un peu, et Marc voulait attendre la Vuelta. Pendant cette Vuelta, j'ai été en contact avec Sky, je me suis dit, "peut-être que c'est le destin", le moment de partir et de changer pour faire un nouveau challenge.

 

N'avez-vous pas peur de vous perdre au milieu de toutes les stars de la Sky, de voir votre progression limitée par la nécessité de vous mettre au service de vos leaders ?

Pas vraiment, je pense que ça peut surtout me tirer vers le haut. Le niveau de base est très élevé, ça ne peut que me pousser vers le haut. Je vais aussi changer de méthodes de travail. On dit souvent qu'en changeant d'équipe, on peut relancer une carrière car on a un regain de motivation. Si j'étais resté à la FDJ, j'aurais aussi travaillé pour Thibaut [Pinot] donc dans tous les cas, mon rôle sera le même, sauf que ce sera pour des coureurs différents. Ce qui me fait le plus peur, c'est de changer de méthodes de travail. J'avais un lien très fort avec Julien et beaucoup d'automatismes avec lui. Je serais plus apte à appréhender un changement d'entraîneur qu'un changement d'équipe. Avoir d'autres coureurs autour de moi, ce n'est pas ce qui me fait le plus peur au final.

 

A quel point la présence de Nicolas Portal a-t-elle joué dans votre décision de rejoindre la Sky ?

Au début, je n'ai pas été trop en contact avec lui mais au final, il m'aide beaucoup. On a déjà fait un rassemblement en octobre et l'avoir à mes côtés, ça m'aide beaucoup. Je sens qu'il est là, prêt à m'aider. Il est content d'avoir un Français dans l'équipe. C'est super, il est très motivé et il adore ce qu'il fait donc c'est un atout de l'avoir à mes côtés. Pour faire l'intermédiaire ou des choses comme ça, il veut vraiment m'aider. C'est un soutien, on a déjà parlé quelques heures ensemble et il est content d'avoir un Français, ça change. Même si on parle assez bien anglais, ce n'est pas la même chose.

 

Kenny Elissonde, le best-of de ses années FDJ

 

Ne craignez-vous pas, en rejoignant le Team Sky, de vous voir associé à des rumeurs et des suspicions de dopage ?

Je ne me suis jamais vraiment posé la question. Quand on est coureur professionnel, on est toujours associé au dopage. Je vais peut-être encore plus être ciblé parmi les suiveurs du cyclisme mais en étant coureur professionnel en 2016, on paie de toute façon les pots cassés des générations d'avant. On m'a toujours parlé de dopage. C'est peut-être encore un palier au-dessus avec le Team Sky, parce que même les gens du milieu sont plus aptes à penser que c'est une équipe qui utilise des moyens frauduleux pour ses performances. De ce que j'en ai vu, c'est quand même une équipe très carrée, qui fait très attention. Il m'ont demandé mon passeport avant d'aller plus loin dans notre collaboration, je sais qu'ils font très attention pour être le plus clair possible. Je n'y suis pas vraiment encore, mais l'éthique est vraiment importante. Pour le moment, je ne peux pas vraiment dire comment ce sera quand je porterai le maillot. 

 

Vous allez côtoyer l'un des plus grands coureurs du peloton, Chris Froome. Que pensez-vous pouvoir apprendre de lui ?

Pas mal de choses : sa façon de s'entraîner, la diététique... On peut presque tout apprendre de A à Z d'un vainqueur du Tour ! C'est quelqu'un de très sérieux, appliqué, donc qu'est-ce que je pourrais ne pas apprendre de lui ? C'est l'un des meilleurs coureurs de grands Tours, ou le plus fort en ce moment, donc je peux apprendre beaucoup de choses avec lui.

 

Quels seront vos objectifs l'an prochain ? Pensez-vous pouvoir jouer votre carte sur un grand Tour comme le Giro ou la Vuelta ?

Je n'ai pas encore parlé de mon programme de courses, on verra ça au mois de décembre. Moi, Kenny Elissonde, je ne peux pas arriver au Team Sky et dire que je vais jouer ma carte personnelle sur le Giro ou la Vuelta. J'aimerais bien être un bon coéquipier en montagne, je serais déjà content de faire ça. C'est déjà ce qu'on pensait faire chez FDJ l'année prochaine avec Thibaut, donc c'est un rôle qui me plaît et dans lequel je m'épanouis en ce moment. Après, à la FDJ, j'avais peut-être plus d'opportunités d'aller en échappée, je ne sais pas du tout comment ce sera chez Sky, ils ont plus l'habitude de courir en contrôle, dans le peloton. A l'heure actuelle, je ne me fixe pas d'objectifs, ça va être un peu de la découverte.

 

Les Ardennaises sont-elles aussi dans un coin de votre tête ?

Ca pourrait être quelque chose à explorer. A la FDJ, Arthur avait son groupe et chez Sky, je ne sais pas vraiment comment ça fonctionne. Ce sont plutôt des coureurs de grand Tour qui viennent faire les Classiques donc peut-être que ce sera à mon programme l'année prochaine. Il faudra attendre le mois de décembre, c'est encore tôt pour le dire. On est encore à l'heure du bilan et il y a eu toutes ces affaires donc ça a pris un peu de retard. L'année prochaine va vraiment démarrer au mois de décembre au stage à Majorque, où nous commencerons à construire la prochaine saison.

Propos recueillis par Quentin Ballue

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Publié le par Quentin BALLUE


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