Interview
Fred Grappe : " Ne pas avoir peur de se faire mal à la gueule "
posté par Alexandre Mignot le 06/05/2010 à 19h52

"Ca a été compliqué. Déjà pour trouver sa place dans ce milieu, quand on a pas été professionnel, tu ne connais pas le système et les gens, tu dois faire tes preuves"
Comment êtes-vous arrivé à la Française Des Jeux ?
On arrive toujours dans les équipes par connaissances. Tout d'abord je suis arrivé en poste à la Faculté de sport de Besançon dès l'été 1998. A ce moment là, j'ai travaillé avec Bernard Bourreau de l'équipe de France juniors. Il cherchait un endroit pour faire un stage et il est donc venu avec ses coureurs faire des tests ici, à Besançon. Il y avait Le Mevel et Geslin par exemple, c'est d'ailleurs étrange car 10 ans après j'entraine Christophe. Gérard Guillaume était le médecin de cette équipe mais aussi celui de la Française Des Jeux. Alors, il m'a dit que le Staff de la Française des Jeux recherchait un entraineur. C'était après les grandes affaires, ne l'oublions pas. C'était donc durant l'hiver 1999 et très tranquillement j'ai discuté avec les frères Madiot. Je prends officiellement ma fonction entre guillemets d'entraineur en janvier 2000. Entre guillemet, car c'était difficile au début, les coureurs s'entrainaient un peu tout seul. Un des premiers coureurs que j'ai entrainé c'est Stéphane Heulot. On a commencé à mettre en place un système avec les coureurs mais ça a été compliqué. Déjà pour trouver sa place dans ce milieu, quand on a pas été professionnel, tu ne connais pas le système, les gens, tu dois faire tes preuves. Mais le point positif c'est que le staff m'a toujours fait confiance sinon j'aurais probablement arrêté. Tout cela s'est décanté avec les victoires. Puis j'ai demandé à ce que l'on engage un entraîneur à temps plein dans l'équipe car avec mon travail a l'université, je ne pouvais être que consultant, ne donner que des conseils globaux à l'équipe. Donc Jacques Decrion est arrivé et lui va au devant des coureurs. Il va par exemple voir le coureur 3 jours chez lui et s'occupe spécifiquement de lui. On a été unes des premières équipes à faire cela. De plus les coureurs sont demandeurs de ce système.
Avez-vous eu d'autres sollicitations ?
Bien entendu j'en ai eu. Dans ce milieu là, on ne débauche pas les gens directement. On ne nous appelle pas au téléphone pour nous dire " pourrais-tu venir ? ". On a les informations indirectement ou on nous le fait comprendre. Mais très honnêtement les projets que l'on m'a proposés ne me tentaient pas du tout. Je suis depuis plus de 10 ans à la Française Des Jeux car j'arrive, avec les autres membres du staff et avec les coureurs, à améliorer le système. Tant que ça avance, je préfère rester ici plutôt que d'aller dans une autre équipe où le modèle ne me convient pas.
Quel est votre rôle en fait ?
J'ai un double rôle. Je donne des conseils techniques quand je discute avec Marc Madiot et avec les personnes du staff technique. J'ai aussi un rôle de conseils auprès des coureurs. Tout coureur de l'équipe peut m'appeler à tout moment, et me demander ce qu'il veut. J'essayerai alors de répondre à ses attentes. Je n'en suis cependant que quelques' uns de manière très pointue. Je ne peux pas le faire avec tous, car je ne pourrais pas m'y consacrer pleinement.
Comment arrivez vous à concilier les deux bouts de votre vie professionnelle, entraîneur et travail d'enseignant-chercheur ?
J'ai une grande chance car le travail que je fais à l'université est axé sur l'optimisation de la performance et surtout en cyclisme. Mes deux métiers sont complémentaires. D'ailleurs cela m'aide beaucoup car j'ai accès à certaines choses que je ne pourrais pas avoir si je ne ferais qu'un seul des deux.
"L'idéal c'est quand il y a une relation entraineur-entrainé très complémentaires et où tout se discute ensemble"
Quels sont les modèles d'entraînement ?
Surtout, je refuse de faire du copier-coller. Chaque coureur est différent. Il faut comprendre comment le coureur fonctionne. A partir de là, voir comment on peut y apporter une amélioration. Il y a alors trois solutions. Les coureurs qui ont un modèle très fermé et qui ne veulent pas vous faire entrer dedans. Ils ont du mal à accepter que quelqu'un leur donne des conseils, mais on intervient tout de même quelques fois lorsqu' ils ont des questions. Ensuite, il y a ceux qui vous laissent entrer dans leur modèle mais où on ne contrôle pas l'intégralité. On n'est plutôt là pour éviter les conneries, pour lui dire " attention à cela, fais plutôt comme cela". On essaye d'améliorer son fonctionnement en y ajoutant des petites retouches par-ci par-là. Enfin il y a les coureurs qui t'ouvrent tout et qui te disent "On reprend à zéro. On revoit tout, on reconstruit tout". Là, c'est l'idéal car il y a une relation entraîneur-entraîné qui est très complémentaire et tout se discute ensemble. Vous êtes dans un modèle qui se bonifie avec le temps et qui se construit avec une relation. Pour résumer, chaque coureur à sa manière de fonctionner. On ne peut pas appliquer la même méthode à tout le monde.
Marc Madiot vous demande-t-il de vous axer sur des coureurs en particuliers ?
Ca ne se passe pas vraiment comme ça. Déjà lors d'un entretien je connais 90% du modèle de fonctionnement d'un coureur et ce qu'il sera possible de faire avec lui. A partir de là ce n'est pas Marc Madiot qui décide, c'est plus au coureur de savoir ce qu'il veut. On ne peut pas obliger un coureur à travailler avec un entraîneur s'il ne le souhaite pas. Mais de plus en plus, avant de recruter les coureurs on essaye de savoir s'ils entreront dans l'un des deux "meilleurs modèles". On préfère ne pas prendre d'électron libre. De toute façon on se rend compte qu'il y a une forte relation entre le suivi de l'entraînement et la progression du coureur. Tout seul, le système est plus chaotique. De plus en plus, les coureurs de l'équipe sont suivis.
Quels coureurs ciblez-vous particulièrement ?
Avec Jacques, on se "partage" les coureurs en quelque sorte. Hutarovich par exemple, qui va passer tout à l'heure d'ailleurs, je le suis quotidiennement. Mais Jacques s'en occupe également, on est complémentaires tout les deux. Sinon les coureurs que je suis particulièrement c'est Le Mevel, Ladagnous, Offredo et Bonnaire, Gudsell. Pour Casar c'est plus des conseils généraux par moment. Tous les autres je suis un peu plus en retrait, c'est plus Jacques s'en occupe. Mais Thibault Pinot qui est dans la région, vient quand il veut par exemple. Néanmoins aujourd'hui, je préfère suivre moins de coureurs mais me placer dans un entraînement plus serré et le faire vraiment à 100%.
"Au jour d'aujourd'hui, ce que l'on sait c'est qu'il (Le Mevel) est plus fort physiquement en montagne que l'année dernière. L'écart avec Contador, Valverde etc... a diminué"
Les classiques viennent de s'achever, quelles conclusions tirez-vous par rapport aux résultats de l'équipe ? (Ndlr : Vaugrenard 14ème sur Liège-Bastogne-Liège, 28ème sur L'Amstel, Le Mevel 14ème sur La Flèche Wallonne)
On est un peu frustrés. On a des résultats moyens. Il nous manque des points UCI mais pour en avoir il faut être dans les 10 premiers d'une course Pro-Tour. On marche très bien par contre dans les courses par étapes. Encore troisième au classement par équipes au Tour de Romandie avec aussi Thibault Pinot meilleur grimpeur. On a une bonne équipe mais il faut être dans les 5-10 premiers. On est un peu moins bien structuré sur les classiques. Guesdon est encore un bon capitaine de route qui apporte une expérience extraordinaire. Il nous manque un coureur en pleine force de l'âge. Offredo est en pleine formation, c'est un coureur d'avenir. A partir de là, si l'équipe repart pour 4 ans, on fera certainement une restructuration de l'équipe an niveau des classiques sachant que l'on a déjà bien progressé sur les courses par étapes. Il nous manque ce coureur qui peut faire la différence sur les classiques. Nous on est dans le deuxième peloton, c'est à dire plutôt top 10 - top 20 que top 5 - top 10.
Êtes-vous satisfaits de la forme affichée par Christophe Le Mevel ?
Comment dire... Il n'a pas de chance cette année. Il a plein de petits pépins. On a voulu qu'il fasse un bon Paris-Nice, ce qu'il fait d'ailleurs. Malheureusement il tombe deux fois. Plus tôt, il gagne le Tour du Haut Var avec une attelle sur le doigt, car se l'étant pris dans le rayon. Au tour du Pays-Basque, il a été victime d'un gros problème d'allergie, il ne pouvait plus pédaler, il avait le pied gonflé. Il a abandonné. C'était son premier abandon depuis 1 an et demi. On a fait une coupure. Il a bien repris à la Flèche Wallonne même s'il était frustré. Bien placé au pied il aurait pu faire un top 10. Il ne manque pas grand chose. A Liège, il fait une belle course aussi mais il commet une petite erreur de tactique. Ce n'est pas grave mais il n'a pas beaucoup de chance. Alors que paradoxalement il est beaucoup plus fort que l'année dernière, les résultats ne sont pas là. Maintenant on entame la préparation pour le Tour de France.
Pensez vous qu'il soit apte à réaliser une performance similaire à l'année dernière sur le Tour ?
Au jour d'aujourd'hui, ce que l'on sait c'est qu'' il est plus fort physiquement en montagne que l'année dernière. L'écart avec Contador et Valverde entre autres a diminué. Ca se voit aussi avec les capteurs de puissance. Ca c'est le bon coté. Après il faut garder le mental, car quand on sait que l'on est bien mais que l'on ne fait pas de places, ça use. Mais ça fait partie du sport de haut niveau, il faut l'accepter.
Avec Sandy Casar en plus, la Française Des Jeux possède donc deux leaders visant le top 15 - top 10. N'est-ce pas un peu problématique ?
Non car il faut savoir que Casar et le Mevel s'entendent très bien. Ils sont complètement différents dans leur manière de courir mais ils s'entendent bien, c'est déjà un bon point. Côté vélo, on est plutôt content si en montagne on a deux coureurs ensemble, plutôt que d'avoir un Casar tout seul ou un Le Mevel tout seul. On sait que l'on ne va pas gagner le Tour mais si on peut faire un top 10 ou de belles étapes ça serait déjà très bien. De toute façon si les deux se retrouvent ensemble il s'aideront à coup sûr. Ils s'entendent bien ça ne posera pas de problèmes. L'avantage de Christophe est qu'il sait frotter, il court devant dans le peloton, Sandy a un peu plus de mal et reste plus à l'arrière.
"Certains disent qu'on les prend trop tôt. C'est vrai si on ne les suit pas mais quand on est derrière on voit qu'a 20 ans, Thibaut (Pinot) est au niveau Pro Tour en montagne."
Les coureurs français sont présents depuis le début d'année mais sur les courses majeures, ils sont un peu moins efficaces. Comment l'expliquez-vous ?
On a des très bons coureurs en France. Maintenant le vélo c'est une culture. Une culture de l'effort, ne pas avoir peur de se faire mal à la gueule. Dans la culture française en général, et ce n'est pas de la faute des coureurs, on n’applique peut être pas assez cette tendance à dire qu'il ne faut pas hésiter à faire des intensités et à "taper dedans". Aussi, la culture fait que l'on dit souvent "attention les jeunes on va les griller". D'ailleurs je prends l'exemple de Thibaut Pinot, on nous a reproché de le prendre trop jeune. Mais pourquoi on l'a-t-on pris comme pro ? Tout simplement parce que lorsque l’on voit les qualités de grimpeur qu'il possède, il n'a plus rien à faire chez les amateurs. Certains disent qu'on les prend trop tôt. C'est vrai si on ne les suit pas mais quand on est derrière on voit qu'a 20 ans, Thibaut est au niveau Pro Tour en montagne. c'est la même chose pour Arthur Vichot qui a tout à fait sa place en Pro-Tour. Dès qu'un gamin marche il faut tout de suite le mettre au haut niveau pour lui montrer ce que c'est. Je pense que trop souvent on traine un peu. La maturité chez un coureur, ça dépend tout d'abord du potentiel et non de l'âge, et il faut l'inciter à aller plus haut et ceci dès le début ! La question qui se pose également, c'est de savoir si les jeunes ont été aussi bien suivis ces 10 dernières années dans les équipes professionnelles qu'en amateurs. Là est peut-être aussi le problème.
Le problème c'est la transition entre amateur et professionnel ?
Oui c'est clair, la transition entre les deux est vraiment compliquée. Certains ont crus aussi se voir arriver trop vite. Après ça dépend aussi de la gestion de la carrière. Si on veut devenir performant, il y a des sacrifices à faire. Par exemple, le lieu habitation compte énormément. Il est nécessaire d’habiter dans un endroit ou l'entrainement sera efficace. Philippe Gilbert le dit lui même, depuis qu'il est parti à Monaco, il s'entraine sur des terrains qu'il ne trouvait pas en Belgique. Il a des qualités, et désormais il a aussi des parcours d'entrainement qu'il n'avait pas avant. C’est la même chose avec Christophe Le Mevel à Nice. Il trouve des cols qu'il n'y avait pas en Bretagne. Les jeunes français qui arrivent chez les pros commencent peu à peu à déménager et d'ailleurs moi j'incite fortement à le faire. Donc voilà, je pense que c'est une culture à adopter, une manière de fonctionner à prendre en compte et surtout il faut inciter le coureur à aller toujours plus loin. Il est important de ne pas aller au plus facile et faire réellement des sacrifices. C'est à dire se lever le matin et penser «vélo» à 100%, or beaucoup ont d'autres choses dans la tête.
"la plupart des mecs qui se font prendre pour dopage s'entrainent tout seuls, ce sont des électrons libres."
Le dopage par exemple, encore Pellizotti et Valjavec hier ? Vous qui êtes entraineur, qu’est-ce que cela vous inspire ?
Pour Pellizotti je ne suis pas étonné. Le Pellizotti du Giro 2009 et le Pellizotti du Tour 2009 c'est deux coureurs différents. Comme bien d'autres coureurs d‘ailleurs. Encore une fois, aujourd’hui, si les coureurs sont bien suivis au sein des équipes, comme on le fait maintenant avec les capteurs de puissance, on sait tout. Très honnêtement on n’est pas très loin du 0% de tolérance. Si on fait une enquête, la plupart des mecs qui se font prendre pour dopage s'entrainent tout seuls, ce sont des électrons libres. Très honnêtement entre nous, les entraineurs, on se connait. Ceux qui sont dans le milieu et efficace ne sont pas des personnes qui dopent les coureurs. Je prends par exemple Aldo Sassi qui bosse avec Cadel Evans notamment. Ce n’est pas un dopeur, c'est un mec qui fait son boulot de scientifique. L'entraineur qui suit, c'est une garantie pour l'équipe, une connaissance du coureur. Or, la plupart des coureurs dopés sont incontrôlés par les équipes. On les laisse faire ce qu'ils veulent. Le coureur est professionnel dans l'équipe et « grosso modo » il fait ce qu'il veut. Moi je dis non, l'équipe doit faire son travail. Or il y en a qui ne sont pas d'accord avec ça. S’il y a un très bon suivi du coureur on diminue la tolérance du dopage pour tendre vers le 0%.
Par rapport à un autre problème, les oreillettes, votre opinion ?
C'est très clair pour moi. Mais à mon avis, c'est une autre question qu'il faut se poser. Quel rôle veut-on donner au directeur sportif dans une course ? Dans tous les autres sports, toutes les équipes ont une personne pour donner des conseils. Au Football, au Basketball et même au Rugby via les oreillettes entre coachs. Alors je pose le débat. Veut-on un cyclisme avec un « chauffeur de voiture » qui passe des bidons et qui n’a aucun contact avec ses coureurs ? Ceci afin de retourner sur des courses comme avant ou il y a 20 voitures qui montent et descendent ce qui rend la course dangereuse ! Le directeur sportif ne servirait à rien pour moi. Mais pourquoi pas ? Cependant, on entre dans un système ou il ne faut plus les appeler directeurs sportifs mais plutôt assistants.
Ou sinon, veut-on un système où l’on préserve une certaine relation entre le directeur sportif et son équipe ? Est-ce que l'on accepte le coaching ? C'est toute la question. Alors comment ferait-on ? Peut être avec un capitaine dans l'équipe qui aurait une oreillette. Car je suis d'accord, c'est n’est peut être pas si bien que de voir que tout les coureurs soient appareillés mais n'est-il pas intéressant d’ avoir un coaching ? Le cyclisme n’est pas là pour reculer, on a quand même bien avancé. Si on continue on va prendre le vélo de Maurice Garin... Le débat n’est pas oreillettes ou non pour moi. C’est plutôt quel cyclisme veut-on pour demain. On a tout ce que l'on veut et d'un seul coup, on ne veut plus avoir un coaching. Dans ce cas, on arrive sur un cyclisme d'un autre modèle. Pour moi un bon coach, c'est prendre en considération le ressenti, la situation de ce qui se passe sur la course et qui a du recul par rapport à sa position dans la voiture. Alors si on l'enlève on va reculer sur beaucoup de points. Donc là je suis plutôt en désaccord avec Marc Madiot mais ce n’est pas grave, on a déjà discuté ensemble, il sait ce que j’en pense.
"Avec certains il y a des histoires, des moments forts, des tranches de vie qui peuvent être importantes".
Depuis 2000, vous êtes donc entraineur à la Française des Jeux. Beaucoup de coureurs ont dû passer par vos conseils. Quels coureurs vous ont marqué ?
Il y a des coureurs avec lesquels on crée des liens, d'autres beaucoup moins. Je ne citerai pas de noms parce que c'est délicat. Il y a des coureurs qui laissent plus indifférents que d'autres. Avec certains il y a des histoires, des moments forts, des tranches de vie qui peuvent être importantes. J'ai eu des situations ou par exemple un coureur qui était au fond du trou remporte quelques semaines plus tard une course de très haut niveau. Et là, c'est quelque chose de fort car tu sais par où est passé le gars, les moments de doutes, où il a fallut remonter la pente et il y a toute une histoire qui se crée. Une histoire forte qui devient importante. Et avec d'autres coureurs, c'est beaucoup plus lisse. Il y a des personnalités qui marquent également mais, encore une fois je ne citerai pas de noms, c'est un peu embêtant. On peut avoir des liens forts avec certains et un peu moins avec d'autres. Mais en tout cas je peux dire que cela enrichi vraiment l'entraîneur. Ils me font progresser également, quelque part je les remercie.
Vous avez côtoyé Philippe Gilbert pendant quelques années. Aujourd’hui, il explose littéralement. Quelle impression vous en avez ?
Je suis content pour Philippe. Je suis d'ailleurs peut être un des seuls entraîneurs à l'avoir un peu suivi. Philippe a un très bon modèle d’entrainement mais il ne te laisse pas trop rentrer dedans. Il demande des renseignements pour améliorer son modèle, mais jamais je n'ai pu rentrer dans son modèle de fonctionnement. Ce qui est intéressant avec Philippe, c'est que je me souviens avoir eu des discussions avec lui en lui disant « Si tu arrives à placer trois super cartouches dans une courses, mais des vrais cartouches et pas des escarmouches comme tu le fais, tu seras un très grand coureur car tu as de grandes qualités ». Et aujourd’hui, c'est ce qu'il se passe. J'en ai discuté avec lui il n'y pas longtemps, et il m'a dit « Aujourd’hui je m'économise, je sais rouler dans la roue de mes équipiers et ne pas prendre le vent. Des fois j'ai envie d'attaquer mais je ne le fais pas, je patiente, j'attends le bon moment» . Il a acquit de l'expérience, de la maturité. Je pense aussi qu'il a ingurgité toutes les discussions qu’il a pu avoir à gauche et à droite. Désormais, il tire trois cartouches dans une course, même deux, pas plus et il crée des différences impressionnantes. Alors qu'avant il en tirait sans arrêt dans tout les sens, mais des petites cartouches et il était grillé en fin de course. Mais il a toujours été un coureur attaquant, volontaire, qui aimait se faire mal à la gueule, qui ne se posait pas de questions. Il a un gros mental. c'est un tueur dans le bon sens du terme. Il a un mental d'acier. De plus, il a trouvé son terrain, il est concentré à 100% sur ses objectifs et il a trouvé le bon modèle, celui qui lui convient.
Enfin, vous avez sorti la deuxième édition de votre livre « Cyclisme et Optimisation de la Performance ». De quoi traite-t-il ?
C'est le même volume que le premier globalement mais avec 20% de modifications. Des chapitres ont été complètement refaits, il y a eu des ajouts aussi. J'ai également intégré à la fin une foire aux questions que j’avais mise sur mon site internet mais que j’ai mieux organisée dans le livre. Je pense qu'il est quand même bien plus complet que le premier. Je suis d’ailleurs en train d’écrire un deuxième livre qu’il faut que je finisse avant la fin de l'année...
Merci à Fréderic Grappe pour sa disponibilité et sa sympathie.
Propos recueillis par Alexandre Mignot le 4 Mai 2010
Credits Photo : Site internet de Frederic Grappe : www.fredericgrappe.com
Frederic Grappe se situe en bas à droite de la photo
Pour un suivi complet et ne rien manquer de l'actualité du cyclisme, suivez Cyclism'Actu sur
Facebook et sur
Twitter.
Lien
Proposer un article
Contact
RSS
Staff
Transferts
















Rodriguez en leader, Kreuziger explose
mavone le 23/05/2012 à 22h48