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Heulot : « On a les moyens de faire deux grands Tours »

Interview - Heulot : « On a les moyens de faire deux grands Tours »

Par Pascal Bertho
Publiée le 10/04/2012 à 19:30

La nouvelle est tombée en fin de  semaine dernière, juste avant Paris-Roubaix. L'équipe Saur-Sojasun de Stéphane Heulot sera bien au départ du Tour de France en juillet prochain. Elle a, en effet, reçu une invitation de la part des organisateurs du Tour (A.S.O.). Après une première Grande-Boucle en 2011, la formation de Stéphane Heulot s’affirme donc, même si le Breton relativise en expliquant qu'il « trace davantage et tranquillement son sillon ». Pour preuve, peut-être, les deux victoires d’étapes du Français Julien Simon sur le dernier Tour de Catalogne, il y a quelques semaines, apportant à la Saur-Sojasun ses premiers succès de son histoire en World Tour. Aujourd'hui, elle ambitionne de disputer deux grands Tours dans la saison avant de penser sérieusement à une montée en World Tour. Pour Cyclism’Actu, Stéphane Heulot nous parle de sa formation avec, dans son effectif, la présence et le retour espéré au haut niveau de Brice Feillu. Ou encore la fin de contrat et, sans doute, du sponsoring de Saur en fin de saison. Sans oublier les Classiques Ardennaises qui arrivent. Bref, une formation française en mouvement et sur le bon chemin ? Explications.

Stéphane, vos deux premières victoires World Tour à la tête de Saur-Sojasun avec Julien Simon, cela étoffe votre CV, après avoir connu le maillot de champion de France ou le maillot jaune du Tour…

Oh vous savez, il y a deux vies professionnelles complètement différentes dans ce CV. Sachant que vous avez oublié que j'ai exercé le métier d'éducateur également.  Je suis revenu dans le milieu après l'avoir quitté en 2002 parce que je n'étais plus en phase avec mon sport. Je ne me retrouvais plus avec les valeurs de l'époque. Je me suis retrouvé dans ce milieu, via un centre de formation, que j'avais monté avec Xavier Jan et mon père en 1998. Puis, avec l'arrivée de Lilian Lebreton, l'aventure est partie comme cela.

« On travaille beaucoup pour les Ardennaises et le Tour »

Et après les Classiques Flandriennes, les Ardennaises arrivent… Quels vont être les grands objectifs de Saur-Sojasun dans les semaines à venir ?

C’est vrai, on travaille beaucoup en ce moment pour les Ardennaises, avec Jonathan Hivert, Julien Simon, Guillaume Levarlet entre autre, sans oublier Fabrice Jeandesboz. Puis, après, j'espère la Vuelta et surtout le Tour de France puisque nous avons obtenu une invitation de la part des organisateurs. On travaille bien sûr pour le Tour mais franchement, c'est la première année que nous avons la capacité et les moyens de faire deux grands Tours. Espérons que cela nous réussisse !

Vous avez commencé par être coureur puis, aujourd’hui, manager d’équipe, vous préférez quel costume ?

Ce n'est pas la même chose. Vous savez le titre de manager est un peu pompeux. Il n'y a aucun diplôme, c'est juste souvent une grande gouaille, un passé cycliste, très peu de notions en tant que chef d'entreprise, alors qu'aujourd'hui nous sommes des chefs d'entreprises. Mais au delà de tout cela, c'est la fonction d'éducateur qui m'a redonné envie. Voyez Julien Simon, c'est la première génération de coureurs qui sont sortis du centre de formation en 2004, comme Pierre Rolland et bien d'autres. Tout cela s'est réalisé avec des moyens très faibles. Il a fallu faire de l'or avec peu de choses. Aujourd'hui, les résultats de Julien Simon me confortent dans notre politique, celle de 3 copains à la base, qui ont su s'entourer de gens qui partageaient nos valeurs et notre projet.

« Julien Simon manquait de confiance en lui »

Justement, ces victoires de Julien Simon ne sont que les objectifs d’un chef d'entreprise, que vous pouvez être, qui se réalisent enfin, non ?

Tout ceci n'est pas une science exacte. C'est souvent un long et laborieux travail mais toujours orienté vers la performance. C'est donc évident qu'on a des talents à la base, et puis après, il y a tout ce qu'on apporte en terme de moyens logistiques et techniques et que les coureurs exploitent à leur façon et du mieux qu'ils peuvent.

Ces succès de Julien Simon, vous ont-ils surpris ?

Surpris non. J'avais été très déçu de son Paris-Nice. Il avait fait l'objet d'une non-sélection sur le Tour de France 2011 parce qu'il était en manque de confiance sur ses propres moyens. Ce sont des caractères qui m'indisposent surtout dans le cyclisme actuel où il y a de très belles choses à réaliser à partir du moment où vous osez. Vous savez, c'est aussi dans la tête que ça se passe, où vous devez vous convaincre que vous êtes plus fort que l'autre. Et Julien c'est ce qui lui manquait. Sur Paris-Nice, son comportement faisait de lui un coureur toujours insatisfait et trop individualiste. Il y a travaillé en évitant de se refermer sur lui-même. Du reste, je lui en ai fait part, on a fait un point, tout en lui réaffirmant que l'équipe que je veux sur le Tour doit être collective. A partir de là, je pense que le message est bien passé.

Votre analyse est intéressante car Julien Simon confiait, il y a quelques jours, à Cyclism'Actu : « je me dis que si je l'ai fait, je ne vois pas pourquoi je ne le referais pas une 2ème fois ». Vous le travaillez le psychisme chez Saur-Sojasun ?

Cela fait près de 10 ans que nous sommes à ses cotés et nous ne l'avons jamais lâché. Maintenant, je pense que c'est un nouveau bonhomme que nous avons. Je l'avais ressenti déjà cet hiver. Ca avait été très dur pour nous de l'écarter du Tour de France, mais ce choix s'imposait, même si intrinsèquement, il avait largement sa place dans l'équipe. Mais le Tour ce n'est pas une course de 3 jours. Aujourd'hui, je pense qu'il est prêt. Alors qu'est ce que l'on fait ? On l'encourage dans le bon sens. Et puis, on intervient auprès du groupe avec un psychologue, comme Alain Groslambert,  qui a travaillé à la Fédération. Mais vous savez, tout ça est un travail au quotidien.

« Le World-Tour, je veux y aller, mais pas de n'importe quelle façon »

Les résultats actuels de Saur-Sojasun peuvent-ils vous amener à revoir à la hausse vos ambitions pour cette saison ?

Oui, c'est en route. On avait l'ambition pour 2012 de passer un cap au niveau de nos participations à certaines courses, même si je n'aime pas ce mot, le but étant d'être invité et de bien faire. Le Tour de Catalogne faisait parti des épreuves qui nous correspondent car on a des coureurs qui s'y prêtent bien, au détriment des courses Flandriennes, mais je préfère faire les choses bien que faire tout moyen. On a honoré notre invitation au Tour de Catalogne. Après, on va avoir la chance de faire les Ardennaises, la Romandie. Donc pour moi, cela fait parti de l'évolution de l'équipe. Toutefois, nos ambitions restent conformes à ce qu'on se fixait dans le projet, depuis la création de l'équipe.

Stéphane Heulot & Christophe LaborieCelles de rejoindre le World Tour ?

Bien sûr, même si le World Tour c'est avant tout des moyens. Pour ma part, je fonctionne avec un socle de coureurs qui n'a pas changé depuis la création de l'équipe, alors que c'est si facile avec des millions, de monter une équipe World-Tour. Moi, je veux exploiter les potentiels que nous avons, leur donner la possibilité de s'exprimer, grâce à toutes les possibilités que nous avons. Donc le World-Tour, je veux y aller, mais pas de n'importe quelle façon. Il faudra s'internationaliser et trouver des gens qui adhèrent au projet, qui correspondent à notre philosophie, et qui sont dans la logique de performance, qu'on s'attache à avoir depuis le début.

Stéphane, vous le savez, on s’interroge sur Brice Feillu. Où en est-il aujourd'hui ?

Brice, il faut le laisser tranquille. C'est un garçon en reconstruction. Je suis optimiste, il a fait un bon Tour de Catalogne. Mais vous savez, ce n'est pas toujours simple. Lorsque vous êtes en haut, vous avez du monde autour de vous, mais lorsque vous êtes en bas c'est plus difficile. Aujourd'hui, son potentiel est là, il doit travailler dans le bon ordre, mais je pense qu'on est sur la bonne voie. Il faut lui laisser le temps de reprendre ses marques et de retrouver ses repères.

Vous êtes heureux comme ça ?

Oui complètement. Je suis en phase avec tout ce que j'ai dit et fait. Je suis quelqu'un de pressé, mais je sais prendre mon temps pour que les choses avancent comme je veux, qu'on ne stagne pas, car pour moi stagner c'est régresser, et que mon staff me bouscule de temps en temps, car ils ont de l'ambition comme moi. Finalement, le cyclisme c'est un sport très technique, et lorsque vous pouvez mobiliser tout un groupe, coureurs, assistants, mécaniciens, directeurs sportifs, entraîneurs et même le personnel administratif, on accouche alors de belles choses.

« L’avenir se fera sans Saur »

En Bretagne, il y a deux équipes, la vôtre et Bretagne-Schuller. Et si un rapprochement pouvait se faire pour constituer une grande équipe World-Tour ?

C'est impossible à penser, dans la mesure où les moyens ne seraient jamais suffisants. Je pense qu'on n'est pas sur les mêmes philosophies. Ils n'ont pas besoin de nous et nous n'avons pas besoin d'eux. Ce sont deux entités complètement distinctes, portées par des hommes différents.

Vous êtes pourtant en fin de contrat avec la société Saur à la fin 2012, êtes-vous confiant pour la suite ?

Nous avons une dead line pour le début mai, mais aujourd'hui nous sommes relativement rassurés par rapport à l'avenir, mais je ne peux pas vous dire que ce sera avec Saur.

Un nouveau sponsor pourrait remplacer SAUR et vous l’avez déjà trouvé…

Oui, c’est en court. L’avenir se fera sans Saur. Il nous faut absolument pérenniser notre structure. Surtout que derrière, il y a tout le centre de formation et une équipe. Vous le saurez bientôt de toute façon, en attendant, on a une saison à faire car elle ne fait que commencer… !

Propos recueillis par Pascal BERTHO (avec Emmanuel POTIRON et Alexandre ROLIN)

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