Interview
Interview - Samuel Sanchez : 'Je souhaite continuer en 2018' Photo : @BMCProTeam

Interview - Samuel Sanchez : "Je souhaite continuer en 2018"

À désormais 39 ans, Samuel Sanchez fait partie des vétérans du peloton. Ce qui ne l'empêche pas d'être performant. Vainqueur d'étape sur le Tour du Pays basque l'année passée, le coureur espagnol avait également terminé 4e de Liège-Bastogne-Liège et 6e de la Flèche wallonne. Cette saison, le natif d'Oviedo est passé tout près de s'imposer de nouveau au Pays basque au mois d'avril, avant qu'une chute ne l'emmène à terre dans le final de la 5e étape. Actuellement aligné sur la Route du Sud, il se prépare d'ores et déjà pour la Vuelta, le grand objectif de sa saison. Il y aura une revanche à prendre, lui qui était tombé lors du contre-la-montre disputé à deux jours de l'arrivée à Madrid alors qu'il occupait la 7e place du général. Le grimpeur de l'équipe BMC a accepté de répondre aux questions de Cyclism'Actu afin d'évoquer ses performances, ses prochaines échéances et son avenir.

Tour du Pays Basque 2016 - Samuel Sanchez vainqueur à Orio

 

À ce jour, vous n'avez pas encore signé de top 10 cette saison. Êtes-vous déçu de vos résultats ?

Je ne suis pas déçu. A partir de ma chute lors de l'étape reine du Tour du Pays basque, la récupération a été lente, longue. Ma condition physique n'était pas aussi bonne. Ensuite, j'ai travaillé sur le Tour de Californie et les Hammer Series. Concernant les Ardennaises, j'avais eu de bons résultats l'an passé mais je sortais d'un très bon Tour du Pays basque. C'était différent cette fois, je n'ai pas pu me préparer, monter en puissance en vue des Classiques comme je l'espérais à cause de ma chute et je n'ai pas pu faire aussi bien que l'année dernière. 

 

Vous avez-participé aux Hammer Series il y a deux semaines, quel retour faites-vous sur cet événement ? Pensez-vous que ce format de course puisse représenter le futur du cyclisme comme le souhaitent ses organisateurs ?

Je pense que c'est très spectaculaire pour les fans. C'est un format de course très attractif et il met en avant l'équipe plutôt que les individualités. Pour nous, les coureurs, c'est plutôt bien que cela se fasse en circuit, sur un même parcours. C'est une course à la fois divertissante et exigeante. Il faut être au top du début à la fin, pendant deux heures, et il faut être en très bonne condition pour pouvoir ramener des points à l'équipe. D'autre part, le cyclisme a une histoire : le Tour de France, les Classiques, etc. Personne ne va changer ça. Mais ce type de course peut représenter l'avenir du cyclisme dans des pays où il n'existe pas de tradition de ce sport, par exemple en Asie ou en Afrique. 

 

Qu'attendez-vous de la Route du Sud, une épreuve que vous disputez pour la première fois ?

J'espère avoir un bon coup de pédale, être là en montagne. C'est ma dernière course avant une période de repos qui m'amènera jusqu'à la Vuelta. Le parcours est très spécial pour moi cette année donc j'espère récupérer à 100% et y arriver avec de bonnes jambes. 

 

En parlant de la Vuelta, vous prendrez le départ de la course avec l'objectif d'un top 10 au classement général ?

J'aimerais bien, pour effacer ce qui m'est arrivé l'année passée ! J'aurais pu finir dans le top 5 mais j'étais tombé lors du dernier contre-la-montre et je n'avais pas pu repartir. Je vais essayer de me battre pour terminer le plus haut possible, c'est difficile mais pas impossible. J'ai montré ces dernières années que je pouvais accompagner les meilleurs coureurs du monde sur la Vuelta donc nous essaierons de nouveau d'être devant.

 

Vous ne regrettez pas de ne pas disputer le Tour de France avec Richie Porte ?

Non parce que notre équipe est composée de coureurs très forts, jeunes, qui marchent bien. Je préfère me concentrer sur la Vuelta pour être en mesure d'y faire de belles choses. Le Tour de France dure trois semaines, c'est une course qui exige d'être à 100% psychologiquement et physiquement. Il faut être en très bonne forme, cela reste la plus grande course du monde.

 

Qu'en est-il de votre futur ? Allez-vous prendre votre retraite à la fin de la saison ?

Je ne le sais pas encore. Pour l'instant, mon souhait est de continuer. C'est important d'aimer ce que l'on fait et je prends toujours du plaisir sur le vélo. Pour le moment, je profite de chaque jour et on verra.

 

Vous disputez actuellement votre 18e saison en tant que professionnel. Comment expliquez-vous votre longévité ?

La chose la plus importante est de rester enthousiaste, de ressentir de la joie en s'entraînant et en courant. Sans cet enthousiasme, c'est presque impossible de continuer dans le cyclisme. Je suis toujours resté très professionnel, très méthodique dans ce que je fais, en étant attentif à ma condition. Je pense que l'on voit le résultat aujourd'hui, j'ai 39 ans et je suis encore là à 100% aux côtés des plus jeunes pendant les courses. 

 

Votre compatriote Alejandro Valverde affiche lui aussi un parcours remarquable en termes de longévité. Les coureurs espagnols ont-ils un secret pour rester compétitifs aussi longtemps ?

C'est plus une question de génération que de secret. L'Espagne a connu une très bonne génération avec Carlos Sastre, Alejandro Valverde, Alberto Contador, Purito, etc. Cette génération approche de la fin, elle va s'arrêter d'ici deux ou trois ans mais d'autres coureurs plein de qualités vont suivre.

 

Quelle est la plus grande fierté de votre carrière ? Votre titre olympique à Pékin ou autre chose ?

Être champion olympique, c'est le graal pour n'importe quel sportif. C'est quelque chose de très grand. J'ai aussi eu la chance de monter sur le podium du Tour à Paris avec le maillot de la montagne en 2011 et j'ai terminé 2e du général en 2010, ce qui est super même si je n'ai pas pu en profiter*. Ce sont des moments que je n'oublierai jamais.

*Samuel Sanchez avait initialement terminé 4e mais Alberto Contador et Denis Menchov ont été déclassés par la suite.

 

Pour terminer, avez-vous déjà des projets pour votre après-carrière ?

Oui, j'y pense. Il y a déjà la cyclo Samuel Sanchez et mon école de cyclisme pour les enfants de 9 à 18 ans. Nos équipes sont parmi les meilleures d'Espagne chez les cadets et les juniors, l'objectif est de continuer à grandir pour arriver à constituer une équipe professionnelle dans le futur. C'est important de continuer à faire vivre ce sport. En Espagne, nous n'avons pour l'instant que Movistar et Caja Rural, ce qui est peu. Nous avons beaucoup de coureurs en Espagne et il nous manque des équipes. J'espère que ce projet va poursuivre sa progression.

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Publié le par Quentin BALLUE