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ITW - Armindo Fonseca : 'Avec ma maladie, c'est impossible...' Photo : @ArmindoFonseca

ITW - Armindo Fonseca : "Avec ma maladie, c'est impossible..."

Clap de fin pour Armindo Fonseca. Après huit saisons en tant que coureur professionnel chez Fortuneo-Samsic, équipe qu'il avait intégrée en 2011 alors qu'elle s'appelait Bretagne-Schuller, le Rennais a refermé ce chapitre de sa vie le week-end dernier. Il avait annoncé sa décision le 30 août dernier dans un message publié sur son compte Twitter, en révélant qu'il souffrait d'une spondylarthrite ankylosante, maladie chronique qui se traduit par des douleurs articulaires. Comme un symbole, Armindo Fonseca a raccroché à l'issue du Tour de Vendée. Une course où il avait remporté, en 2014, sa deuxième et ultime victoire au sein du peloton professionnel. Quelques jours après ses adieux, il s'est confié à Cyclism'Actu.

Tour de Vendée 2014 - Armindo Fonseca après sa victoire

 

Armindo, comment avez vous vécu votre dernière course samedi ?

C'était très émouvant de mettre son dernier dossard, de mettre son dernier cuissard en tant que professionnel. C'est plein de petites choses qui sont très émouvantes. A l'arrivée, c'est la joie. Il y avait beaucoup d'amis, beaucoup de personnes. C'était à la fois émouvant et joyeux.

 

Vous avez passé huit années passées chez Fortuneo-Samsic, c'est devenue une vraie famille pour vous ? 

Oui bien sûr, j'ai passé des merveilleux moments, que ce soit avec des assistants, des mécanos, des kinés... Je me suis vraiment attaché à cette équipe et aussi beaucoup aux coureurs.

 

Votre maladie, la spondylarthrite ankylosante, ne vous empêche pas de faire du vélo, alors pourquoi décider d'arrêter ?

Je peux faire du vélo, mais sans trop forcer. Les crises apparaissent souvent dans des périodes où j'avais des objectifs, et c'était très dur à gérer. Souvent, je faisais tout bien, je faisais des stages en altitude, je faisais très attention sur l'alimentation, l'hygiène de vie, je faisais tout au millimètre et malheureusement, la crise arrivait souvent au moment de mon objectif. C'était très délicat de gérer ces périodes de crise car je ne savais jamais quand j'allais avoir des inflammations qui allaient se créer. Quand ce sont vraiment de grosses douleurs, je suis peut-être à 70% de mes capacités sur le vélo. En tant que sportif de haut-niveau, c'est déjà très dur à 100% alors à 70% ou même 80%, c'est impossible de faire de gros résultats.

 

C'est donc le fait de ne plus pouvoir être aussi performant que vous le souhaitez qui vous a conduit à prendre la décision d'arrêter ?

Oui, c'est très frustrant de ne pas se sentir à son niveau. Quand on fait du vélo, c'est pour essayer de gagner, se faire plaisir. Ces derniers temps, j'avais mal sur le vélo. Il y a aussi le regard des autres. Certains se posaient des questions en se disant "il n'est pas super" ou "il n'est pas performant", sur des courses qui me convenaient normalement. Même le regard des autres n'est pas facile quand on est sportif de haut niveau et quand on n'est pas, entre guillemets, à sa vraie valeur.

 

Beaucoup de personnes ont loué votre professionnalisme et votre sympathie quand vous avez annoncez la fin de carrière. Y-a-t-il un témoignage particulier qui vous a marqué un peu plus que les autres ?

Il n'y en a pas un en particulier mais c'est vrai que j'ai été touché par les nombreux messages. Que ça soit Julian Alaphilippe ou Romain Bardet, tout le monde m'a envoyé des SMS ou des messages via les réseaux sociaux. C'est très touchant. Même les amateurs. J'ai été touché par beaucoup de personnes, et aussi par des personnes qui sont atteintes de cette maladie et qui se sont identifiées à moi. C'est aussi très touchant. 

 

Maintenant que c'est terminé, comment jugez-vous votre carrière ? Vous êtes satisfait de ce que vous avez réalisé ?

Oui et non. On veut toujours faire mieux, on peut toujours faire mieux. J'ai disputé trois Tours de France, j'ai deux victoires chez les professionnels et peut-être 15 podiums chez les pros. J'aurais aimé gagner plus de courses, ça c'est sûr, mais déjà quand j'étais amateur, mon rêve était de passer pro. Et quand je suis passé pro, c'était de pourquoi pas faire le Tour de France, et je l'ai fait trois fois. Après, quand tu fais du vélo, c'est pour gagner, et j'ai gagné deux courses, mais c'est sûr et certain que si j'avais pu faire mieux, ça aurait été encore plus beau.

 

De quoi êtes-vous le plus fier ? Votre victoire sur le Tour de Vendée 2014, vos trois participations au Tour de France, le fait d'avoir dépassé votre maladie, ou autre chose ?

Je pense que ce sont vraiment ces trois choses. C'est un tout. C'est d'avoir gagné, d'avoir disputé le Tour, et d'avoir fait du vélo en me battant quand j'étais parfois en période de crise. Je suis fier de ces trois choses-là.

 

Quel est le coureur qui vous a le plus impressionné parmi vos coéquipiers durant ces huit années ?

Je pense que c'est Pierrick Fédrigo. Déjà par sa sympathie, mais aussi par son talent. On avait l'impression qu'il ne forçait jamais. Il avait un coup de pédale assassin comme on dit dans le milieu ! Il m'avait vraiment épaté.

 

Comment envisagez-vous votre reconversion désormais ?

Pour l'instant, j'ai des idées, mais il faut que je mette tout à plat, que j'en parle autour de moi et que je vois si c'est faisable. J'ai des idées. Je ne peux pas vous dire maintenant ce que je vais faire, mais j'aimerais rester dans le sport.

 

Un dernier mot sur l'avenir de l'équipe Fortuneo-Samsic. Vous êtes confiant pour la saison prochaine, avec notamment l'arrivée d'André Greipel ?

Oui, Greipel est une valeur sûre. Je pense qu'avoir un coureur comme André Greipel dans l'équipe va aussi pousser des coéquipiers, permettre à certains coureurs de se surpasser. Greipel est un coursier, je ne pense pas qu'il soit là pour ne faire que deux ans et se la couler douce. C'est un champion donc je ne pense pas qu'il soit comme ça. Je souhaite le meilleur maintenant à l'équipe Fortuneo-Samsic et j'espère qu'ils vont faire de belles choses. J'ai des amis dans l'équipe et j'espère qu'ils vont s'épanouir l'année prochaine.

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Publié le par Quentin BALLUE