Interview
Laszlo Bodrogi : « Je ne suis pas encore cuit ! »
Par Renaud Breban
Publiée le 23/08/2012 à 20:30
Alors qu'il va fêter ses 36 ans à la fin de l'année, Laszlo Bodrogi, ancien vice-champion de France du contre-la-montre, est à la recherche d'une équipe pour la saison prochaine. En effet, Phil Southerland, manager de la formation Team Type 1 Sanofi, a annoncé se défaire de certains coureurs, dont le quatuor tricolore (Julien Antomarchi, Rémi Cusin, Julien El Fares et lui-même), à la suite notamment du retrait de Sanofi du projet cycliste américain. L'Hongrois de naissance, et le Français de coeur, très expérimenté, sait qu'il peut encore beaucoup apporter dans une équipe professionnelle. Que ce soit pour ses qualités de rouleur, l'expérience qu'il peut apporter aux jeunes espoirs du peloton ou encore sa hargne à se faire mal sur le vélo pour ses leaders. Contacté par téléphone, Bodrogi revient sur l'actualité chaude de son équipe et de son avenir, mais aussi de sa carrière faite de hauts et de bas. Entretien.
Tout d'abord, Laszlo, comment allez vous ?
Je vais bien, merci. Je me sens en bonne forme et les jambes répondent assez bien en cette fin de saison, notamment actuellement sur le Tour du Poitou-Charentes avec en prime une belle troisième place sur le contre-la-montre.
Pour commencer, parlons de l'actualité chaude de votre équipe, la Team Type 1 Sanofi. Apparemment, Phil Southerland, votre manager général, souhaite avoir dans son équipe, en 2013, que des coureurs diabétiques. Qu'en pensez-vous ?
Pour le moment, je dois vous l'avouer, je n'ai pas eu la confirmation de cette nouvelle, en tout cas celle qui affirme qu'en 2013, l'équipe sera à 100% composée de coureurs diabétiques. Ce qui est certain, c'est le retrait du sponsor Sanofi. En effet, le sponsor s'est quelque peu désengagé du projet cycliste ce qui oblige la refonte de la structure de l'équipe américaine et donc la rupture de nombreux contrats...
« Le cyclisme, c'est toute ma vie »
D'ailleurs, vous, comme tous les autres coureurs français (Julien Antomarchi, Rémi Cusin et Julien El Fares) sont libres de tout contrat en 2013.
Oui, mais nous ne sommes pas les seuls dans ce cas là. Nous devons désormais, alors que la saison n'est pas finie, déjà chercher une équipe pour l'année prochaine. Pour ma part, j'ai contacté de nombreuses formations, mais je n'ai encore eu aucune réponse. Je garde tout de même espoir.
Âgé de 35 ans, vous n'avais pas peur de faire "la saison de trop" ? Qu'est ce qui vous motive à monter sur le vélo tous les jours ?
Pas du tout. Je sais que j'ai encore la force et l'envie de faire du cyclisme. Je peux affirmer que je suis capable de réaliser de belles choses sur le vélo, que ce soit de gagner ou me plier en quatre pour un leader. Je ne suis pas encore cuit ! Loin de là. Ce sport, c'est toute ma vie.
Racontez à nos lecteurs vos débuts dans le cyclisme...
Lors de mon enfance, j'ai suivi mon père qui a quitté la Hongrie pour rejoindre la France. Puis durant ma scolarité, j'ai voulu me tester dans plusieurs sports, comme beaucoup de jeunes à cet âge et j'ai vite accroché au cyclisme. C'est alors que j'ai décidé de rejoindre un club pour faire de la compétition et j'ai signé pour le club de Besançon.
« En 2000, je réalise mon rêve : signer avec une équipe professionnelle »
Ensuite, vous avez rejoint le CC Etupes et vous avez décidé de vous investir totalement dans ce sport.
Oui. Depuis tout jeune, j'ai réussi à lever les bras à plusieurs reprises, j'ai donc pris confiance en moi et après de nombreuses discussions avec mes parents, j'ai décidé de m'investir totalement dans le cyclisme. J'ai donc arrêté mes études lorsque j'étais à la Fac. En effet, c'était difficile de jongler entre les cours, les partiels et les entraînements...
En 1997, vous attirez déjà le regard de certains managers...
Cette saison, je finis 2ème de Paris-Roubaix Espoirs. Cela m'a permis de me faire remarquer et en août de cette année, je rejoins la Festina sous le statut de stagiaire. Mais après, vous connaissez l'histoire de cette équipe, les managers ont été licencié à la suite des nombreuses affaires de dopage et j'ai donc continué au niveau amateur.
C'est ensuite à l'âge de 24 ans que vous êtes engagé avec une équipe professionnelle : la Mapei.
Avec mes bons résultats, certains directeurs sportifs m'ont contacté et en 2000, je réalise mon rêve : signer avec une équipe professionnelle, la Mapei. A cette époque, l'effectif était composé de jeunes coureurs sur qui beaucoup d'espoirs étaient placés (Paolo Bettini, Fabian Cancellara, Oscar Freire, Leif Hoste, Rinaldo Nocentini, Luca Paolini, Filippo Pozzato ou encore Michael Rogers, ndlr).
« Devenir Français m'a facilité la vie »
La saison 2000 reste certainement l'une des plus belles de votre carrière, non ?
La Mapei ne voulait pas nous cramer les ailes et c'est pour cela, que même si nous étions professionnels, le staff nous alignait sur des courses espoirs comme le Tour de l'Avenir durant lequel je décroche une victoire d'étape. Mais mon principal souvenir de cette saison reste ma médaille de bronze lors des Championnats du Monde de Plouay. Avec mes dirigeants, j'ai été très bien préparé, j'ai travaillé sérieusement et cela a payé. C'était très prometteur pour la suite de ma carrière.
Vous participez en 2002 à votre premier grand tour : le Tour de France. Un grand moment pour un cycliste...
Certes, c'est l'une des plus belles courses du calendrier. J'en ai encore des frissons... J'aurai aimé être d'avantage au départ de la grande boucle (il y a participé à trois reprises, ndlr).
En 2007, vous êtes naturalisé Français. Pourquoi avoir fait ce choix ?
J’aurais dû changer depuis beaucoup plus longtemps, dès que je le pouvais, ça m'aurait facilité la vie. On l’avait envisagé lorsque mon père travaillait en France, mais après on est reparti en Hongrie. Lorsque vous êtes étranger, on vous demance sans cesse les papiers, notamment pour le renouvellement du titre de séjour. Mais cela me dérangeait beaucoup plus lorsque j'étais minime car on doutait toujours de mon âge, c'est pour cela qu'on me demandait sans cesse les papiers.
« A la Katusha, l'ambiance n'était pas bonne... »
Après un passage au Crédit Agricole, vous rejoingnez la Katusha. Apparement, vous en gardez de mauvais souvenirs...
Tout d'abord, à la fin de la saison 2008, je me casse le tibia et le péroné, conséquence d'une lourde chute sur le Tour d'Allemagne. J'ai mis plus de huit mois pour réintégrer le peloton professionnel. Quand j'ai signé le contrat avec la Katusha, j'étais motivé car je rejoingnais de nombreux coureurs qui roulait avec moi au début des années 2000 avec la Mapei (comme Filippo Pozzato, ndlr), mais je me suis trompé. L'ambiance n'était pas bonne, ce fût une mauvaise surprise... Le staff me mettait la pression alors que je sortais d'une grosse blessure. Je n'ai vraiment pas aimé cette partie de ma carrière. Alors, dès la fin de mon contrat, j'ai rejoint la TT1.
Sous ce maillot, vous récoltez quelques places d'honneur (5ème à Paris Tours, etc.)...
Oui, comme je l'ai déjà dit, j'ai encore la forme. Je suis là pour montrer le plus le maillot et on sait tous battus pour que notre équipe soit invitée sur des courses World Tour, mais c'est par moment dfficile. Durant ces deux saisons, j'ai profité de chaque occasion pour essayer de me montrer.
Quand vous repensez à votre carrière, avez-vous certains regrets ?
Cela ne sert à rien. Je me suis donné à fond durant ma carrière et de mon côté, je n'ai rien à regretter. Certes, je n'ai pas eu de chance avec par exemple la disparition du sponsor Crédit Agricole du peloton professionnel. A part cela, j'ai quelques remords... Celui notamment d'avoir été battu par des coureurs qui n'étaient pas clean. De nombreux cyclistes ont obtenu des meilleurs résultats que moi, en trichant, et cela a certainement joué sur ma carrière. Mais ça ne sert à rien de se lamenter.
« Je suis encore capable de me faire mal sur le vélo »
Comment voyez-vous la suite de votre carrière et de votre vie professionnelle ?
Etant sans contrat en 2013, j'espère que je trouverai vite une équipe qui me donnera confiance. J'ai encore la hargne, l'envie de bien faire et je suis encore capable de me faire mal sur le vélo.
Propos recueillis par Renaud BREBAN
Photos : Sirotti / Flickr (TT1)


















Commentaires
Wow moi je pensais qu il avait déja la quarantaine ..... il a que 36 ans ... (et encore je pense sa depuis quelques années) Ben non c est clair qu il est pas cuit et je pense que sa aurrait pu faire un bonne équipier dans un grandre équipe c'est un bon roulleur ^^Cedrino : il y a 265 jours
Allez Stéphane (HEULOT), voilà quatre valeureux coureurs (Julien Antomarchi, Rémi Cusin, Julien El Fares, Laszlo Bodrogui) pour pallier à la Razzia d'Yvon (SANQUER).Aerozeppelin : il y a 266 jours
Bel interviewKikou : il y a 267 jours
Moi, je le verrais bien dans la nouvelle équipe "IAM Cycling" ou il retrouverait Serge Beucherie, ancien DS du Crédit Agricole ;))))LLS : il y a 267 jours
Bodrogi ! Toujours aimé ce coureur ...HANS : il y a 267 jours
OUI, IL PEUT ENCORE RENDRE DE PRECIEUX SERVICES DANS UNE CONTI, OU CONTI-PRO , ne serait ce que pour former de jeunes rouleurs qui manquent au cyclisme françaisCIRCUS : il y a 267 jours
Belle ITW de l'autre célèbre franco-hongrois. Je le verrais bien chez Saur ou Bretagne l'an prochain ; sinon chez Lampre avec l'autre fraçais d'adoption Krivtsov.nicoportal : il y a 267 jours
interwiew intéressante, merci ! et un coureur de valeur, qui méritait mieux en effet, et que j'espère voir encore dans le peloton.izoard : il y a 267 jours
chez (SAUR) SOJASUN ? ? ?titi91940 : il y a 267 jours
ne t inquiete pas l ami tu est encore jeune pour un sanquer heulot ou le cure ag2rfefe : il y a 267 jours
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