Interview
Sylvain Chavanel : « Une grande joie »
Par Bertrand Latour
Publiée le 18/09/2012 à 19:47
Sylvain Chavanel est, depuis dimanche, champion du Monde en contre-la-montre par équipes avec sa formation Omega Pharma-Quick Step. A 33 ans, le Poitevin a inscrit une des plus belles lignes de son palmarès. Et, le Français a accepté de répondre à Cyclism'Actu, à la veille d'un autre évènement important, le chrono individuel. Le quadruple champion de France de la discipline revient sur le succès de son équipe et évoque ses ambitions pour l'effort solitaire de ce mercredi. Il évoque également son rôle, au sein de l'Equipe de France, pour la course en ligne, de dimanche. Entretien.
Sylvain, vous avez déclaré que ce titre de champion du Monde de contre-la-montre par équipes était une véritable "explosion de joie". L'euphorie est-elle retombée ?
Nous n'étions pas sur un petit nuage. On était tous très contents d'avoir accompli le travail collectif. On a fait quelque chose de sympa. C'était bien fluide, on a donné un bel exemple pour tout le monde. Belle expérience.
En étant champion du Monde, vous succédez en quelque sorte à Laurent Jalabert et Laurent Brochard, médaillés d'or en 1997...
Il ne faut pas comparer non plus. Les comparaisons ne sont pas opportunes. Je fais partie du groupe des champions du monde de chrono par équipes de l'équipe Oméga Pharma-Quick Step. C'était une belle expérience et à titre personnel, ça a été une grande joie. J'attendais depuis longtemps d'être dans un groupe qui roule vite dans cette discipline. J'ai toujours adoré l'épreuve du contre-la-montre. C'est une certaine fierté.
« Le niveau était très élevé dans le groupe »
Est-ce un petit regret qu'il n'y ait pas de maillot distinctif pour les champions du Monde de chrono par équipes ?
Pas du tout. Ce serait impossible de pouvoir le mettre. La médaille, c'est déjà pas mal. C'était bien non ? (rires)
Votre formation a surtout brillé par son homogénéité. Vous êtes arrivés à six....
Quand vous prenez les coureurs un par un, nous étions tous champions de contre-la-montre de différents pays, c'était une force. Forcément, même s'il n'y avait que six coureurs, le niveau était très élevé dans le groupe.
A titre personnel, comment vous êtes-vous senti sur cette épreuve ?
Je me sentais bien. J'ai bien participé au travail. Ca allait, même si il y a eu des passages où cela faisait plus mal que d'autres. Mais, c'était le cas pour tous les coureurs. En fait, tout simplement, on a bien géré l'effort.
« Je ne vais pas faire rêver les gens »
Quel saveur a cette médaille d'or, par rapport à un titre individuel ?
Encore une fois, c'est difficile de comparer. Je trouve ça beau, un succès collectif. Quand on entend Patrick Lefévère, qui dit que cette victoire est à mettre au même rang qu'un Paris-Roubaix ou un Tour des Flandres, cela peut suprendre mais ça prouve l'importance de cette épreuve. C'est un véritable travail collectif. Les six coureurs sont beaucoup mis en avant, mais on oublie de parler du staff, des mécaniciens.
Avec ce succès, les Mondiaux sont-ils d'ores et déjà réussis sur le plan personnel ?
Non, non. Je me dois de faire un bon contre-la-montre ce mercredi. Je ne vais pas faire rêver les gens, je suis honnête avec moi-même. Je fais partie des spécialistes de l'effort individuel, peut-être pas des purs spécialistes, mais j'ai beaucoup progressé. Je peux espérer une "placette". Ce serait magnifique de faire mieux. En tout cas, j'y vais avec une forte motivation.
Tony Martin est le favori du chrono de mercredi, vous a t-il impressionné lors de votre victoire par équipes ?
Il était parfait. Il n'y a pas eu un coureur plus impressionnant que l'autre. On était un collectif assez soudé. Le mec plus fort pouvait faire des relais plus longs. Dans un chrono par équipes, le but est de ne pas faire baisser la vitesse. Parfois, il y a un mec ou deux qui ne sont pas contents car le rythme est trop élevé, dimanche dernier, il n'y a pas eu un bruit dans notre équipe. On était tous concentrés sur la radio et ce que disait Tom Steels, le directeur sportif, comme informations. Dans les côtes, personne n'a trouvé que cela roulait trop vite. Le niveau était très haut.
« Déçu si je n'étais pas dans le top 10 »
Contador trouve le parcours du contre-la-montre individuel "pas assez dur", Tony Martin ne "l'aime pas". C'est bon pour vous...
Je peux dire la même chose alors (rires) ? Non, le parcours est magnifique. Il n'y a pas un mètre de plat. C'est vraiment difficile. Malgré les déclarations de Tony, je le vois bien faire quelque chose.
Est-ce qu'il peut vous convenir ce circuit ?
Oui, c'est les championnats du Monde. Comme l'a dit Contador, il fera partie aussi des favoris pour la victoire.
Quel est l'objectif pour vous ?
Je veux terminer le mieux possible... Je serais déçu si je n'étais pas dans le top 10. J'espère avoir les mêmes sensations que sur le Tour ou le Dauphiné pour pouvoir me rapprocher le plus possible du top cinq. Plus haut, ce serait encore mieux.
Justement, par rapport au Dauphiné et au Tour, Wiggins, Froome et Cancellara ne s'aligneront pas...
Sur le papier, on peut toujours refaire le monde. Il y a du travail à abattre avant de faire des discours.
« Il n'y a pas de revanche »
Vous êtes très prudent. Quand on regarde la liste des engagés, vous pouvez légitimement espérer une médaille...
Sur un chrono, tout peut se passer. Il faut vraiment être dans un grand jour pour faire un résultat. Les sensations sont là, je ne me suis pas caché dimanche dernier. Je n'étais pas été lâché du groupe. Si le jour J, les jambes ne sont pas bonnes, sur un parcours comme celui-ci, vous dégoulinez vite...
Est-ce qu'il y aura un sentiment de revanche par rapport à votre contre-performance aux Jeux Olympiques ?
Il n'y a pas de revanche. Je suis concentré sur ce que je dois faire. Les gens qui me supportent réellement savent que ma place aux JO ne rèflete pas mon niveau. J'ai passé l'âge de me motiver avec les critiques. Je fais du vélo pour moi.
Pour la course en ligne, pourquoi avez-vous hésité à participer ?
J'ai fait le contre-la-montre par équipes dimanche dernier, ce mercredi je m'aligne sur l'individuel. Depuis Montréal, j'ai fait maximum 3h30 de vélo. Le championnat du Monde de dimanche fera 270 kilomètres. Cela représente six ou sept heures de vélo. J'ai juste une appréhension sur le fait que j'arrive à tenir jusqu'au bout ou pas. De toute façon, ce n'est pas moi le leader de l'équipe donc je vais tenter de remplir mon rôle.
« Ce n'est pas plus mal que je sois caché »
Est-ce que cela vous dérange d'être à l'ombre de Thomas Voeckler ?
Pas du tout. Ca ne me dérange pas. Je pédale pour moi. Je ne roule pas pour être le numéro 1. Je fais du vélo pour avoir des résultats. Après, c'est une histoire d'étiquette, il n'y a rien de dramatique.
Allez-vous pouvoir jouer votre chance même si vous n'êtes pas le leader ?
Je vais faire ma course. Par contre, je serai plus opportuniste plus tôt dans la course. Je me découvrirai plus loin de l'arrivée. Je n'attendrai pas à tout prix les deux, trois derniers tours.
Laurent Jalabert disait, la semaine dernière, sur Cyclism'Actu, que ce rôle pouvait mieux vous convenir...
Je suis d'accord avec lui. C'est vrai que quand vous avez une étiquette dans le milieu, ce n'est pas facile. Il faut vraiment être costaud pour pouvoir tirer son épingle du jeu. Et quand vous êtes moins fort, vous n'arrivez pas à votre but. C'est pas plus mal que je sois plus caché.
Propos recueillis par Bertrand LATOUR (avec Sébastien WAREGNE et Emmanuel POTIRON)
Photos: Sirotti


















Commentaires
Oui n'importe quelle équipe aimerai le "faiblard" de Boonen ^^cy : il y a 272 jours
ALLEZ LES BLEUS!!!pouet-pouet : il y a 272 jours
Excellente interview de ce beau champion qu'est Sylvain Chavanel ! Je lui fais confiance pour faire honneur au maillot de l'équipe de France aux Mondiaux. Il a toutes les qualités pour. Sylvain est sur le pont depuis le Tour de San Luis au mois de janvier... Il en a à son actif des courses depuis, et ce n'est pas fini... Le CLM,appelé l'effort solitaire, porte bien son nom d'effort lorsqu'on voit les photos des visages sur le site de Cyclis'Actu. Une spécialité où on ne peut pas sucer les roues. Sylvain Chavanel, toujours beau sur le vélo. La classe !Chouchouduvélo : il y a 273 jours
Cy j'y ai pensé , mais Terpstra a echoué d'un rien face a Westra et du coup celui qui semblerait "faiblard" ce serait Tom Boonen ... Ca donne une idée ^^tomboonen : il y a 273 jours
"Quand vous prenez les coureurs un par un, nous étions tous champions de contre-la-montre de différents pays, c'était une force." Boonen et Terpstra ne sont pas champions de leur pays en CLM mais "que" sur route ...cy : il y a 273 jours
vraiment quelqu'un de bien ce chacha)) allez sylvain je te souhaite qq chose de grand avant la fin de la semainepaulo : il y a 273 jours
Allez chavanel tu va nous decroché une belle place aux chrono j'en suis sur. Courage Chavanel.alex31470 : il y a 273 jours
Belle interview. On sait ce que Chavava pense de lui et de sa forme. Le seul regret pour OPQS, ne pas avoir affronté l'équipe Sky avec Wiggins et Froome. Mais ils sont cuits. Nous, nous sommes là !OPQS-1 : il y a 273 jours
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