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Van Londersele: « Si j'ai la chance de revenir, je reviendrai »

Van Londersele: « Si j'ai la chance de revenir, je reviendrai »

Par Alexandre Rolin
Publiée le 04/06/2012 à 19:30

Voilà plus d’un an qu’on n'a plus entendu ou aperçu Francis Van Londersele dans le milieu, depuis son éviction controversée de la Cofidis. Il était, pourtant, pendant longtemps l’une des figures emblématiques de la formation blanche et rouge. Aujourd’hui qu’est-il devenu ? Francis Van Londersele tente de revenir au sein d’un tout nouveau projet « L&H Cycling ». C’est derrière son écran de télévision pour suivre le prologue du Critérium du Dauphiné qu’il a bien voulu s’en expliquer avec Cyclism’Actu. Francis Van Londersele, véritable passionné, a définitivement tourné la page Cofidis pour prendre du recul, relâcher la pression et tenter de revenir plus fort que jamais à bientôt 59 ans. Etat des lieux avec un personnage phare du cyclisme de ces dernières années et qui se fait aujourd’hui progressivement oublier.

Francis, le projet « L&H Cycling », c’est du sérieux ?

Oui, bien sûr, on n’envoie pas des communiqués de presse dans la nature par hasard. « L&H Cycling » est un regroupement de 3 personnes avec lesquels on a monté une association. Lorsque l’on s’est rencontré, avec Benjamin Lemasson et Victor Hervé,  pour la première fois, on a bien accroché. Ils n’ont même pas 30 ans, ils sont très  enthousiastes, ils ont pleins d’idées et une pêche d’enfer. J’ai trouvé intéressant de mener un projet avec eux afin de leur faire profiter de mon expérience. J’ai la chance d’avoir vécu beaucoup de choses dans le cyclisme, je sais comment ça marche et on a déjà bien avancé. On a travaillé de nombreuses heures, le business plan est prêt et, maintenant, l’objectif c’est de lancer un projet sportif. Notre dossier marketing est très sérieux et nous avons fait le choix, via un communiqué de presse, d’annoncer publiquement que nous sommes à la recherche de partenaires. On a déjà fait pas mal de démarches, on a quelques contacts mais pour le moment rien n’est encore officiel. On ne peut pas clamer que nous serons là en 2013, mais il n’y a pas d’urgence. On prendra le temps qu’il faudra. On préfère bien faire les choses plutôt que de travailler sous pression pour être absolument prêt pour la prochaine saison. Si c’est pour 2014, c’est bien aussi.

Sous réserve qu’elle voit le jour, quel sera l’objectif de cette toute nouvelle structure ?

Dans un premier temps, l’objectif sera de monter une équipe en troisième division et de grimper progressivement les niveaux. On ne va pas se le cacher, aujourd’hui c’est difficile de trouver un budget pour rentrer directement dans le World Tour. On va donc commencer petit et gravir une par une les marches vers, je l’espère, les sommets. On a un beau projet et j’espère que des partenaires seront prochainement enthousiastes et nous donneront un bon coup de main. Je pense qu’on a de belles choses à faire, on est très motivé, il n’y a plus qu’a…

« Existe-t-il vraiment une période favorable ? »

Trouver des sponsors, c’est facile à dire, mais dans le cyclisme actuel c’est de plus en plus compliqué, de nombreuses équipes en ont fait les frais ces dernières années. Pensez-vous qu’un nouveau sponsor soit prêt à investir rapidement suffisamment d’argent pour mettre sur pied votre projet ?

Si on ne tente rien, il ne se passera rien. Si on ne demande rien, on ne nous donnera rien. Donc c’est à nous de nous bouger, de bosser comme il se doit pour attirer la confiance de tel ou tel partenaire. Aujourd’hui, c’est vrai, la période n’est pas vraiment favorable, mais existe-t-il vraiment une période favorable ? On peut se le demander… On ne peut pas attendre à ne rien faire et rester les mains dans les poches en se lamentant sur la crise actuelle. C’est à nous de prouver que l’on a des solutions pour aider le cyclisme. D’ailleurs, on ne recherche pas uniquement en France, c’est un projet qui peut très bien se lancer ailleurs en Europe. On est large dans notre recherche, donc oui c’est possible. Ce ne sera pas évident c’est certain mais rien n’est impossible. Chaque année de nouvelles équipes apparaissent, alors pourquoi pas nous ?

Actuellement, il y a 10 équipes professionnelles en France, avec la votre ça ferait 11, n’est-ce pas trop ? Difficile de lutter face aux grosses cylindrées internationales avec autant d’équipes, les meilleurs coureurs sont moins condensés…

On a pas mal de structures, c’est vrai, mais on en a que deux en World Tour. Ce n’est d’ailleurs pas dit qu’on en ait encore deux à l’avenir… Toutes les équipes n’ont pas les mêmes ambitions, toutes ne peuvent pas disputer le Tour de France. Je ne veux pas prétendre créer une équipe World Tour. Je veux juste commencer par une petite mais solide équipe qui soit capable de monter progressivement les échelons. Il y en a un qui a très bien réussi sur ce modèle là, c’est Stéphane Heulot. S’il l’a fait, d’autres peuvent le faire aussi. Il vaut mieux être dans un sport où il y a trop d’équipes que le contraire. S’il y a beaucoup de structures, c’est bon signe, c’est que le cyclisme ne se porte pas aussi mal qu’on veut nous le faire croire. Pour moi, plus il y a d’équipes mieux c’est. La France est un pays qui a une véritable culture du vélo et les équipes le lui rendent bien.

« Cofidis aime par dessus tout le cyclisme »

Donc votre page Cofidis est définitivement tournée…

Pour moi, oui, c’est fini depuis un moment. J’ai beaucoup œuvré au sein de la Cofidis, c’est vrai, mais aujourd’hui c’est fini. Cela appartient désormais au passé. Je n’ai pas toujours été bien compris, je me suis parfois mal exprimé et je n’ai pas toujours su trouver les mots. A l’époque, il y a eu un problème dans l’équipe et c’est moi qui en aie fait les frais. Quand on a des difficultés sportives dans une équipe, il se passe forcément beaucoup de choses en coulisse. Aujourd’hui, je suis parti totalement sur autre chose. J’ai d’autres ambitions et je suis en train de me lancer dans quelque chose de totalement nouveau et différent.

Malgré tout, l’histoire Cofidis perdure et vient de prolonger son sponsoring jusqu’en 2016. C’est plutôt un beau modèle de structure « à la française », non ?

Le sponsor est très fiable et aime par-dessus tout le cyclisme. Même si aujourd’hui les résultats ne sont pas toujours là, ils se bagarrent et s’accrochent. J’espère que les dirigeants de l’équipe feront bon usage de toute l’énergie que Cofidis veut donner dans le cyclisme. Si les résultats ne sont pas à la hauteur c’est parce que les décisions de certains n’ont pas été bonnes ou n’ont pas été prises à temps. Maintenant, ce n’est pas toujours évident de se remettre en cause... Toujours est-il que de voir une équipe qui dure dans le temps c’est toujours un plaisir et fait beaucoup de bien au cyclisme.

« Le cyclisme a changé »

Vous suivez toujours le cyclisme avec beaucoup d’intérêt, que pensez-vous du renouveau du cyclisme français ? Y-a-t’il encore beaucoup de choses à faire ou sommes nous enfin promis à un bel avenir ?

Il est évident qu’il y a une progression très nette. Il y a des coureurs qui sortent du lot et sont de véritables moteurs. Si la catégorie Espoirs continue de nous apporter autant d’excellents coureurs, il n’y a pas de raison qu’on ne réussisse pas à avoir les résultats que l’on attend depuis la retraite de Laurent Jalabert ou de Richard Virenque. Ce que j’espère c’est que ce ne sera pas qu’un seul coureur qui portera haut les couleurs de la France mais une génération toute entière. On sent qu’il y a véritablement un fourmillement à ce niveau là et qu’il ne manque pas grand-chose pour avoir ce petit déclic qui nous fait encore défaut. Depuis quelques temps, il y a de belles choses qui sont en train de se passer et je ne pense pas que ça va s’arrêter du jour au lendemain. Même si l’on commence à être un peu impatient, je pense que c’est mieux que ça se fasse petit à petit, dans le temps. C’est la preuve qu’il y a un véritable travail de fond et que l’on reconstruit tout depuis la base. Ça commence à payer et ce n’est que le début, je ne me fais pas soucis à ce niveau là. On va pouvoir compter sur nos petits jeunes très bientôt, j’en suis sûr.

Tant qu’on parle d’actualité, en ce moment, en plein Dauphiné et à l’approche du Tour de France, à quoi devons nous nous attendre ?

La place est belle pour les coureurs complets, ceux qui sont très bons en contre-la-montre et qui savent bien limiter les dégâts en montagne. Des coureurs comme Wiggins ou Evans sont forcément ceux qu’on devrait voir aux avants postes très prochainement. Je pense malgré tout que d’autres coureurs vont émerger comme Tony Martin ou du côté de l’Australie qui a de plus en plus de coureur à la pointe. Je pense que l’on est aujourd’hui dans un cyclisme plus complet qu’on ne l’était il y a encore quelques années. Il n’y a plus véritablement de grands grimpeurs mis à part Alberto Contador voire Andy Schleck. Quand on voit que Ryder Hesjedal gagne le Giro en étant proche des meilleurs mais sans jamais prendre l’ascendant sur ces adversaires, c’est bien la preuve que le cyclisme a changé et fait aujourd’hui la part belle aux plus complets. Beaucoup voudraient encore voir de grandes échappées au long court et des changements importants au général mais, aujourd’hui, ce n’est plus tout à fait ça. Il faut calculer ses efforts, on est dans un cyclisme de stratégie. Quelque part je trouve que c’est plus rassurant comme ça que de voir un cyclisme qui court dans tous les sens, où c’était certes très spectaculaire, mais surtout très controversé vis-à-vis du dopage. Le suivi dans la lute antidopage commence à porter ces fruits et il faut trouver un compromis entre le spectacle et la crédibilité de notre sport.

« J’ai toujours vécu à 100% pour le cyclisme »

On vous sent vraiment très impliqué et toujours très proche du monde du cyclisme malgré que vous ne faites plus parti du milieu. Ça ne vous manque pas trop ?

Non, ça ne me manque pas du tout. J’ai toujours été passionné par le vélo et les gens qui gravitent autour du cyclisme. Ce sont des personnes humbles et qui se remettent en cause très régulièrement, ce n’est pas ailleurs que l’on peut voir ça. Moi, j’aime ce sport par rapport à toute l’intensité qu’il provoque et à l’humilité qui en ressort. Même si je ne suis plus dans le milieu, au sein d’une équipe, je n’ai pas un manque de cyclisme car je continue de le regarder via ma télé ou les sites internet. C’est une passion, je suis né dedans et j’ai toujours vécu à 100% pour le cyclisme. Aujourd’hui, je le vis différemment, avec un peu plus de recul avec moins de stress. Une équipe c’est beaucoup de travail, beaucoup de pression et c’est peut être un mal pour un bien d’avoir pu lâcher un peu de lest. Si j’ai la chance de revenir, je reviendrais. Aujourd’hui, mes deux associés m’ont redonné de l’enthousiasme pour créer quelque chose de nouveau et j’ai envie de les aider à réaliser leur rêve.

Depuis votre éviction de la Cofidis et en attendant le lancement de votre nouveau projet, comment vous occupez-vous ?

Ce nouveau projet me prend déjà beaucoup de temps. Sinon, je fais du vélo régulièrement. Pendant les 17 années que j’ai passé dans le cyclisme, je n’avais jamais eu l’occasion, le temps d’en faire sérieusement. Je profite également de ma famille qui m’a toujours soutenu. J’ai aussi des relations avec ma région, la Picardie, pour qui j’interviens régulièrement pour l’organisation d’une course. J’ai également pu reprendre contact avec des gens que j’avais perdu de vue, faute de temps. Je vis avec beaucoup de sérénité et je suis très satisfait de ce que je fais aujourd’hui. Après, si j’ai l’occasion de revenir je ne la laisserai pas passer et je le ferai avec beaucoup d’enthousiasme, d’envie et de détermination.

Propos recueillis par Alexandre ROLIN

Photos : Courier picard / Cyclism'Actu

Bryton Poli STI France Zweeler

 

Commentaires

 

Quelle classe ce Francis Van Londersele !Sans compter que c'est un homme de terrain qui ne se la joue pas. Si tout le monde pouvait être aussi professionnel et charismatique, beaucoup de choses irait mieux, ça c'est sûr!

bettyboop59 : il y a 344 jours

 

je l'ai rencontré sur les courses, sympas et disponible pas comme Boyer j'espère qu'il réussira son projet.

olivier14 : il y a 346 jours

 

Françis, c'est tout simplement la simplicité, la rigueur et surtout la grande classe... Si seulement le milieu du vélo pouvait un peu le remarquer... Ce serait génial pour le cyclisme !

frist : il y a 346 jours

 

C'est bien parti pour que FVL aille faire son "marché" chez Cofidis puisqu'une "charette" se prépare! Je verrai bien certains membres du staff tentés par de possible "retrouvailles" avec FVL... Non?

François Pignon : il y a 346 jours

 

J'avais eu la chance de le rencontrer sur le tour en 2005 à Revel, une gentillesse rare. Je crois les doigts pour son projet, surtout si il pouvait prendre des gars comme Loubet et Daeninck qui sont en amateurs, y'a de quoi se faire une jolie petite équipe. Bonne chance Francis!

SilverArbulle : il y a 349 jours

 

UN GROS SOUTIEN A FRANCIS

toto : il y a 350 jours

 

Une itw de Roger Legeay dans le même état d'esprit à venir ?

Catri : il y a 350 jours

 

En relisant l'article je me suis aperçu que c'etait il y a un an? Je m'en souviens pas bizarement ^^, bref un petit rappel me ferait du bien =D

Valoche : il y a 350 jours

 

Exusez moi, ca fait seulement 2-3ans que je suis à fond le cyclisme bien que je le suivais avant mais pas avec autant d'intéret. Que s'est il passait et quand, chez Cofidis pour qu'il soit évincé s'il vous plait? Merci d'avance =D

Valoche : il y a 350 jours

 

En espérant que son projet aille au bout , ce sera bien pour aidé certains coureurs qui peinent a trouvé un team à la fin de l'année et a lancé des jeunes nordistes comme les frères Kowalski.

nicoportal : il y a 350 jours

 

Quesque je peux le regretter chez Cofidis .. Lui il avait l'amour de l'équipe. Et pas qu'un peut ...

Garmin-Cofidis76 : il y a 350 jours

 

Sans parler de son projet pour lequel il y a encore beaucoup de choses à faire il a une bonne vision du cyclisme et rien que pour ça il est surement plus compétant que certains et mérite à nouveau sa place

Fran6co : il y a 350 jours

 

Ce sont des gens comme lui qui font vivre le cyclisme.Sans équipe pas de coureur, pas de coureur pas de course.Bonne chance pour ce projet.

pouet-pouet : il y a 350 jours

 

Interview très intéressante, ça change, c'est bien. Monsieur Rolin est décidément dans tous les bons coups ! En espérant le revoir, il était de ce que je m'en souviens bien sympa et m'inspire plus confiance que Boyer. Bon courage !

Enzo : il y a 350 jours

 

 

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