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Fred Grappe : « Construire la FDJ autour de leaders »

Interview - Fred Grappe : « Construire la FDJ autour de leaders »

Par Alexandre Mignot
Publiée le 15/11/2011 à 21:00

Après avoir rangé le vélo et s'être déconnecté de la compétition pendant quelques semaines, les coureurs sur route commencent à reprendre le chemin de l'entraînement, ou vont bientôt le faire, à l'occasion des stages de pré-saison avec leur formation respective. Des stages qui sont aussi l'occasion de planifier la saison 2012 à venir et de rassembler tous les coureurs. Cyclism'Actu a profité de l'occasion pour interrogé Fred Grappe, entraîneur à la FDJ, sur la préparation hivernale typique des coureurs professionnels. Le coach de l'équipe du Trèfle est également revenu sur la saison 2011 de la FDJ, les nouvelles recrues de l'équipe, l'ancien sociétaire de la formation Philippe Gilbert, et bien évidemment la saison 2012 que la FDJ espère passer en World Tour. Entretien. 

« Le bilan est très positif »

Quel bilan tirez-vous de la saison 2011 chez FDJ ?

Notre bilan est plutôt très positif. C'est peut-être la meilleure saison que nous ayons faite jusqu'à présent. Le bilan est très positif, d'une part déjà par le nombre de victoires, car c'est la saison la plus prolifique depuis la création de l'équipe. Certains diront bien évidemment que nos victoires n'ont pas été acquises sur des courses World Tour, mais nous sommes dans une logique où il faut gagner. Il n'y a plus de petites courses désormais, il faut aller chercher la victoire partout, on ne « s'amuse » plus à classer les victoires. Nous avons un bon total de victoires, et nous en sommes contents. Qui plus est, nous avons engrangé beaucoup de victoires avec beaucoup de coureurs différents, ce qui est aussi un point positif pour nous. 

Au sein de l'équipe, des coureurs vous ont-ils particulièrement impressionné ?

Impressionné est peut-être un peu fort. Pour certains, nous avons été dans la confirmation de ce que l'on attendait. Pour d'autres, nous avons plutôt été dans l'attente. Certains ont rempli leur « job », et pour d'autres ce fut plus mitigé. Globalement, au niveau de l'équipe, c'est plutôt bon, avec une réserve pour certains, un « très bien » pour d'autres, mais on ne va pas tous les passer en revue.

On parlait des néo-pros de la FDJ en début d'année... Vous ont-ils donné satisfaction ?

Il y a eu du tout. Globalement oui, ça a été le cas. Mais individuellement, pour certain(s), ça reste un peu mitigé, on attend mieux. Mais n'oublions pas qu'ils sont là pour travailler, qu'ils sont seulement néo-pros et qu'ils ont encore l'avenir devant eux.

« Redescendre en Continentale Pro a été un mal pour un bien »

On sait donc que la FDJ souhaite accéder au World Tour, mais est-ce une fin en soi ?

Grâce à notre expérience de cette année, nous avons appris que ne pas être World Tour, ne nous empêchera pas pour autant d'avancer. On a reçu un petit coup de bambou l'année dernière en descendant en seconde division, mais dans un sens, avec du recul, on peut aussi dire que ce fut un mal pour un bien. Cela a permis à bon nombre de personnes de se remettre en question, aussi bien le staff technique que les coureurs. Grâce à cette expérience, nous avons réussi à bien rebondir et faire une belle saison. Au final, on peut considérer cela comme une expérience positive qui va nous permettre de rebondir encore plus haut en 2012.

La FDJ est la seule équipe candidate au World Tour à ne pas avoir levé les bras sur une course World Tour. Est-ce un problème selon vous ?

Non, absolument pas, et on n'y pense même pas. On ne regarde pas là où on a gagné, on souhaitait gagner partout en 2011, c'était l'objectif. Alors, ne pas avoir gagné en World Tour ne nous inquiète pas du tout.

Et du côté de l'UCI, est-ce ça pourrait les faire réfléchir ?

Personnellement, je ne pense rien du tout. Tous autant que nous sommes dans l'équipe, nous ne pensons plus rien du tout. Vu ce qui s'est passé l'année dernière, et vu les règlements que l'on nous impose, on est à l'abri de rien du tout, donc de notre côté, on ne pense pas, et on continue à travailler. Jeudi, nous avons déjà commencé à planifier 2012 avec d'autres membres de l'encadrement, et ça prouve que l'on attend pas la décision de l'UCI pour bâtir l'équipe pour la prochaine saison.

« Probablement deux recrues supplémentaires si nous montons en World Tour »

Parlons transferts. La FDJ n'a enregistré que deux arrivées pour le moment, pourquoi ?

Nos deux seules recrues pour le moment, ce sont deux néo-pros. On a estimé que la plupart des coureurs qui faisaient partie de l'équipe cette année ont donné satisfaction, et il n'y avait donc pas de raison de les renvoyer ailleurs. Nous avons une équipe de qualité à la base, nous avons donc souhaité misé sur la continuité.

Si l'équipe monte en World Tour, y aura-t-il des recrues supplémentaires ?

On en recrutera certainement deux. Concernant le profil de ces éventuelles recrues, on en discutera avec le reste du staff. Ce qui est certain, c'est que si nous sommes pris en World Tour, nous prendrons des coureurs capables d'encadrer, d'aider, des coureurs qui seront désignés leaders de la FDJ sur les différentes courses. En fonction des coureurs qui sont sur le marché, nous essayerons d'avoir le meilleur profil possible.

Des grimpeurs notamment, pour les Grands Tours ?

Concernant les grimpeurs, je pense que nous ne sommes pas si mal que ça. Qui plus est, de bons grimpeurs, c'est généralement dur à trouver. Ce qui nous manque plutôt, ce sont des rouleurs. On aura certainement besoin d'au moins un rouleur, un coureur capable de rouler vite sur le plat, de « bouffer » du vent, étant solide dans les bordures, et qui sait frotter.

« Garder les jeunes que nous avons formé"

L'effectif FDJ est relativement jeune, vous souhaitez construire sur le long terme ?

On a toujours eu une politique quelque peu centrée sur la formation, et sur les jeunes coureurs, en tentant de les faire progresser au sein de l'équipe. On continue donc sur cette voie-là, et on peut s'apercevoir que quelques équipes étrangères mettent en place un modèle similaire. Je pense qu'ils se sont aperçus, qu'à un moment, il y avait une certaine richesse à tirer par rapport à cela. De notre côté, notre objectif est de garder les jeunes coureurs que nous avons formé. C'est le combat que nous essayons de mener.

Et ça devient forcément plus difficile quand ceux-ci font leurs preuves …

Il est évident que dans le système dans lequel nous sommes aujourd'hui, si un coureur est un grand rouleur, un grand grimpeur ou un grand sprinteur, il est très vite sollicité. Ensuite, tout dépend de l'orientation que le coureur veut donner à sa carrière. Certains vont privilégier l'aspect financier en prenant moins en compte l'aspect sportif, et d'autres vont faire de bons choix sportifs en donnant moins d'importance au côté financier. L'idéal, bien sûr, c'est de faire un choix rationnel où le choix financier est en concordance avec le choix sportif. Mais au final, c'est le coureur lui-même qui fait son choix et qui négocie. En tous les cas, on sait pertinemment qu'un coureur qui progresse très vite et qui est très bon dans un des trois domaines que j'ai mentionné, prend de la valeur sur le marché des transferts.

« Tirer Démare et Elissonde vers le haut »

Un petit mot sur les recrues, à commencer par Arnaud Démare, champion du monde Espoirs. Peut-il, à l'instar d'un Marcel Kittel, jouer la gagne au sprint dès sa première année pro ?

On espère bien, évidemment. Quand on est champion du monde et quand on a, comme lui, été au plus haut niveau mondial du sprint chez les Amateurs, il n'y a aucune raison que ça ne se passe pas bien chez les pros. Maintenant c'est à nous, comme nous lui avons expliqué, de faire en sorte qu'ils travaille ses qualités dans un nouveau modèle. Et puis, on ne va pas se le cacher, le but ultime pour Arnaud Démare à l'avenir, ce sera de jouer la gagner sur les grandes courses World Tour. Alors, quand on a un coureur de cette qualité, on se doit de le tirer vers le haut. On ne doit pas le laisser virevolter à un niveau qui ne serait pas le sien. Ainsi, un garçon comme lui, nous allons rapidement l'initier au niveau World Tour afin qu'il apprenne à disputer un sprint à ce niveau-là, car ça n'a rien à voir avec les épreuves de classes inférieures, ce n'est pas du tout pareil. Bien sûr, on le fera osciller entre le World Tour et les épreuves de moindres renoms, mais on ne peut pas se permettre, avec un coureur tel que lui, de dire « nous avons le temps, tout va bien, soyons patients », surtout pas. Quand un coureur a des qualités, il faut tout de suite le tirer vers le haut et lui montre qu'est-ce que le haut-niveau, sinon, on perd notre temps.

Le second arrivant est Kenny Elissonde, qui était sociétaire du CC Étupes. Vous le connaissez bien ?

Oui, tout à fait. Je le vois régulièrement depuis bientôt deux ans, il fait ses tests chez nous, et c'est Julien Pinot qui le suit. C'est quelqu'un que nous avons à l'oeil depuis quelques années, on connait sa progression et on sait de quoi il est capable. C'est un jeune coureur, mais avec déjà beaucoup de qualités. Qualités qui n'étaient pas forcément faciles d'exprimer chez les Amateurs car il a un profil particulier de puncheur-grimpeur. Je pense donc que c'est quelqu'un, si tout se passe bien, qui devrait encore mieux s'exprimer chez les pros, sur des parcours qui lui conviendront. Comme pour Démare, nous allons lui faire découvrir de nombreuses courses, mais nous allons rapidement le mettre dans un modèle qui lui convient, en fonction de ses qualités, afin de le tirer vers le haut le plus vite possible, progressivement.

Pourquoi ne pas avoir gardé Fabian Schmidt, vainqueur de Paris-Tours et stagiaire à la FDJ cet été ?

Les coureurs savent que ce n'est pas parce qu'ils sont stagiaires, qu'ils passeront forcément pros chez nous. C'est, en outre, un très bon coureur, qui a donné satisfaction, mais nous ne pouvons pas engagé trois néo-pros comme cela, ce n'est pas facile. A partir de là, il y avait des choix à faire, et ceux-ci se sont portés sur Démare, qui avait déjà une sorte de pré-contrat chez nous, et Kenny Ellisonde, qui a séduit cette année et qui a fait un bon Tour de Burgos.

Avez-vous déjà en tête d'autres jeunes coureurs pour les années à venir ?

Bien sûr, mais je n'en dirai pas plus. Il n'y en a pas dix, il n'y en a pas 20, mais il y en a au moins 5 que nous avons d'ores et déjà ciblé.

« Philippe Gilbert a une progression régulière »

Revenons à la saison 2011 marquée par l'ultra-domination de votre ancien « poulain » Philippe Gilbert. C'est quelque chose qui vous a fait plaisir ?

Personnellement, c'est sûr que ça m'a fait plaisir, car on a eu Philippe durant plusieurs années chez nous. Il a appris une bonne partie de son métier à la FDJ. Je discute encore souvent avec lui, que ce soit par téléphone ou sms. C'est quelqu'un, qui a l'époque, était très volontaire dans l'effort, qui n'avait peur de rien, mais qui faisait beaucoup d'erreurs en course. Il n'avait pas encore cette capacité à bien gérer les courses, car il était un peu « chien fou ». Il a quitté l'équipe en 2008, après sa victoire sur Paris-Tours, en étant déjà presque prêt à devenir un grand leader. Nous ne sommes pas frustrés par rapport à ça. Il a fait un choix sportif et il s'est exprimé d'une excellente manière lors des dernières saisons. De notre côté, nous sommes fiers de cela, et nous nous disons que la FDJ en est pour un peu dans sa réussite actuelle. On ne le revendique pas, mais on est content de voir jusqu'où il est allé pour le moment.

Vous comprenez que certains observateurs, suiveurs, puissent avoir des suspicions vis à vis de lui au vu de sa saison époustouflante ?

De toutes manières, on ne pourra jamais empêcher que ça se produise. Le cyclisme attire toujours la suspicion quand un coureur réalise de grosses performances. Ce n'est pas à moi de m'exprimer là-dessus, mais en revanche, nous connaissons sa progression depuis qu'il est arrivé chez nous, en tant que néo-pro. Cette progression est régulière, linéaire. Ce n'est pas comme chez certains coureurs où l'on observe un gros pic à un moment donné. Chez Gilbert, ça n'a jamais été ça, chaque année, il a gravi un palier. Maintenant, il est vrai que c'est exceptionnel ce qu'il a fait, mais il faut aussi voir dans quelle condition il l'a fait. Il a totalement maitrisé les courses qu'il a remporté, mais sa domination n'était pas dû qu'à son potentiel physique. C'est une combinaison entre son potentiel physique et une fantastique stratégie de gestion de course techniquo-tactique, et ça, il ne faut pas l'oublier. Il gagne car il est fort certes, mais il gagne aussi car il attaque au bon moment, car il a une stratégie de course excellente, avec une grosse équipe à son service. C'est toute une série de facteurs, il n'a pas gagné tout seul. Si ça avait été le Philippe Gilbert « chien fou » de la FDJ, il n'aurait jamais gagné les courses qu'il a remporté cette année. Il a bien sûr progressé physiquement, mais il avait des coéquipiers prêt à se donner à 100% pour lui ainsi qu'un mental en course solide et réfléchi. Il n'y a aucune raison d'avoir des suspicions car sa progression est tout ce qu'il y a de plus normal.

Par rapport au dopage justement, on sent que ça régresse, est-ce aussi votre opinion ?

Oui, on le voit, on l'observe, et moi qui travaille pas mal là-dessus, je le quantifie statistiquement. Le Tour de France de cette année, en termes de niveau de performances, est le plus faible depuis plus de dix ans. Pour le Giro, c'était la même chose, en terme de niveau de performances, ce n'était pas très important. En bref, je dirais que c'était une année avec un niveau de performances cohérent. Alors bien évidemment, cela a quelque peu modifié la vision de certains journalistes, qui ne comprenaient plus rien. Le problème qu'il y a eu, c'est que lorsque certains leaders n'étaient plus au niveau auquel ils étaient par le passé, au lieu de convenir qu'ils étaient à un vrai niveau, on a dit qu'ils étaient dans un jour sans ou qu'il y avait un problème. Tout s'est un peu déformé, et on a du mal à mieux comprendre ce qu'il se passe. Toutefois, oui, ça va beaucoup mieux, et les Grands Tours de cette année le prouvent, les chiffres également.

« Le gros de la préparation se fait hors-stage »

Abordons un sujet totalement différent, la préparation hivernale. Pouvez-vous nous expliquer comme cela s'orchestre pour les coureurs ?

Tout d'abord, comme les saisons sont désormais relativement longues et stressantes pour les coureurs, il faut une bonne période de récupération, et celle-ci s'effectue à deux niveaux. Il y a bien entendu le relâchement physique, mais il faut aussi retrouver un équilibre mental relativement stable afin de se remettre « à l'aise ». C'est comme si on re-formatait le disque-dur. Les deux sont indissociables et il faut que les deux aspects soient complètement relâchés durant une période de 3-4 semaines. Ensuite, tranquillement, on remet en route durant ce que l'on peut appeler la période pré-compétitive où là, les modèles sont très différents selon les sujets. A mon sens, il ne faut tout d'abord, pas remettre de la contrainte trop rapidement, surtout pas. L'idéal au départ, c'est de permettre au coureur de pratiquer un maximum de disciplines sportives qui lui procure du plaisir et qui ne lui impose pas trop de contraintes. Car si c'est le cas, on sait que cette contrainte mise en place dès Décembre va se répercuter très rapidement au début de saison. Ce qui est important, c'est d'aménager un emploi du temps pour chaque coureur, en fonction des disciplines sportives qu'ils peuvent pratiquer qui sont très différentes selon le lieu d'habitation du coureur. A partir de là, on essaye donc de construire un programme d'entraînement sportif avec le maximum de disciplines afin que l'athlète prenne du plaisir, et qu'il perde du poids si jamais il en a pris. Cela correspond à la préparation physique générale, et suite à cela, tout va se remettre en route. Si tout s'est bien passé, en remontant sur le vélo, le coup de pédale revient alors assez vite. Par ailleurs, je suis personnellement contre le même modèle pour tous les coureurs, je n'y crois pas. Il faut adapter le modèle en fonction du coureur, de ce qu'il aime faire, de ses caractéristiques. 

Le cyclo-cross est-il préconisé ou facultatif à la FDJ ?

Ça rejoint le point précédent. Ce qui ne serait pas bon, c'est qu'un coureur qui suit une préparation physique générale basée sur l'endurance, se mette, tous les Dimanches, à bloc pendant une heure sur un cyclo-cross. On peut très bien associer le cyclo-cross à la préparation physique générale, mais le problème est qu'il faut gérer les courses, les déplacements et on peut retomber dans un modèle compétitif où le Samedi on se met la pression pour la course etc... C'est très bien de faire du cyclo-cross, mais pour ceux qui ne le pratiquent pas dans le but d'être compétitif, il faut le faire de manière cohérente, et de façon à prendre du plaisir, en se disant que le résultat n'est que facultatif.

Autre point, les stages de pré-saison. Quelle en est concrètement l'utilité ?

Les stages, selon la période de l'année, sont complètement différents. Ceux durant l'hiver sont les seuls où on a quasiment tous les coureurs de l'équipe car il n'y a pas de courses et ils sont disponibles. Le premier stage comporte une partie administrative plutôt importante, avec une partie « entraînement » qui vient se greffer dessus. Au mois de Décembre, on doit avoir 70% de travail administratif, et 30% d'entraînement, et de plus en plus, on se rend compte qu'à cette époque de l'année, on a encore le temps. Les stages de pré-saison sont un passage obligé pour que les coureurs puissent rouler ensemble, se retrouver, connaître les entraîneurs, le staff technique, mais le gros du travail va aussi se situer en-dehors du stage. Durant celui-ci, on recentre les objectifs, on va quasiment mettre en place le socle de l'année 2012. En Janvier en revanche, on part sur un stage plus qualitatif au niveau de l'entraînement, la saison est quasiment lancée. On n'a généralement, pas tous les coureurs, car certains sont déjà partis en course, donc on est moins nombreux et les stages sont plus ciblés vis à vis des objectifs. Ensuite, dans l'année, on peut mettre en place des micro-stages spécifiques avec certains coureurs à certains endroits, en montagne par exemple. Mais au final, il n'y a qu'en Décembre où on les voit tous -ou presque-.

« Être performant sur les courses World Tour »

Pensez-vous déjà au calendrier 2012 à la FDJ ?

Bien sûr, nous nous sommes réunis Jeudi dernier pour en parler avec d'autres directeurs sportifs. On a déjà établi des pré-calendrier, on fait des sortes de simulation, et on commence à mettre en place des programmes de course. Au mois de Décembre, il faut que tout soit déjà en place pour tous les coureurs, afin d'avoir les meilleurs modèles possibles de préparation.

D'ores et déjà des objectifs ?

Il faut à tout prix que l'on soit performant sur les courses World Tour. C'est à dire qu'on va être obligé de construire autour d'un leader, sur les Classiques, les courses d'une semaine et sur les Grands Tours. On sait, de plus, qu'on a chez nous de bons grimpeurs, de bons sprinteurs et de bons coureurs de Classiques. On va donc mettre en place des modèles qui seront bien ciblés sur des leaders désignés sur chaque course, avec des équipiers pour les épauler, chose que l'on était moins habitués à faire les années précédentes pour diverses raisons. Mais le système du World Tour nous y oblige désormais et les coureurs le comprennent de plus en plus. On va donc entrer dans un modèle avec des équipiers prêts à se mettre à plat pour leur leader, on n'a plus le choix, c'est le système qui prévaut aujourd'hui.

Aurez-vous la quête de points UCI en tête ?

C'est évident que nous penserons aux points UCI, c'est obligé. On sait très bien qu'à la fin de la saison 2012, l'UCI refera ses comptes. Si on a pas de points, c'est que l'on aura pas été bons, et on aura toutes les chances de descendre en seconde division. On n'a pas le choix, il faut marquer des points, et ce qu'on remarque, c'est que dans chaque équipe, ce sont seulement une poignée de coureurs qui récoltent un grand nombre de points : les leaders, tandis que les équipiers qui travaillent pour eux n'ont quasiment rien. Donc notre but à nous sera d'aller chercher beaucoup de places entre 1er et 10ème, car ce sont celles qui marquent des points, mais on ne va pas non plus bouder les courses de niveau inférieur qui sont aussi importantes pour aller chercher des points. Cette année, nous avons récolté beaucoup de points dans les courses hors World-Tour.

N'avez-vous pas peur qu'en privilégiant le World Tour, les courses de classes inférieures passent en seconde zone, et qu'elle ne vous permettent donc pas de capitaliser des points comme cette année ?

Nous allons évoluer dans toutes les catégories de course, et nous voulons aller chercher des points partout. Maintenant, on sait bien que les points World Tour sont importants, et une équipe World Tour se doit d'aller chercher des points World Tour. Si ce n'est pas le cas, c'est tout simplement que nous n'avons pas le niveau. Si nous sommes effectivement en première division l'an prochain, mais que nous ne parvenons pas à engranger des points World Tour, on devra alors se poser des questions. Quoiqu'il en soit, on se doit d'aller marquer des points sur les plus grandes courses, les coureurs le savent et on fera tout pour le faire, d'où la nécessité de construire nos équipes autour d'un leader.  

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Vos Commentaires

 

grappe est tres gentil mais avec son ordinateur il nous a sorti aucun champion il n a pas besoin d un madiot ou grappe pour penser que demarre ou pinot vont faire partis des meilleurs coureurs mondiaux tres prochainement ca coule de source dans n importe qu elle equipe il vont gagnes meme chez papi guimard ou aubervilliers c est peut dire sur la classe de c est 2 futurs champions alors leur cinema ont en a ras le bol

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dudu : il y a 988 jours

 

Y a un bon collectif chez eux , avec un bon niveau d'ensemble , d'ou a mon avis difficile de dégager des leaders , ou alors au coup par coup sur chaque épreuve , et en WT difficile de si pas une valeur sure qui dynamisent ,ce qui manque a FDJ

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velolove : il y a 989 jours

 

ATHLETIC@je suis tout a fait d accord,vacances au soleil,c est pourtant pas un gros sponsor,je connais pas le budget,mais niveau effectif et resultats,c est pas aml du tout,l exemple que les francaises ne suivront pas bien sur,ils sont exemptés de WT!

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blandan : il y a 989 jours

 

Interview très intéressante... Pour etre en world tour sans etre forcément dans les meilleures équipes je pense qu'il faut s'inspirer de vacansoleil. Cette équipe a eu des résultats honorables en world tour mais qui la mettait quand meme en balance pour 2012, mais elle a énormément gagné en classe HC et 1 et du coup elle finit tranquillement dans le top 15 des équipes et se maintient sans soucis. Je pense que c'est le bon exemple à suivre en termes de résultats pour les équipes francaises qui ont des effectifs avec du potentiel mais un peu limité pour rivaliser sur toute une saison au plus haut niveau.

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athletic : il y a 989 jours

 

ils prennet leurs responsabilités: wt wt et wt et "si on rate on est mauvais" c'est très bien, c'est une forme de "douloureuse" mais ils adoptent le bon comportement c'est ce qu'il faut

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paulo : il y a 989 jours

 

Le boucher a largement la caisse pour finir chez eux: se mettre à plat pour ses leaders il a fait que ça cette année après il a toutes les qualités requises à la préparation d'un sprint pour hutarovich ou démare et sur les classiques, rien à dire il sait gérer les pavés. Seul "problème" pour lui c'est que Hutarovich, Pinot & cie ça fait moins "prestige" que Gilbert, Greipel ou VDB mais bon ça ça reste un problème de riche ^^

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huta-chavanel-boucher : il y a 989 jours

 

Très bon article, bravo à l'équipe rédactionnelle. Dans les propos de F. Grappe, il y a une chose que je retiens, et qu'on n'entend depuis 3 ans à chaque fin de saison du côté de la FDJ : "on va être obligé de construire autour d'un leader, sur les Classiques, les courses d'une semaine et sur les Grands Tours" Il y avait déjà exactement le même discours il y a quelques temps, ça ne venait pas forcément de la même personne appartenant au staff de la FDJ à la même époque de l'année. Résultat la saison qui suivait ce discours n'était "pas respecté" ou alors pas dans la philosophie de toute l'équipe de courir comme cela. On peut le comprendre, chaque coureur fait du vélo pour remporter des courses, et jouer sa carte. Mais aujourd'hui ça marche très moyennement, et comme le dit F. Grappe, le système leur impose indirectement de courir avec un leader désigné. On pourrait penser aussi que c'est un soucis de luxe, c'est à dire que l'équipe alignée sur telle course regorge de plusieurs coureurs capables de lever les bras sur la ligne, et alors on ne désigne personne... On fait selon les jambes de chacun durant la course... Sur les courses 1.1 1.2 voir HC ça marche, sur le World Tour déjà beaucoup moins.

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Poulain : il y a 989 jours

 

Toujours les mêmes grosses oeillères et le même regard manichéen chez Fred Grappe. Je préfère m'alarmer des paroles du chef de l'AMA, qui se sent un peu désemparé: " On attrape les dopés "simplets", mais pas les dopés "sophisitiqués..." A vous de deviner si les produits australiens découverts chez un ancien coureur belge étaient destinés à des dopés "simplets" ou des dopés " sophistiqués". J'ai mon opinion.

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goasmat : il y a 989 jours

 

Sauf qu'il y en a pas eu depuis au moins février...

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Alexandre Rolin : il y a 989 jours

 

Toujours la même interview mensuelle de Grappe... Passionnant...

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mmh : il y a 989 jours

 

C'est vrai que FDJeux a une sacrée capacité à recruter les meilleurs espoirs français. Aorès, il y en a qui percent, d'autre non...

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tienou : il y a 989 jours

 

Très très gros potentiel dans cette équipe, un peu limitée pour le WT tout de même mais bon s'ils installent un vrai train pour le sprint et définissent bien les rôles pour la montagne, les belles places sont jouables et pourquoi pas des exploits! Bonne chance à la FDJ pour 2012 en espérant voir Démare et Pinot briller!!!

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zoncolan : il y a 989 jours

 

Belle interview. Intéressante. Comme reg, j'ai aussi pensé à David Boucher. Concernant la partie du dopage, je suis moins optimiste car je ne pense pas qu'on peut raisonnablement juger que sur une seule année. Il faut voir si ça se confirme dans les années à venir. - Le Tour : en 2011 temps exécrable (pluie, vent et froid) pendant les 3/4 des étapes (nombreuses chutes de leaders et outsiders). Pas sûr qu'il y ait eu pire dans les 10 dernières années ? - Le Giro : répertorié comme "dantesque" et l'un des plus durs de l'histoire, ce qui s'est fait ressentir encore sur la Vuelta pour ceux qui ont tenté ce doublé. - Les 3 grands tours : 1ère année où l'UCI a interdit la récupération médicalisée par piqures qui était légale auparavant. Etc... J'aime beaucoup cette phrase de Fred Grappe : "Quand un coureur a des qualités, il faut tout de suite le tirer vers le haut et lui montrer qu'est-ce que le haut-niveau, sinon, on perd notre temps." Et je pense qu'elle va plaire @blandan. ;)

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Chouchouduvélo : il y a 990 jours

 

Pas un mot sur thibault pinot qui a été tres bon sur cette saison, dommage...

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landers : il y a 990 jours

 

tres bon article . je pense qu une des recrues sera david boucher . il a tout a fait le profil décris de gros rouleurs . en esperant que la fdj monte en worl d tour car l equipe merite largement plus que certaines des autres equipes candidates ( europcar , ag2r ou geox ) ! allez fdj !

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reg : il y a 990 jours

 

 

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