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Christophe Le Mevel : « Ce Giro me fait peur »

Interview - Christophe Le Mevel : « Ce Giro me fait peur »

Par Yohann Lossouarn
Publiée le 04/05/2011 à 21:40

Après des classiques bien négociées, c’est maintenant le Giro qui se profile devant le nouveau coureur de la Garmin-Cervelo, Christophe Le Mevel. Un Tour d’Italie que le français n’attaquera pas sans ambitions puisque celui qui sera le leader de l’équipe américaine en Italie vise le classement général. Et il fait, avec Cyclism’Actu, le point sur sa forme ainsi que son état d’esprit à l’approche de cette grande échéance.

Pour commencer, quel bilan faites-vous de votre campagne des classiques ardennaises ?

Je n'en ai fait que deux sur les trois, puisque je n'ai pas couru l'Amstel Gold Race. Pour la Flèche, je fais un résultat satisfaisant puisque je rentre dans les 10 en attaquant dans le mur de Huy. Ça c'est positif, Liège Bastogne Liège l'est un peu moins. J'avais les mêmes sensations que sur la Flèche Wallonne mais, malheureusement, il m'a manqué la dernière demi-heure de course. Je n'avais vraiment plus de force, sûrement suite à une déshydratation, j'avais beaucoup de crampes. J'ai craqué sur le plat, à 10 km seulement de l'arrivée. J'avais pourtant de très bonnes sensations pendant la course, c'est dommage. Au final, je fais quarantième à deux minutes mais c'est assez positif car je n'avais pas particulièrement préparé des classiques, je prépare le Giro à 100 %. Je n'ai pas fait des classiques des objectifs, je n'étais donc pas spécialement préparé. Je l'ai payé sur Liège Bastogne Liège car je n'avais pas fait de sortie de six heures et demie pour préparer cette course. C'est donc cela qui m'a manqué sur le final. Mais je suis content de mes classiques.

« Je savais que j'étais capable de faire dans les 10 » 

Les avez-vous prises comme une préparation pour le Giro ?

On ne peut pas dire que les classiques ardennaises puissent être une préparation puisque ce sont des courses très difficiles, et que tous les coureurs y vont pour faire le maximum. Mais c'est vrai que ce n'était pas mon objectif principal. Cependant, je savais que j'étais en forme et que la Flèche Wallonne me convenait bien alors que Liège est plus compliquée pour moi car je n'étais pas préparé pour cette distance.

Vous avez été en très bonne position dans le mur de Huy, y avez-vous cru un instant ?

Le problème c'est que quand j'ai attaqué, Gilbert a sauté dans ma roue. Et à partir du moment où il était dans ma roue, je savais que c'était impossible qu’il me laisse partir. Je savais aussi qu'il allait faire son effort ensuite. Mais je savais que j'étais capable de faire dans les 10 et s'il y avait eu un temps mort après mon attaque, que les favoris se soient regardés, j'aurais eu ma chance. Mais ça n'a pas été le cas.

Vous avez attaqué assez tôt dans le mur...

Non je ne pense pas avoir attaqué trop tôt, je pense avoir attaqué au bon moment. Après le deuxième virage, environ à 250 m de l'arrivée, je ne pense pas que ce soit trop tôt. Par contre, je n'aurais peut-être pas dû attaquer et rester dans les roues et plutôt attendre que d'autres attaquent et en passer quelques-uns dans le final. J'ai fait le contraire, j'ai attaqué et au final ce sont eux qui m'ont doublé. J'ai peut-être perdu deux - trois places. Mais je suis tout de même content d'avoir réussi à faire ce que j'ai fait.

« Il m'a manqué des kilomètres dans le final » 

Comment fait-on lorsque l'on n'est pas LE plus fort mais que l’on est assez bon pour jouer la victoire dans un mur comme celui de Huy ?

Justement ce n'est pas facile, il n’y a pas trop de choix. Soit vous faites comme moi en attaquant lorsque les leaders se regardent et cela peut parfois marcher. Soit on suit, mais dans un mur comme ça, il n'y a pas de place pour les outsiders, c'est toujours le plus fort qui gagne. Autrement, il faut partir en échappée mais sur la flèche Wallonne ce n'est qu'environ une fois sur 10 qu'une échappée arrive au bout. Sinon, tout se joue toujours dans la montée finale. Ce n'est jamais un inconnu qui gagne haut du mur de Huy.

Après cette bonne place sur la Flèche Wallonne, aviez-vous plus d'ambitions et de responsabilités pour Liège Bastogne Liège ?

Non, j'en avais autant. Pour la flèche, j'étais leader avec Ryder Hesjedal, comme sur Liège. Mais c'est vrai que pour Liège, j’étais plus motivé grâce à ma neuvième place du mercredi. Je voulais tenter de faire pareil mais il m'a manqué des kilomètres dans le final. Je pense que si j’avais préparé à fond les classiques, j'aurais peut-être pu le faire. Les sensations que j'avais étaient excellentes. Alors pourquoi pas l'année prochaine les préparer pour faire un top 10 sur Liège aussi...

Les classiques vous plaisent-elles autant les grands tours ?

Ça commence à me plaire. J'ai regardé l’Amstel Gold Race à la télé, j'avais envie d'y être. Liège Bastogne Liège est aussi une course très difficile qui se joue à l'usure car elle est très longue avec de nombreuses côtes. Ce sont vraiment des courses qui peuvent me convenir, cela me plaît beaucoup !

« Je suis content d'être à ce niveau »

Et dans quel état de forme êtes-vous à l'issue de la campagne des classiques ?

Très bien, je sors des classiques plus fort que je n’y suis rentré. J'ai encore une grosse semaine de travail à effectuer cette semaine chez moi, et après une semaine pour récupérer avant le Giro. Afin d’être dans un état de fraîcheur assez intéressant.

Vous êtes en forme ni trop tôt ni trop tard à l'approche du Giro…

Oui vraiment, je sais que je ne suis pas encore à 100 %, sinon j'aurais été avec les meilleurs dans le final de Liège ou en tout cas dans les 10-15. Mais je suis content d'être à ce niveau là maintenant.

« Il faudra puiser au plus profond de ses forces »

Allez-vous aborder le Giro avec l’objectif du général ?

Oui, l'objectif du Giro c'est de viser le général dès le début. Si je vois un moment donné que ce n'est plus possible ou bien que je prends un éclat dans une étape de montagne par exemple, je viserai plutôt une étape dans la dernière semaine et demie. Mais pour moi, l'objectif principal du Giro pour le moment, c'est le général. Même s'il y a des grands noms sur le Giro comme Rodriguez, Contador ou Nibali, cela va être d'autant plus intéressant, on vient donc avec cet objectif.

Sastre dit ne jamais avoir vu un parcours aussi difficile pour un grand tour, avec des cols très raides, des étapes très longues. Ce tour d'Italie vous fait-il peur ?

J'ai lu la même chose. (rires) Et c'est vrai que ce tour d'Italie fait plutôt peur, c'est un sacré parcours qu'on a là. Surtout pour ceux qui jouent le classement général, pour qui il faudra être présents tous les jours. Il faudra puiser au plus profond de ses forces. Évidemment, cela me fait un peu peur car il va être très long et extrêmement dur. Avec des cols très très difficiles, j’en connais certains…

« Il faudra toujours être vigilant »

Comment allez-vous vous y prendre pour jouer le général ? En essayant de prendre une fois une échappée comme vous aviez fait pour votre top 10 sur le Tour. Ou bien en jouant placé sur toutes les étapes ?

En fait, il va falloir que je fasse les deux ! (rires) Que je sois toujours placé sur les grosses étapes de montagne mais aussi pourquoi pas prendre une échappée un jour afin de grappiller quelques minutes et quelques places. C'est sûr qu'il va y avoir de gros écarts au général donc ce devrait être possible de prendre une échappée même si l'on est dans le top 20 voire top 15 au général pour repasser dans le top 10. Ce sera en fonction de la course. Mais si j’ai l'opportunité de me placer dans une échappée pour prendre quelques minutes, je n'y manquerai pas. En plus, c'est l'occasion de décrocher une victoire.

Il va falloir être vigilant tous les jours, afin de ne pas rater une échappée du style de celle de l’Aquila l'an dernier…

Oui exact, il y avait un grand nombre de coureurs et c'est le genre d'échappée qu'il ne faut pas rater. Il faudra toujours être vigilant car si une échappée telle que celle-ci se crée, c'est très intéressant d'être dedans.

Vous nous disiez en décembre être co-leader avec Daniel Martin, mais, étant donné qu’il ne participe pas, serez-vous le leader incontesté ?

Je serai le leader de l'équipe pour le général. Cependant, il y aura Tyler Farrar pour les sprints, David Millar en tant qu'électron libre pour aller chercher une victoire d'étape et briller sur les chronos. Mais pour la montagne, il y aura deux jeunes qui grimpent bien, même si le leader, ce sera moi.

Vous êtes nouveau dans l'équipe, et aussi le seul français, mais Garmin-Cervelo semble vous faire entièrement confiance !

Oui, c'est vrai que l'équipe à une totale confiance en moi. Ils savaient quel coureur j'étais lorsqu'ils m'ont fait signer dans l'équipe et que j'étais capable de faire des belles choses à la fois sur un classement général et les courses d'un jour type Flèche. Et avant la flèche Wallonne, j'ai bien marché au grand prix Miguel Indurain, ils ont alors eu une bonne image de mes aptitudes, et m'ont fait confiance vraiment très rapidement. Mais l’an dernier aussi j'ai montré, en faisant une bonne Vuelta en fin de saison sans vraiment le vouloir, qu'ils pouvaient compter sur moi.

« Le Zoncolan ? Je vais mettre un 36 dents ! »

Y a-t-il des étapes qui pourraient vous convenir particulièrement ?

Il y en a quelques-unes, comme celle qui arrive à San Pellegrino par exemple. Mais on va voir surtout au jour le jour et ne pas se focaliser sur une seule étape.

Comment allez-vous aborder le Monte Zoncolan ?

Ha, je crois que je vais mettre un 36 dents ! Car il y a en plus un col très dur avant et 210 km de course en tout. Ce sera l'étape reine de ce tour d'Italie, il faudra être au mieux et arriver en haut du Zoncolan le plus proche possible des meilleurs.

Le contre-la-montre en côte peut-il vous convenir ?

Je n'ai pas vraiment fait beaucoup de contre-la-montre de ce type, mais c'est sûr que c'est mieux pour moi d'avoir un contre-la-montre comme celui-ci que 50 km sur le plat. Il faudra donc être au maximum et perdre le moins de temps possible. C'est le genre d’épreuves où Contador et Rodriguez seront très forts. Je tenterai de limiter la casse, comme tous les jours.

Et le contre-la-montre de 33 km le dernier jour va-t-il être compliqué pour vous ?

C'est seulement sur 33 km, il devrait être très rapide, alors cela ne me désavantage pas trop. On perd moins de temps sur cette distance. Je pense que les écarts pour le général  seront déjà faits avant le dernier jour et Contador est mon favori pour celui-ci.

Propos receullis par Yohann Lossouarn. Merci à Christophe Le Mevel pour sa sympathie et sa disponibilité.

Photo : Team Garmin-Cervélo

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Vos Commentaires

 

Allez Christophe courage, et bonne chance. Je pense aussi que le Mével fonctionne beaucoup au mental (on l'a vu sur le dernier tour) et le fait qu'il ai la confiance de toute son équipe devrait jouer un rôle très positif. Moi j'y crois, dans les 10.15 premiers.

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lucho1961 : il y a 1276 jours

 

je pense que le Mevel va etre très fort sur ce giro et faire un top 15 et pourquoi pas une etape comme en 2005

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léo : il y a 1276 jours

 

Le Mevel est un très bon grimpeur, et je suis persuadé que s'il prend confiance il peut finir dans les 10-15 premiers, ce qui vu la concurrence serait très bien. En tout cas cela fait plaisir de voir un coureur français dire qu'il joue le général, car il y en a assez de voir les Français se concentrer sur une ou deux étapes...et plus rien en dehors de ça.

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MSJ : il y a 1276 jours

 

Personnellement, je ne préfère pas trop m'avancer sur les possibles résultats de le Mével, car il est capable du très bon comme du très médiocre. Mais pour sûr, ce sera le seul français avec Gadret qui peut faire quelque chose au général. Tout dépendra des circonstances de course.

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tienou : il y a 1277 jours

 

Exact Looping avec ses 61 kg Le Mével ne sera pas désaventagé bien au contraire. Dans les cols Italiens bien plus pentus que ceux de France Le Mével mais aussi Gadret pour les Français ont une carte a jouer. D' ailleur si on regarde les principaux favoris de ce Giro (Contador, Nibali Rodriguez, Anton, Scarponi...), ils font tous moin de 65 kg.

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Thomas : il y a 1277 jours

 

Je pense aussi que c'est faux, car il a prouvé sur la Flèche qu'il passe très bien les gros pourcentage (il lui faudra par contre s'accrocher sur la longueur d'un col). De plus il ne pèse que 61 kg. Je sens un bon top 10 pour lui. Vas-y Christophe ! Fais nous réver ! :D

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Looping : il y a 1277 jours

 

Faux, les cols italiens sont dur pour tout le monde, et Christophe à montré des choses qu'il n'avait pas souvent montré dans sa carrière. Je pense que le changement d'air lui à fait du bien. A lui d'exploité au mieux tout ces points positifs qu'il à et la confiance que lui donne Cervelo !

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Dodo : il y a 1277 jours

 

Yohann, trés belle interview ! Souhaitons un super-Giro à Christophe et puis L'Italie est un peu son pays de coeur, non ?

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moustic : il y a 1277 jours

 

j'ai bien peur que les cols italiens soient trop dur pour lui mais allez christophe !!

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hi : il y a 1277 jours

 

 

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