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ITW - Jérôme Pineau : 'Je n'ai jamais douté de Bryan Coquard' Photo : ASO

ITW - Jérôme Pineau : "Je n'ai jamais douté de Bryan Coquard"

C'est avec détermination et ambition que les coureurs du Vital Concept Cycling Club prendront le départ du Critérium du Dauphiné dimanche. Cette course offrira une belle occasion aux Men in Glaz, qui ne seront pas sur le Tour de France, de se mettre en évidence. Bryan Coquard, trois victoires au compteur cette saison, sera le chef de file de sa formation. Avant ce rendez-vous important, le manager de l'équipe bretonne Jérôme Pineau a répondu aux questions de Cyclism'Actu. Plutôt satisfait de l'évolution de son projet, il espère voir son écurie poursuivre sa progression dans les semaines et les mois à venir. 

Jérôme Pineau et sa relation avec Bryan Coquard

 

Jérôme, d'une certaine manière, ce Dauphiné est un peu votre Tour de France, non ?

Ce n'est pas notre Tour de France, parce que le Tour de France est le Tour de France et que le Dauphiné est le Dauphiné. C'est une course d'une semaine. C'est une course importante par contre, l'une des plus importantes pour nous. C'est une course World Tour, qui se dispute en France, on arrive à l'approche de l'été, ça a un goût de Tour de France mais ce n'est pas le Tour de France. C'est le Critérium du Dauphiné et c'est une course importante pour nous, qui allons malheureusement rester à la maison en juillet. C'est un test pour notre effectif.

 

Vous pensez que si ASO avait tranché en mars ou en avril, la décision aurait pu être différente pour vous ?

Je ne sais pas, c'est la décision du Tour de France. On est une jeune équipe, on débute, on doit faire nos preuves. On tâche de faire au mieux sur cette première saison, on a des bons moments comme des moins bons. La décision appartient à la direction du Tour de France. Nous sommes acteurs, eux sont organisateurs et ils ont fait le choix qui leur incombe. Nous sommes fiers de pouvoir participer au Dauphiné comme nous étions fiers de participer à Paris-Roubaix. On essayera de faire bonne figure sur ce Dauphiné.

 

Quelles sont vos ambitions sur ce Dauphiné ?

On a surtout Bryan Coquard pour les deux premières étapes. On a aussi de très bons coureurs de contre-la-montre, que ce soit Johan Le Bon ou Corentin Ermenault, pour le prologue. Ensuite, on a à coeur de faire un bon chrono par équipes. On a aussi Arnaud Courteille, Kevin Reza et Quentin Pacher pour les étapes un peu plus difficiles, même si on sait que Quentin est convalescent. Il est surtout là pour le collectif, il n'a pas beaucoup d'ambitions personnelles à cause de sa chute survenue sur la Flèche Wallonne. Ce sera peut-être compliqué pour Quentin mais on a une équipe qui a envie d'aller de l'avant, de briller, de montrer que le Vital Concept Cycling Club est une vraie belle équipe qui a sa place sur ce genre de compétitions.

 

On a vu Bryan Coquard retrouver la victoire et de la confiance ces dernières semaines. Comment le sentez-vous avant ce Dauphiné ?

Je pense que Bryan est très bien. Il a montré qu'il est revenu à un très bon niveau. Il a gagné une étape en côte aux Quatre Jours de Dunkerque, il est tombé malade ensuite alors que pour moi, il avait la condition pour faire beaucoup mieux. Il est revenu pour le Tour de Belgique, où il a fait une super course. Il finit 7e du classement général. Au-delà de sa victoire, il a fait une très belle étape autour de Huy avant de gagner le lendemain, c'est le signe qu'il est en très grande forme. Bryan est très à l'aise dans les côtes. Les deux étapes du Dauphiné lui conviennent parfaitement mais pour gagner sur le Dauphiné, il fait aussi un bon collectif donc il faudra être patient, vigilant, pour envisager une victoire. Mais c'est clair que Bryan est en grande forme, on en a conscience. Il est motivé.

 

Vous avez douté entre mars et avril, quand Bryan Coquard a enchaîné les résultats frustrants ?

Je n'ai douté à aucun moment de Bryan. Je sais pourquoi il est là, je sais pourquoi on l'a recruté. Je sais aussi quel choix il a fait. Ce n'est pas donné à tous les coureurs de faire ce genre de choix. C'est un garçon qui a du tempérament, qui sait très bien pourquoi il est chez nous. Il a cru dans notre projet, il a cru en moi. Nous sommes très proches tous les deux, je n'ai jamais douté. Je sais qu'un champion reste un champion, ça finit toujours par revenir et c'est ce que l'on voit. À aucun moment je n'ai douté, ni de lui ni de l'équipe. Ce sont des garçons qui ont tous eu le courage de rejoindre un projet naissant, ce n'est pas un choix facile à faire. Beaucoup de ces garçons auraient pu choisir de rester dans le confort de leur équipe, ils ont voulu se relancer, se donner un nouveau défi. J'ai confiance en eux, je sais trop bien ce qu'est le vélo pour mettre en doute l'implication de chacun. Dans un nouveau projet comme ça, il y a des hauts et des bas, c'est logique. C'est la vie d'une équipe.

 

Comment avez-vous préparé le contre-la-montre par équipes, qui sera le premier pour votre formation ?

On a fait des répétitions, on a travaillé un petit peu le positionnement, la position de chaque coureur sur son vélo. Après, c'est un collectif. On a essayé de faire l'équipe la plus homogène possible. Avec un tracé pour rouleurs, il faudra être très cohérent et homogène. On a travaillé autour de notre centre de performance sur des routes qui le permettaient. Nous sommes un peu novices, on n'a pas une grande expérience de travail tous ensemble donc on ambitionne ni plus ni moins que d'être cohérent, collectif, homogène, et on verra bien.

 

Comment jugez-vous les cinq premiers mois de votre équipe ? Êtes-vous satisfait ?

Si on doit faire un bilan aujourd'hui, je suis plutôt satisfait de certaines périodes où nous avons été performants, souvent placés, pas souvent vainqueurs. Néanmoins, on a déjà énormément de podiums, une vingtaine je crois. On a cinq victoires, et on sait que toutes les victoires comptent, ce n'est jamais facile de gagner des courses chez les professionnels. Nous avons eu une période de Classiques difficile, des échecs notamment sur les Classiques ardennaises ou en tout cas sur l'Amstel, où on espérait faire beaucoup mieux. Sur la Flèche Wallonne, on a manqué de réussite mais dans l'ensemble, le projet prend forme. On commence à exister dans le giron, on est là, on a souvent des coureurs qui se montrent et puis des résultats extra-sportifs, une visibilité et une notoriété naissantes qui continuent de grimper. C'est là l'essentiel. Nous sommes plutôt satisfaits du bilan. Maintenant, on peut toujours faire mieux et on a à coeur de faire mieux dans les semaines, les mois et les années qui viennent. On espère grandir petit à petit.

 

Dans cette perspective, de quels moyens disposerez-vous l'an prochain ? Votre budget sera-t-il en hausse ?

On a de l'ambition, on travaille à trouver un co-partenaire qui rejoindrait notre club, qui serait séduit par notre projet. On y va tranquillement, notre projet voit à long terme donc on continue de prospecter, de chercher à s'associer à d'autres partenaires qui auraient la même envie que nous de faire les choses différemment, et surtout qui ont de l'ambition et qui ont envie de faire du cyclisme une matière de communication pour eux. On espère pouvoir grimper un peu au niveau du budget pour grimper un peu dans la hiérarchie, monter les échelons petit à petit et pourquoi pas dès l'an prochain se renforcer comme il faut pour pouvoir accéder aux plus grandes épreuves et être un peu plus performant, notamment dans les courses par étapes et en montagne.

 

Vous cherchez donc en priorité des coureurs ayant un profil de grimpeur ?

On sait qu'on a bâti un groupe autour de Bryan et de jeunes sprinteurs, de jeunes talents. On a de très bons jeunes, comme Patrick Müller, Tanguy Turgis, Corentin Ermenault, Jérémy Lecroq, Lorrenzo Manzin. On a beaucoup de jeunes coureurs, maintenant il faudrait nous renforcer peut-être avec des coureurs un peu plus expérimentés, au profil plus de puncheur et de grimpeur, donc on prospecte, on recherche, on écoute, on voit ce qu'il est possible de faire. On peut aussi attendre un peu le renfort d'un co-partenaire pour pouvoir se renforcer encore mieux que ça. Nous ne sommes pas pressés, on construit, on observe, on prospecte. Je serai aussi sur des courses amateurs pour voir un peu de ce côté-là. Nous avons à coeur de se renforcer en montagne car c'est important pour nous d'avoir quelques puncheurs-grimpeurs dans l'équipe l'an prochain.

 

Par rapport à ce profil, un coureur comme Pierre Rolland, qui est en fin de contrat, ce serait dans vos cordes financièrement ? 

Ce n'est pas une question financière, c'est d'abord une question d'envie. Le coureur doit être dans l'état d'esprit du projet. Effectivement, Pierre a une certaine expérience, il est capable de briller, de performer sur des terrains accidentés. Il peut correspondre totalement à ce que l'on veut mettre en place dans l'équipe. Pierre fait partie des coureurs qui seront en fin de contrat cette année, comme beaucoup d'autres. C'est avant tout une question d'envie, de sa part et de notre part, et bien entendu une question de moyens ensuite.

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Publié le par Quentin BALLUE

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