Interview
David Boucher : « FDJ a une mentalité comme la mienne »
posté par Sébastien Warègne le 05/12/2011 à 21h10

Non conservé par la Lotto, suite au départ de Philippe Gilbert pour la BMC, David Boucher a mis du temps à décrocher un nouveau contrat. En 2012, il portera les couleurs de la FDJ - BigMat, fraîchement promue en World Tour, et peu enfin souffler et dormir sur ses deux oreilles. Le plus Belge des Français ou le plus Français des Belges, allez savoir, attaquant inoxydable, change d’équipe mais ne compte pas changer de tempérament pour autant. David Boucher pense d’ailleurs qu’il devrait rapidement trouver sa place au sein d’une formation du trèfle qui possède, elle aussi, une mentalité offensive. En France, la chance sourit plus souvent aux audacieux qu’en Belgique, alors en vieux briscard, il compte enfin en gagner une belle. Sa saison 2011, son transfert, son rôle et ses objectifs il en parle avec Cyclism’Actu.
David, après la trêve, place à la reprise, comment vous sentez-vous ?
Je dois avouer que pour le moment ma forme actuelle est loin d’être la meilleure que j’aie connue. C’est d’ailleurs tout à fait normal à ce moment ci de la saison. Nous sommes tous aux mêmes niveaux, nous venons de reprendre petit à petit. Pour moi, la reprise a été difficile. Je pense qu’il est important de faire le vide pendant la coupure et j’ai eu du mal à penser à autre chose qu’au vélo. En effet, je ne savais pas trop ce qu’il allait m’arriver, quel allait être mon avenir. Maintenant depuis une bonne semaine, j’ai signé à la FDJ, je peux souffler et profiter de toutes les choses de la vie.
Justement, parlez-nous de ce contrat…
J’étais en discussions depuis déjà un petit moment avec la FDJ, elle recherchait un coureur de mon profil. Les pourparlers ont été longs mais maintenant le contrat est signé et je serai membre de l’équipe FDJ au moins jusqu’à la fin de l’année 2012. Maintenant, je suis motivé, je veux m’intégrer et faire ma place. Je n’ai qu’une parole, malheureusement, peu de monde me connait vraiment en France. Pour la suite, on verra mais il n’y a pas de raisons que je ne puisse continuer avec eux. Cette équipe peut vraiment me convenir car elle a une mentalité très offensive un peu comme la mienne.
« J’ai réalisé un rêve en rejoignant la structure Lotto »
Vous quittez donc, Omega Pharma Lotto, votre rêve, que retenez-vous de cette aventure ?
C’est vrai que j’ai réalisé un rêve en rejoignant la structure Lotto dont j’étais fan depuis mon enfance. Je suis professionnel depuis plusieurs années maintenant et rejoindre une structure de cette envergure c’est vraiment génial. J’ai vécu une belle saison en aidant Philippe dans ses nombreuses victoires. Je suis vraiment fier de cette rencontre et de tout notre travail. Après, comme tout rêve il a eu une fin et elle a été assez mauvaise pour moi. On m’avait promis une place et je n’ai jamais été recontacté, je reste donc sur un goût amer. C’est un peu le monde du sport qui est comme ça, ce n’est pas facile. J’ai dû me résoudre à changer d’équipe, j’ai dû me battre et j’ai réussi à intégrer l’équipe FDJ.
Comment cela se fait-il que vous ayez été oublié ?
Je ne pense pas que j’ai été oublié. Je vois les choses différemment. Je suis venu dans cette équipe pour aider Philippe Gilbert. C’est lui qui est venu me chercher car j’étais utile pour lui. A la fin de la saison, Philippe a décidé de quitter l’équipe pour rejoindre la BMC. Suite à ça, je pense que les dirigeants de Lotto ont voulu répondre et ont décidé de ne pas me prolonger car j’étais proche de lui. C’est pareil pour d’autres coureurs de l’équipe, c’est une sorte de vengeance. Philippe aurait surement souhaité que je l’accompagne chez BMC mais je ne corresponds pas aux coureurs de cette équipe. Je ne pense pas que ce soit un manque de performance car on a fait le boulot peut être même plus que d’autres qui eux sont restés.
« Faire comme avec Philippe Gilbert »
L’année prochaine, en 2012, ce sera votre première saison complète dans une équipe française…
Exactement, j’ai déjà passé quelques mois en France dans l’équipe Oktos - St Quentin mais jamais une saison entière. J’avais rejoint cette structure en cours de saison. Tout le reste de ma carrière professionnelle, je l’ai accomplie en Belgique. 2012 sera donc ma première saison complète dans une équipe française.
Quel sera votre rôle au sein de votre nouvelle équipe ?
Je n’ai pas encore une idée précise de mes fonctions en 2012. Je sais plus ou moins à quoi m’attendre mais nous devons en discuter davantage lors du premier stage. Je serai sans doute présent pour épauler mes équipiers Yoann Offredo ou Frédéric Guesdon dans les classiques flandriennes. Cela sera sans doute ma tâche et j’aurai à cœur de faire mon travail à 100% pour montrer ce que je vaux vraiment. Je vais emmener d’autres coureurs le plus loin possible dans les courses comme j’ai pu le faire avec Philippe cette année.
« Je ne sais pas rester dans un peloton à ne rien faire »
On vous a vu au départ d’un duathlon en Wallonie il y a quelques jours, c’est votre façon de vous préparer durant l’hiver ?
En fait, je me suis rendu à cette course simplement dans le but de relever un défi entre amis. Certains coureurs professionnels de la région m’avaient proposé cette épreuve et donc j’ai décidé d’y prendre part. J’ai vraiment pris cette course comme un moment de détente, j’ai quand même donné tout ce que j’avais ! C’est important l’hiver de faire d’autres disciplines pour s’éloigner du stress de vraies compétitions cyclistes. Personnellement, j’aime aussi beaucoup nager car c’était mon sport de prédilection avant le vélo. J’adore également faire de la marche dans les campagnes près de chez moi. C’est très reposant, de longues balades de 10 à 15 kilomètres. J’essaye de m’occuper au maximum de la famille et le reste c’est pour le plaisir.
Quand on entend votre nom, on pense tout de suite à vos grandes offensives, c’est votre façon de courir, celle que vous aimez ?
Dans le peloton, il y a beaucoup de baroudeurs, d’équipiers qui ne sont pas trop reconnu. Surtout à l’heure actuelle avec les nouveaux règlements. Quand on est grimpeur, sprinteur ou leader on est connu et reconnu mais pour les autres c’est beaucoup plus difficile. Pour ma part, je fais partie des autres car je n’ai pas de spécialité. Il faut bien faire quelque chose. J’ai un tempérament offensif, je ne sais pas rester dans un peloton à ne rien faire. Avant d’arriver chez Omega Pharma - Lotto, j’étais d’ailleurs dans des équipes où il fallait montrer le maillot cela me convenait donc parfaitement.
« Sentir le bon coup »
Une première victoire pro en 2012, un objectif ?
J’ai déjà connu de petite victoire chez les pros. En décrocher une belle se serait super mais il n’y a pas que ça. J’applique toujours au maximum les consignes que je reçois et je n’ai pas souvent eu de libertés dans ma carrière. Bien que je sois toujours à l’attaque, c’est assez difficile de conclure car les armadas gèrent en général derrière. En 2012, je garderai mon tempérament d’attaquant mais peut être que j’aurai plus ma chance car c’est différent en France. En plus, je participerai peut être à un grand Tour ce qui m’avantagera peut être. C’est à moi de sentir le bon coup.
Pour finir, vous voulez prendre la nationalité Belge, pourquoi ? Où en sont vos démarches ?
La raison est simple, je suis né avec la double nationalité. Je l’ai perdue chez les jeunes en participant aux championnats du Monde avec la France. Je suis donc français mais à la base, je suis belge. J’habite en Belgique, ma femme est belge, mes grands parents sont en Belgique que ce soit en Flandre ou en Wallonie. J'ai retrouvé mes racines ici et j'aimerai retrouver mon bien. Je ne veux pas renier la France mais je veux retrouver ma nationalité belge. Pour ce qui en est de mes démarches, c’est assez avec les circonstances politiques difficiles en Belgique. Ce n’est pas évident, cela avance mais c’est long. Il se pourrait cependant que je devienne Belge assez vite !
Propos recueillis par Sébastien Warègne
Pour un suivi complet et ne rien manquer de l'actualité du cyclisme, suivez Cyclism'Actu sur
Facebook et sur
Twitter.
Les commentaires
Un bon coureur qui n'a pas de chance et à qui on ne la laisse pas, comme beaucoup en France et en Belgique, des types qui, au final, sont capables de certaines choses plutôt pas mal. Peut-être en 2012 être un peu plus libre et trouver un rôle convenable auprès d'un autre coureur, pas juste service dans l'ombre d'un Gilbert
bob_bouh le 05/12/2011 à 21h44
Son transfert à la FdJ avec Philippe Gilbert comme agent mdr.
Non, plus sérieusement il mérite sa place dans une équipe WT.
Kent1 le 05/12/2011 à 22h38
Bonjour Cyclism'Actu,
Toujours très intéressant les entretiens avec les coureurs. Ce serait super bien d'avoir une interview de Sébastien Joly, un coureur super sympathique. Je sais qu'il est à la recherche d'une équipe pour 2012. Ce serait bien de savoir ce que devient le vainqueur de Paris-Roubaix Espoirs.
Merci.
cyclisme le 06/12/2011 à 09h00
un trés bon coureur qui a signer dans une trés bonne équipe qui lui convien parfaitement!!!! espére qu' il décrochera un bouquet cette année il le mérite amplement !!!
tiotiot le 06/12/2011 à 13h42
un bon coureur tres sympa et courageux
toujours d'attaque j'espere que cette année
il se fera voir en gagnant
velo 60 le 06/12/2011 à 17h47
Lien
Proposer un article
Contact
RSS
Staff
Transferts


















Ce David... Vraiment un très bon bonhomme ! Toujours disponible, sympathique... C'est vraiment un coureur que j'apprécie. J'espère qu'il pourra participer au Tour de France. On sera sûr de voir de belles échappées. C'est un peu un Jacky Durand, mais ses échappées sont rarement conclues. Dommage, ces coureurs en méritent tant...
Allez David, je te souhaite une bonne saison 2012 sous les couleurs de la FDJ !
Barto59 le 05/12/2011 à 21h21