Interview
Mickaël Bourgain : « Aller chercher l'or »
Par Pascal Bertho
Publiée le 26/07/2012 à 19:30
Il a un des plus beaux palmarès du cyclisme Français sur piste. Double médaillé olympique, quadruple champion du Monde de vitesse par équipes, ainsi que de nombreux podiums en championnats du Monde et Coupe du Monde, Mickaël Bourgain a tout connu. A la veille de l’ouverture des Jeux Olympiques de Londres, le pistard se lance un ultime défi, devenir champion olympique en keirin. Après avoir obtenu sa sélection au terme d’un mano à mano redoutable avec François Pervis, le sprinteur s’apprête à disputer ses troisième JO. Le natif de Boulogne-sur-Mer n’a jamais déçu et a toujours su répondre présent le moment venu. A 32 ans, fort de son expérience, Mickaël Bourgain aborde la compétition le couteau entre les dents. Mais avant cela, pour une obscure raison de quota, d'athlètes à engager, Laurent Jalabert, le sélectionneur national, a dû inscrire le pistard sur l'épreuve sur route en ligne. Un comble… Cyclism'Actu a donc interrogé le sprinteur de l’AVC Aix-en-Provence pour en savoir plus. Entretien.
Mickael, à 24 heures de l’ouverture des Jeux Olympiques et à quelques jours du début des compétitions, comment allez vous ?
Ça va bien, la forme est là. Maintenant, j'ai l'expérience de ces préparations. ce sont mes troisième JO, et comme les Championnats Mondiaux, je sais ce que je dois faire pour prêt le jour « J ». Aujourd'hui, les grosses charges de travail sont terminées, je suis plus dans une phase de repos, avant d'être prêt au moment souhaité. Dans tous les cas, les JO c'est la « guerre » sur la piste, et la motivation est pleine et entière, donc tout va bien.
« En finale du keirin, la moindre erreur se paye cash »
Tout ce qu’il faut pour aller chercher une nouvelle médaille olympique…
Oui tout à fait ! Plus qu’une médaille, mon objectif est d'aller chercher l'or. Je suis revenu avec une médaille autour du cou d'Athènes et de Pékin, donc si je devais revenir de Londres bredouille, ce serait une déception. Aujourd'hui, j'ai vraiment envie de ramener la plus belle, c'est-à-dire l'or.
Aux derniers Championnats du Monde, en 2012 à Melbourne, vous avez terminé 4ème. A Londres, tout va se jouer à pas grand chose, non ?
C'est certain, le niveau est très relevé. Vous savez, le keirin est une épreuve où nous serons 6 à disputer le sprint. Il y a beaucoup d'aléas qui peuvent arriver, contrairement à la vitesse, où tout se joue en deux manches gagnantes et où on peut donc avoir le droit à l'erreur. En finale du keirin, la moindre erreur se paye cash. Il va donc me falloir saisir chaque opportunité. Il n’y a qu’un seul sprint, pas de revanche !
Quels vont être vos principaux adversaires ?
Il y aura certainement, Chris Hoy, qui est le champion Olympique et champion du Monde en titre, qui sera le favori. En plus il sera chez lui et porte drapeau ! On peut aussi parler de Maximilien Levy, l'Allemand, qui marche fort cette saison et des Australiens.
« Je dois au minimum signer la feuille de présence et prendre le départ »
Un nouveau règlement UCI vous oblige à participer à l'épreuve sur route, pour pouvoir vous engager sur le keirin. Expliquez nous…
En effet, pour des raisons de quotas de coureurs, je dois participer à une épreuve de cyclisme autre que la piste, pour pouvoir participer au keirin. Dans la mesure, où j'ai une réelle chance de médaille, si tout se déroule bien, le Président David Lappartient et la DTN, Isabelle Gautheron, ont décidé, en accord avec le sélectionneur Laurent Jalabert, de m'engager sur la route afin que je puisse défendre mes chances sur la piste. J'en profite à nouveau pour les remercier.
Du coup, comment voyez-vous les choses sur route ?
C'est délicat pour moi... Cela fait quatre ans que je prépare le keirin et les sprints, donc sur 250 kilomètres, il me sera impossible de bien figurer face à des routiers professionnels. Eux c'est leur job c’est la route, le mien c'est la piste... Ce règlement est bizarre, je le conçois, mais c'est pour tout le monde pareil. Les Allemands, par exemple, ont engagé en VTT leur sprinteur sur piste, moi c'est sur la route... Il faut savoir s’adapter.
Dans ces conditions, quelles sont vos obligations sur la route ?
De toute façon, je ne vais pas finir la course. Cette course a lieu avant le keirin, donc je ne peux pas me permettre de laisser des forces sur la route. Dans tous les cas, nous déciderons avec la DTN et le sélectionneur de ce que nous ferons. Je dois au minimum signer la feuille de présence, et prendre le départ. Vous savez, c'est délicat cette situation pour moi, car ça n'a jamais été dans mon état d'esprit, de prendre le départ d'une course dans l'optique d'abandonner. Je participe toujours aux courses pour les gagner. Maintenant, c'est comme ça, c'est l’UCI qui a pris cette décision en fonction des contraintes imposées par le CIO.
« Ça m'aurait toujours plu de faire de la route »
Après ces JO, peut-on vous voir quitter la piste, et venir vous frotter aux sprinteurs comme Mark Cavendish et autres ? Le dernier maillot jaune du Tour de France, Bradley Wiggins, est un ancien pistard également…
Ça m'aurait toujours plu de faire de la route. Je vais vous faire une confidence, après les JO de Pékin, j'avais eu quelques contacts, ça m'avait un peu titillé. Mais c'est une orientation complètement différente, ainsi qu'un rythme de vie différent. Maintenant, il faudrait trouver une équipe intéressée, ce qui n'est pas évident non plus. Mais bon, vous voyez Théo Bos, sur la route, j'en ai parlé avec lui, il réalise une reconversion intéressante. Il y a plusieurs exemples qui montrent que c’est possible. Quand on veut, on peut !
Alors Mickaël, si un manager d'équipe vous appelle demain, que faites-vous ?
Si je recevais une proposition qui me convient, pourquoi pas. Il faudrait que ce soit un projet commun, avec une équipe qui souhaiterait avoir un programme de course pour un sprinteur. Alors pourquoi pas, en effet.
La France va investir dans des vélodromes, comme à Saint Quentin en Yvelines. Comment pensez-vous qu'il faudrait faire pour garder la dynamique de la piste, après les JO ?
Ce n'est pas spécialement évident, car le cyclisme sur route prend rapidement le dessus. Mais on a la chance d'être aux JO, même si à chaque olympiade, on nous retire des disciplines. Maintenant, il est vrai que nous allons avoir des vélodromes à Roubaix, à Saint Quentin, comme vous l'avez dit, et peut-être à Bourges, donc c'est très bien pour notre sport. On pouvait s'étonner, au vue de nos résultats depuis plusieurs années, de ne pas avoir un vélodrome, capable d'accueillir des compétitions internationales. Cela va donc être corrigé. De plus, notre sport est un vrai spectacle et le public ressort rarement déçu. J'espère donc qu'on nous verra plus.
Propos recueillis par Pascal BERTHO (avec Alexandre ROLIN)


















Commentaires
N'importe quoi nicoportal il a fait 3km et il a baché ....bob53 : il y a 297 jours
Eh ben finalement il en aura fait 75 , donc chapeau pour un pistard qui n'avait plus roulé depuis 10 ans sur route en haute compétition.nicoportal : il y a 298 jours
Eh ben finalement il en aura fait 75 , donc chapeau pour un pistard qui n'avait plus roulé depuis 10 ans sur route en haute compétition.nicoportal : il y a 298 jours
Eh ben finalement il en aura fait 75 , donc chapeau pour un pistard qui n'avait plus roulé depuis 10 ans sur route en haute compétition.nicoportal : il y a 298 jours
Comme je disais hier , j'ai été au Tour d'Auvergne , et j'ai discuté avec le manager de son club , l'AVC Aix , donc j'ai confirmation qu'il prendra le départ et qu'il fera environ 10 km pour ne pas perturbé sa prépa pour le Keirin. D'ailleurs son club marche du tonnerre , deux étapes , deux victoires.nicoportal : il y a 299 jours
J’espère pour lui que cela ne va pas le déranger dans sa préparation.RSImperator : il y a 299 jours
Son seul problème sur route, c'est la distance. A voir, avec un entrainement progressif. Son àge n'est pas un handicap.cyclims 84 : il y a 299 jours
Il est un peu trop vieux maintenant, il aurait fallu le faire après Pekin. Qu'il nous ramène une belle médaille sur piste en tout cas :)omopin : il y a 299 jours
théo BOS n'est pas le seul.... Sercu, Freuler, Jacques Dupont et d'autres mais qui ont bifurqué dès la fin juniors..Quaranta, Renshaw etcG66 : il y a 299 jours
Pourquoi pas , d'ailleurs pour tout dire , Demain je suis signaleur au Tour d'Auvergne où court l'AVC Aix je vais posé quelques questions sur Bourgain car je voudrais bien savoir si il roule avec la DN ou avec les Pass. Mais en effet , il y a déjà eu de nombreux pisto-routier et il en existe des pas mauvais. Guardini et Viviani ont gagné le Keirin et le Scratch aux Europe Juniors. Ou encore pour les plus anciens on'a eu Hubner chez Telekom , Llaneras chez ONCE , Perinan champion olympique du km chez Kelme , Golinelli chez Amore e Vita etc , les exemples ne manquent pas de sprinteurs sur piste passé sur route. Moi je le vois bien dans une conti style Roubaix ou La Pomme l'an prochain , il pourrait faire des prologues et des courses en circuits court je pense. Ne reste plus un peu comme pour Pervis qu'un team pro est le courage de l'engagé.nicoportal : il y a 299 jours
Il a raison Théo Bos à bien réussi à passer de la piste à la route Théo Bos c'est deux victoires au tour de turquie cette annéeMollema4 : il y a 299 jours
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