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ITW - A. Cordon-Ragot : 'Le WorldTour n'a rien changé' Photos : Thomas Maheux / FFC / @AudreyCORDON

ITW - A. Cordon-Ragot : "Le WorldTour n'a rien changé"

 

Vesoul 2016 - Le titre d'Audrey Cordon-Ragot sur le chrono

Déjà sacrée en 2015, Audrey Cordon-Ragot a remporté un deuxième titre de Championne de France du contre-la-montre consécutif à Vesoul. La Française de 26 ans, également troisième de l'épreuve sur route, s'est confiée à Cyclism'Actu. La pensionnaire de l'équipe Wiggle High5 revient sur les objectifs de l'écurie britannique sur le Giro Rosa et nous confie également ce qu'elle pense du WorldTour féminin. 

 

Vous avez réalisé le doublé sur les Championats de France de chrono. Vous pensiez cela réalisable ?

Bien sûr, j'avais confiance en mes chances de faire le doublé. La seule interrogation que j'avais était "comment sont mes adversaires ?". J'avais vu qu'Edwige Pitel, Aude Biannic et Élise Delzenne avaient eu l'occasion de se tester sur quelques contre-la-montre contrairement à moi qui n'avais fait jusque-là qu'un prologue. Mais, au final, notre premier concurrent c'est nous-même et, ce jour-là, cela a été une terrible bagarre contre moi-même.

 

Comment s'est passé ce chrono ?

J'avais prévu de gérer la première partie de course, qui était très difficile, et de perdre le moins de temps possible sur mes adversaires. À mi-parcours, je n'avais concédé que 10 secondes à Edwige et je voyais Aude quelques centaines de mètres devant moi. La deuxième partie était mon terrain de jeu, j'ai pédalé aussi fort que je pouvais sans trop réfléchir car, si tu commences à penser, la douleur, la chaleur et l'asphyxie prennent le dessus et t'empêchent d'appuyer.


Ce titre vous donne-t-il plus d'ambitions pour le contre-la-montre des Jeux Olympiques ?

Oui, cela me rassure car, désormais, je suis rassurée quant au fait qu'un contre-la-montre difficile est dans mes cordes. Ces Championnats de France ont été un super test.

 

"Je n'ai pas assez cru en moi"

 

Vous avez terminé troisième sur l'épreuve sur route, êtes-vous satisfaite ?

Je savais qu'Edwige était en forme par les résultats qu'elle a obtenu le week-end passé en Italie. Elle a tactiquement très bien joué et moi je n'ai volontairement pas bougé quand elle a attaqué car j'estimais que ce n'était pas à moi de faire l'effort. Maintenant, je regrette un peu car tout le monde était cuit et finalement j'avais une chance de rentrer sur elle dans la bosse. Je n'ai pas assez cru en moi.


Quel bilan tirez-vous de l'instauration du calendrier WorldTour féminin à mi-saison ?

À mon humble avis, le calendrier World Tour n'a rien changé si ce n'est stéréotyper les courses avec le retour de l'oreillette. Je suis quelqu'un de tactique et je n'aime pas être dirigée comme dans Cycling Manager. J'aime prendre mes propres décisions et utiliser mon cerveau.

 

"Le Giro Rosa ? Dix jours d'enfer !"

 

Que pensez-vous de votre saison 2016 jusqu'à présent ?

Mon début de saison a été mitigé, j'ai fait face aux problèmes des sélections olympiques au sein de mon équipe. C'est toujours le même problème lors d'une saison olympique : tout le monde veut performer, marquer des points et moi j'ai gardé ma ligne de conduite en respectant mon rôle d'équipière quand d'autres se cachaient pour décrocher une dixième place. J'ai tout de même répondue présente sur les courses que je m'étais mise en tête mais j'ai joué de beaucoup de malchance notamment sur la Flèche Wallonne ou encore sur le GP de Philadelphie. C'est le jeu, ça fait partie du vélo.


Quels sont les objectifs de l'équipe Wiggle High5 sur le Giro Rosa ?

C'est la plus grande course à étapes du calendrier. Je ne sais pas pourquoi il y a un tel engouement de la part des filles pour ce Tour, moi je trouve que c'est plutôt 10 jours d'enfer ! Non mais, plus sérieusement, nous venons en Italie pour gagner le général dans un premier temps. Pour moi, c'est l'opportunité de bien travailler avant les Jeux, de m'affûter et, pourquoi pas, d'aller chercher une étape.


Quel sera votre programme après le Tour d'Italie féminin ?

Après le Giro Rosa, nous serons en stage avec l'équipe de France puis je participerai à la Course by Le Tour. Ensuite, ce sera le grand départ pour Rio. Les Jeux Olympiques sont une course à part, tout peut arriver alors je m'y prend à rêver.

 

Propos recueillis par Valentin Nunes pour Cyclism'Actu.

 

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Publié le par Valentin NUNES