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Interview

Virenque : « Paris-Tours ? Ma victoire la plus surprenante »

Virenque : « Paris-Tours ? Ma victoire la plus surprenante »

Par Bertrand Latour
Publiée le 05/10/2012 à 19:36

C’est la dernière classique de la saison en France. Ce dimanche, se déroulera la 106 ème édition de Paris-Tours. Une course historique. Héros de cette histoire, Richard Virenque, vainqueur en 2001 après une échappée fantastique, conclue en solitaire, à accepter, pour Cyclism'Actu de revenir sur cette victoire. Aussi inattendue que singulière dans le coeur de Virenque. Le natif de Casablanca revenait, tout juste, de suspension et a arraché cette victoire au nez et à la barbe d'un peloton lancé à ses trousses. Posé, le septuple vainqueur du maillot à pois sur le Tour, a aussi balayé l'actualité cycliste. Il raconte ses coups de coeur de la saison. Et louange les nouveaux ambassadeurs du cyclisme français. 

Richard, vous avez remporté Paris-Tours, il y a maintenant 11 ans. Quels souvenirs gardez-vous de ce succès ?

Ca reste un grand souvenir. C'était mon grand retour à la compétition après ma suspension. Moi le grimpeur, qui s'impose en haute-montagne, et triomphe sur une des classiques les plus plates au monde, c'était un beau pied de nez.

Aviez-vous ressenti une émotion particulière au moment de franchir la ligne ?

Effectivement, cette victoire était particulière à de nombreux égards. Je revenais de suspension. Ce jour-là, j'ai réalisé un exploit car j'étais parti de très loin avec Jacky Durand et j'avais pu résister grâce à ma condition physique mais surtout avec mon mental. Il est clair que ça reste un souvenir énorme. Au quotidien, encore aujourd'hui, on m'en parle. Ce succès a marqué les esprits.

« J'étais un automate »

Richard VirenqueParadoxalement, n'est-ce pas votre plus belle victoire ?

Je ne sais pas si c'est la plus belle... J'ai aussi remporté de belles courses en montagne. Même si c'était sur mon terrain, il fallait le faire aussi. Paris-Tours c'est plat, il fallait résister au peloton. Il y avait beaucoup de vent lorsque j'ai gagné. Je dirais que c'est ma victoire la plus surprenante au vu de mes qualités physiques.

Pouvez-vous nous raconter cette dernière ligne droite, dans l'avenue de Grammont, avec le peloton à vos trousses ?

Quand je montais les petits raidards, avant l'avenue de Grammont, je sprintais. Je me disais "l'arrivée est au sommet, je donne tout". Je me suis boosté à fond parce que je savais que quelques secondes feraient la différence. Tous les virages, je les ai pris à bloc. Je me souviens que la moto de télévision était derrière moi, et non pas devant comme les Italiens ou les Espagnols peuvent le faire (rires). Le caméraman m'annonçait les écarts et m'encourageait. Je ne me retournais pas. Je ne sais même plus si les oreilettes fonctionnaient. J'étais un automate.

Paris-Tours n'a t-il pas perdu de son lustre d'antan ?

Cette course a perdu de son prestige. L'arrivée n'est plus au même endroit. L'épreuve n'est pas en World Tour, donc les meilleurs coureurs ne sont pas forcément tous présents. Beaucoup de choses ont évolué. Bien sûr que Paris-Tours restera toujours une belle épreuve. Mais, son importance n'est plus la même. Je regrette qu'elle ne soit plus au calendrier World Tour.

Quel regard portez-vous sur l'internationalisation du cyclisme ?

Ce n'est pas nouveau. Le vélo s'ouvre au monde. Dans quelques années, de nouveaux drapeaux fleuriront sur le bord des routes du Tour. L'internationalisation du vélo est un très bonne chose.

Richard VirenquePensez-vous que des Français sont en mesure de briller ce dimanche ?

C'est toujours compliqué à cette époque de l'année car la fin de saison approche. Il faut de la fraîcheur. Tout dépend si on assiste à un sprint ou si une échappée va au bout. Il est difficile de se risquer à un pronostic.

« Pinot, Chavanel, Voeckler, Rolland sont les ambassadeurs »

Sur cette saison, que retenez-vous ?

Je retiens la domination de l'équipe Sky. Les Britanniques ont frappé un grand coup que ce soit avec Wiggins ou Froome. Ils ont été impressionnants. Valverde m'a aussi fait forte impression. Il est revenu timidement sur le Tour avant de monter en puissance. Il a fait une grosse Vuelta. Au même titre qu'Alberto Contador, quel retour ! Il y avait du panache en prime. Les courses de l'année prochaine seront encore plus sexy. Le titre du champion du Monde de Gilbert est aussi un moment fort de la saison. Il ne lui manquait plus que ça. Son début de saison a été en demi-teinte. Et, comme d'habitude il termine très fort. Son titre est mérité. Joaquim Rodriguez a aussi été étincelant.

Et côté français ?

Thibaut Pinot, Chavanel, Voeckler et Pierre Rolland sont les ambassadeurs du cyclisme français. Thomas Voeckler a confirmé son statut, par rapport à ce qu'il avait déjà fait la saison dernière. Sylvain a été présent tout au long de l'année. Son titre de champion du Monde du chrono par équipes avec la formation Omega Pharma Quick Step est une consécration. Il a vraiment fait de beaux chronos cette saison. Quant à Rolland et Pinot, c'est la classe à l'état pure. Ils peuvent avoir de réels objectifs que ce soit pour le général ou les étapes sur le Tour.

« Je fonde de gros espoirs sur Pinot et Rolland »

La manière de gagner d'un coureur comme Wiggins, ça vous enchante ?

Wiggins me convient bien. Cette année, il manquait un peu d'adversité. Sur le Tour, s'il y avait eu Contador ou Valverde plus en jambes, la donne eût été différente. Le leader de la formation Sky sera le favori du prochain Tour mais il faudra qu'il compte sur les misssiles de Contador à tout moment. Par ailleurs, si le cyclisme français continue de progresser, nous avons de grandes chances d'avoir un Tricolore sur les marches du podium à Paris.

Justement, Pierre Rolland ou Thibaut Pinot ont-ils les épaules et le talent, selon vous, pour viser le général ?

Rolland a claqué deux étapes en deux ans. Il a déjà confirmé. Pinot me parait très compétent. Je fonde de gros espoirs en ces deux coureurs.

Propos recueillis par Bertrand LATOUR (avec Sébastien WAREGNE et Renaud BREBAN)

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Commentaires

 

Comment peut on encore demander son avis à un mec comme ça?

321zorro : il y a 243 jours

 

@hamburg 7 : Parcequ'il a avoué.

jb : il y a 250 jours

 

On parle beaucoup d'Amstrong et du dopage mais plus jamais de Virenque,pourquoi?

hamburg 7 : il y a 251 jours

 

Si des casseurs de baraque tels que lui sont satisfaits d'un tour à la Wiggins c'est à n'y plus rien comprendre...

cedabou : il y a 255 jours

 

Virenque et Gilbert sont des amis proches, du côté de Monaco...C'est pour ça aussi qu'il dit cela je pense.

Closer : il y a 256 jours

 

Pour Virenque la saison semble avoir commencé au tdf tout ce qui a pu se passez avant a été zappé . Un des plus grans moments de la saison fût l'extrordinaire printemps de Boonen sur les classiques pavées et son grand numéro à Roubaix . C'est désolant pour Tom de voir que ses prouesses soient si vite oubliée par certains . Le titre au championnat du monde de Gilbert a donc plus marqué Virenque que les grandes victoires de Tom Boonen ! Richard doit avoir la mémoire très courte ou peut-être que les grandes classiques ne représentent rien à ses yeux !

pat : il y a 256 jours

 

il parlait juste de Paris tours pas des courses en general

vince : il y a 256 jours

 

"Je me souviens que la moto de télévision était derrière moi, et non pas devant comme les Italiens ou les Espagnols peuvent le faire (rires)." OUCH... Virenque ne va pas se faire des amis chez les italiens et espagnols... d'autant que pour suivre des courses dans différents pays, je remarque ce les motos devant les coureurs sont présentent aussi en Belgique entre autres, et... en France. Et on ne voit pas tout puisque lorsque la télé montre les échappés elle est rarement sur le peloton, et inversement... Sans oublier que souvent les images coupent au niveau de l'arrière de la moto, même si parfois on la devine par un mini bout qui reste visible. Dans les espoirs pour les prochaines années, il y a beaucoup d'étrangers qui présentent un fort potentiel auxquels j'ajouterais pour les français : Bardet, Barguil, Bouhanni, Démare,... mais pour 2012 mon coup de coeur va à Pinot qui a confirmé ce que j'avais entrevu de lui l'an passé.

Chouchouduvélo : il y a 256 jours

 

 

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