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Interview

Lionel Marie : « Nous sommes là pour gagner »

Lionel Marie : « Nous sommes là pour gagner »

Par Bertrand Latour
Publiée le 15/09/2012 à 20:03

Ce dimanche auront lieu, à Valkenburg, les championnats du Monde de contre-la-montre par équipes. Une première, pour des équipes. Orica GreenEDGE figure au rang de grand favori. Lionel Marie, directeur sportif de cette formation, a accepté de nous répondre pour en parler. Sans langue de bois, le Français assume le statut de prétendant numéro un à la médaille d’or. Le Cherbourgeois raconte, pour Cyclism'Actu, la préparation de son équipe pour cet objectif, les rivaux d’Orica GreenEDGE. Il tire aussi un bilan de la première saison de sa formation dans le peloton professionnel. Entretien.

Lionel, l'équipe Orica GreenEDGE s'alignera, ce dimanche, sur le contre-la-montre par équipes avec Luke Durbridge, Cameron Meyer, Svein Tuft, Sam Bewley, Sebastian Langeveld ainsi que Jens Mouri. Pourquoi ce choix ?

On avait un nombre plus conséquent de coureurs qui se dessinaient. On a effectué deux stages, à Gérone, dans les conditions de course et la sélection naturelle s'est faite sur le deuxième stage. Certains coureurs présents dans la pré-sélection ont éprouvé des difficultés à suivre. C'était un signe de méforme. C'est le terrain qui a décidé.

Ces deux stages étaient prévus uniquement pour faire la sélection ?

La sélection s'est opérée la semaine dernière sur des circuits tracés par l'entraîneur. Ce dernier a essayé de reproduire le plus possible la topographie du terrain que l'on va rencontrer sur le championnat du Monde. Matthew White était, lui, en charge de superviser le travail. On espère être prêts.

« Lancaster et Vaitkus n'ont pas pu répondre aux attentes »

Combien y avait-il de de coureurs dans la pré-selection ?

Il y avait huit coureurs.  Ce sont Brett Lancaster et Thomas Vaitkus qui, pour des raisons physiques, n'ont pas pu répondre aux attentes. Thomas a dû subir une opération du genou et Brett souffrait d'une bronchite. Ils ont eu du mal à suivre le tempo notamment lors de la séance de 150 kilomètres avec le vélo de contre-la-montre qui servait à reproduire les efforts sur l'heure qui va leur être demandée sur les Mondiaux.

La préparation, particulièrement scrupuleuse, qu'ont suivi les coureurs d'Orica GreenEDGE montre bien l'intérêt que vous portez à cette compétition...

Nous avons la chance d'avoir des rouleurs dans l'équipe. Pour la première édition, d'un championnat du Monde de chrono avec des marques, nous espérons bien être présents. C'est un des objectifs de la saison et cela permettrait de clôturer cette année qui a été riche en succès pour nous.

« Quick Step sera un client tout comme Rabobank »

Justement, quelle valeur peut-on donner à cette épreuve qui vient s'ajouter à un calendrier bien chargé ?

Le chrono par équipes a une connotation particulière. Cela symbolise le travail d'une équipe et pas seulement des coureurs. Les mécaniciens fournissent un travail conséquent pour que le matériel soit performant, les entraîneurs sont aussi impliqués. C'est une tension spéciale et on aime ça. On a gagné notre première course en Europe sur le chrono par équipes du Tirreno-Adriatico. Comme on a des coureurs de très haut-niveau, comme Svein Tuft, Luke Durbridge ou encore Cameron Meyer qui sort d'une Vuetla en très bonne forme, on ne va pas se cacher qu'il faut être performant.

Quels seront vos adversaires ?

Quick Step sera un client tout comme Rabobank qui évoluera sur ses terres. Katusha n'est pas à oublier non plus.

« Luke (Durbridge) prouve qu'il sait rouler vite »

Une médaille d'un autre métal que l'or serait-elle une déception pour Orica GreenEDGE ?

On peut le dire... Nous sommes là pour gagner. Si on ne gagne pas, évidemment, quelqu'un aura été plus fort. C'est la loi du sport. On sera forcément déçus si on ne gagne pas. Mais, on tentera d'analyser les erreurs et de ne pas les reproduire dans le futur. C'est toujours des enseignements positifs.

Au sein de votre sélection figure Luke Durbridge. Il a été époustouflant cette année dans l'effort solitaire...

Les jeunes qui intègrent l'équipe sont issus de l'équipe nationale et de l'école de la piste. Luke prouve qu'il sait rouler vite. Cette année il s'est concentré sur la route. Sa morphologie a également changé et il arrive à maintenir des cadences très élévées. Il a les qualités pour ça.

Sur les six noms qui composent la liste, y a t-il des coureurs, plus que d'autres, qui doivent être des locomotives ?

Jens Mouri est un très grand gabarit qui roule très vite. Il pourrait être en difficulté dans les montées qui se trouvent en fin de parcours. Il sera là pour mettre sur orbitre l'équipe avec Sam Bewley puisqu'on peut se permettre de "perdre" deux coureurs. Après c'est dans l'homogénéité qu'on fait la différence. Moins il y a de changements de rythme, mieux l'osmose se fait.

« Chaque victoire a son importance, même les plus anodines »

Pour faire un petit bilan, comment jugez-vous la saison de votre équipe ?

C'est juste trente victoires avec quelques épreuves de la Coupe du Monde. Pour l'instant on est cinquièmes au classement mondial, je pense que, pour une première année, c'est pas trop mal.... Tout était nouveau. L'ambiance est bonne. Il y a un esprit de camaraderie. La vidéo (le lipdub) sur le Tour d'Espagne symbolise bien notre équipe. Mais, il nous restera à confirmer dès l'année prochaine.

Quelle est la plus belle victoire ?

La victoire de Milan-San-Remo est particulière car c'est la première de la saison. Mais, l'un des élements importants, fut la victoire au Tour Down Under avec, pour la première fois, une équipe 100 % australienne. Chaque victoire a vraiment son importance, même les plus anodines.

Seule ombre au tableau, le Tour de France où vous n'avez pas réussi à lever les bras...

Il faudra tirer des conclusions de cet échec. On a quand même été présents. Nous avons pris nos responsabilités toute la première semaine en roulant pour Mathew Goss. L'année prochaine ce sera peut-être un peu moins de victoires ailleurs mais quelques-unes sur le Tour de France....

Peut-être aurez vous un champion du Monde l'année prochaine avec Simon Gerrans ?

Ce serait fantastique. Il le mérite amplement. Mais il faut se méfier des Hollandais, de Moser, de Boonen. Simon sera surveillé.

Orica GreenEDGE ne dispose pas dans son effectif d'un coureur capable de gagner une épreuve comme le Tour de France. Est-ce que cela pourrait changer dans les années à venir ?

Sky n'a pas construit son succès en une année. A l'avenir, des coureurs capables de jouer le classement général de courses par étapes intégreront l'équipe. Pour l'année prochaine, nous restons sur le même schéma. Mais nous ne recruterons pas un coureur de classe mondial. Ca serait plus dans l'optique d'amener à maturité un coureur de l'équipe ou de la réserve.

Propos recueillis par Bertrand LATOUR (avec Alexandre MIGNOT)

Photos : Sirotti

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Commentaires

 

N est ce pas la technique Madiot à un autre échelon mon cher Watson

La falasse : il y a 245 jours

 

Très intéressante interwiew. J'apprécie beaucoup la fin quand il dit qu'il faut amener les coureurs de l'équipe ou de la réserve à maturité. Cela me rapelle le travail de certains DS à l'ancienne, avec résultats au bout.

claudio 68 : il y a 247 jours

 

je vois bien opqs gagnez devant orica et rabobank sa serai un beau podium

cav22 : il y a 247 jours

 

 

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