Interview
Pauline Ferrand-Prévot : « Je ne me mets pas la pression »
posté par Alexandre Rolin le 12/11/2011 à 18h44

A tout juste 19 ans, on ne la présente déjà plus. Triple championne du monde, deux fois en VTT et une fois sur route, adepte des différente disciplines : cyclo-cross, route et VTT, Pauline Ferrand-Prévot a déjà tout d’une grande. Ployvalente, précoce ou sérieuse les adjectifs pour décrire la jeune champenoise ne manquent pas. Vainqueur de la Coupe du Monde VTT espoirs, troisième des mondiaux VTT dans la même catégorie ou septième de la Flèche Wallonne, pouvait-elle espérer une meilleure entrée chez les « grandes » ? Troisième le week-end dernier des championnats d’Europe de cyclo-cross, « PFP » a décroché son premier podium chez les élites. En 2012, elle continuera de se faire plaisir en alternant les disciplines mais compte bien décrocher son premier titre national en cyclo-cross en janvier et obtenir une double sélection olympique, en route et en VTT. Face à sa réussite et ses projets, Pauline Ferrand-Prévot garde la tête froide et sait où elle va. Elle en parle avec Cyclism’Actu.
Tout d’abord, revenons sur votre belle médaille de bronze des championnats d’Europe de cyclo-cross. Vous attendiez-vous à être aussi forte, aussi tôt dans la saison ?
J’étais quelque peu surprise car ce n’était que mon quatrième cyclo-cross de la saison. Je n’avais pas encore commencé à travailler l’intensité. Je m’entrainais mais je ne faisais pas de qualitatif. Au début de course, je m’estimais heureuse d’être dans le premier groupe, donc je m’étais dit que je ne bougerais pas et qu’il fallait que j’essaye de suivre le plus longtemps possible. Au fur et à mesure des tours, je me sentais de mieux en mieux alors que les filles, au contraire, avaient l’air de moins en moins bien. Du coup, je pense que je n’y ai pas assez cru, que je n’ai pas assez cru en moi. Avec Lucie Chainel, même si on est contente d’être sur le podium, je pense que l’on aurait pu mieux faire et aller chercher le titre.
C’est quand même encourageant pour la suite de la saison…
C’est certain, depuis les championnats d’Europe, je me sens vraiment très bien, je me sens en forme. Vendredi, j’ai couru à Nommay mais j’ai pris une chute au départ. Je suis reparti loin mais je suis bien remonté, j’étais bien et j’espère que ça va durer. C’est vraiment intéressant d’être à ce niveau alors que je ne fais que débuter ma saison.
Quels seront vos principaux objectifs cet hiver ?
Le championnat de France, bien évidemment. Ma saison hivernale sera raccourcie et donc plus simple à gérer. Je n’aurai besoin d’être en forme qu’une seule fois dans la saison, en janvier pour le championnat national. J’ai donc vraiment envie de remporter le titre de championne de France.
« Je ferais encore VTT et route l’année prochaine »
Une saison de cyclo-cross courte, car l’année 2012 s’annonce chargée…
La Coupe du Monde de VTT reprend dès le mois de mars. Il faudra donc être bien préparé dès le moins de mars. Si je vais jusqu’aux championnats du Monde de cyclo-cross fin janvier, je pense que je ne serais pas prête à temps. Je n’ai pas envie de prendre de risque et je préfère donc m’arrêter après les championnats de France. C’est un choix personnel de couper si tôt. Ce n’est pas évident, c’est un sacrifice car je vais louper deux manches de Coupe du Monde et les Mondiaux. C’est un peu dommage, mais c’est comme ça…
Vous mettrez donc une nouvelle fois l’accent sur le VTT en 2012 ?
Je ferais encore les deux l’année prochaine. Je disputerais à la fois les manches de Coupe du Monde en VTT et sur route, comme j’ai pu le faire cette année. Pour le moment ça se passe plutôt bien donc je ne vois pas pourquoi je devrais changer.
Vous essayerez de décrocher une sélection olympique à la fois en VTT et sur route, une première…
J’aimerai bien, je vais essayer. Cette année, on a vu que Julie Bresset était intouchable mais derrière il y a de la place. Il y a certes Sabrina Enaux, Cécile Ravanel mais c’est à peu très tout. Il n’y a pas énormément de monde. Je peux donc espérer avoir ma place dans l’Equipe de France de VTT pour les JO. Concernant la route, j’ai fait septième de la Flèche Wallonne et il y a pratiquement aucune française qui soit rentré dans les 20 d’une manche de Coupe du Monde cette année. Si je continue de bien marcher sur la route en 2012, je pense que je devrais avoir ma place dans l’équipe. On pense que ça fait beaucoup mais les deux épreuves sont bien espacées dans le calendrier olympique donc c’est tout à fait réalisable.
« Il n’y a pas une discipline où je me sens plus forte »
Comment faites-vous pour alterner avec réussite la route et le VTT ?
Le plus fatiguant ce sont surtout les déplacements. Les épreuves se chevauchent, par exemple un jour je vais être en Italie et le lendemain je dois être 3000 kilomètres plus loin. Après j’ai une bonne faculté pour changer de vélo, ça se passe plutôt bien, je prends vite mes marques. A l’entrainement je fais beaucoup de route et peu de VTT donc les deux disciplines sont assez complémentaires.
Ne pensez-vous pas qu’un jour il vous faudra faire un choix et trancher pour le VTT ou pour la route ?
C’est certain, même pour moi il faudra que je fasse un choix. Je sais que je ne pourrais pas continuer comme ça longtemps. Mon rêve c’est de faire des grandes courses sur route, faire des courses par étant en étant dans une grande équipe internationale. Donc il faudra un jour que je ne me consacre qu’à la route. Mais j’aime beaucoup le VTT, je m’y fais plaisir et j’en profite. Je m’amuse vraiment dans les deux, j’y trouve mon équilibre et l’année prochaine je continuerai comme ça.
C’est un choix qui semble compliqué…
Le problème c’est que je suis doué dans les deux. Je gagne la Coupe du Monde espoirs en VTT mais je finis première française sur la Coupe du Monde avec une très belle Flèche Wallonne. Il n’y a pas une discipline où je me sens plus forte que dans l’autre. Ce n’est donc vraiment pas un choix évident et c’est pour ça que je continue de faire les deux pour le moment.
« Ça me fait plaisir de voir que le public est derrière moi »
Après plusieurs titres mondiaux chez les juniors, aussi bien en route qu’en VTT, la transition chez les espoirs a-t-elle été compliqué ?
J’ai été vraiment étonné sur route où ça c’est très bien passé en me retrouvant à l’avant sur ma première manche de Coupe du Monde aux côtés des meilleures. Se retrouver avec des filles comme Marianne Vos ou Emma Johansson c’était vraiment génial. Certes c’était dur mais pas autant que je ne le pensais. En VTT, par contre, c’était un peu plus compliqué car c’est une discipline où la maturité sportive arrive un peu plus tard. L’année prochaine je vais courir en élites les Coupe du Monde et je vais voir, je pense, une sacré différence.
Sur la route, quels types de course apprécies-tu ? Plutôt les courses d’un jour comme la Flèche Wallonne ou les courses par étapes où il faut être régulier et complet ?
C’est clair que la Flèche et une course qui me convient super bien et je pense que ce sera l’un de mes gros objectifs à l’avenir. Mais j’aime beaucoup les courses par étapes également. Cette année, au Luxembourg, sur le GP Elsy Jacobs et le GP Nicolas Frantz, je me sentais super bien. Le premier jour je me suis retrouvé dans l’échappée et je fais cinquième et le lendemain je me sentais encore mieux. Quand Marianne Vos a attaqué j’ai sauté dans sa roue. Jamais je ne me serais cru capable de la suivre. Je pense que j’ai une bonne faculté de récupération pour les courses par étapes et je pense donc que ça m’irait bien également.
De part tes nombreux très bons résultats, tu t’affirmes déjà comme l’une des portes drapeaux du cyclisme féminin français, ressens-tu une pression particulière du public ou des médias ?
Ça me fait super plaisir de voir que le public est derrière moi, ça ne me met vraiment pas la pression. Je reçois plein de courriers de fans pour avoir des cartes postales ou tout simplement pour me féliciter et ça me touche beaucoup. Je ne suis pas quelqu’un qui a tendance à se mettre la pression pour une course et c’est rare que ça m’arrive.
« Remplir les critères olympiques »
Comment envisagez-vous votre saison 2012 ?
Mon premier gros rendez-vous sera le championnat de France de cyclo-cross à Quelneuc au mois de janvier. L’idéal serait de monter sur la plus haute marche. Après une petite coupure je vais reprendre par des courses par étapes sur route afin d’être la plus en forme possible pour la première manche de Coupe du monde VTT. Je vais essayer de remplir les critères olympiques pour être sélectionné à la fois sur route et en VTT.
Et sur le long terme ?
Aller au Jeux Olympiques, c’est un rêve. Après tout sportif rêve un jour de devenir champion olympique et j’espère avoir la chance d’y arriver. C’est tout les quatre ans et ça doit vraiment être magique. Je pense que ça doit être encore plus fort qu’être championne du Monde et ça marque vraiment tout une vie. En participant aux JO de Londres en 2012 j’espère prendre un maximum d’expérience pour éventuellement revenir avec des ambitions en 2016.
Propos recueillis par Alexandre Rolin
Photos : Flick, Pauline Ferrand Prévot
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Les commentaires
Non seulement elle a d'énormes capacités sur le vélo et en plus elle ne laisse pas indifférent...
Les jambes, la tête et charmante par la-dessus...
Enfin tout pour réussir!!!
fan dePauline 61 le 12/11/2011 à 20h17
cette fille est formidable et elle tout pour elle,je lui souhaite tout le bonheur du monde,(je fait parti de son fan club)
mickdan le 12/11/2011 à 21h53
merciiii pour cette interview , pauliiiiiine je t'aiiiiiime :p
pauline + moi pour la vie le 12/11/2011 à 22h15
Pauline 2e de la manche du SuperPrestige ce jeudi !
Rom1 le 13/11/2011 à 13h28
"Pauline a la tête sur les épaules, un sacré talent qui n'a pas fini de surprendre."
C'est vrai que devant les médias, elle sait mettre son melon de coté... Bien que j'approuve la deuxième partie de la phrase!!
Connaisseur le 13/11/2011 à 19h23
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Belle interview.
Pauline a la tête sur les épaules, un sacré talent qui n'a pas fini de surprendre.
Enzo le 12/11/2011 à 19h30