Interview
Andrea Guardini : « Relever mon bilan au Giro »
Par Alexandre Mignot
Publiée le 26/04/2012 à 19:30
Andrea Guardini, au même titre qu'Elia Viviani et Sacha Modolo, incarne la relève du sprint italien. Une relève qui n'a pas tardé à s'exprimer dans le peloton professionnel que le vétéran Alessandro Petacchi ne va pas tarder à quitter. Le sprinteur de la Farnese Vini-Selle Italia avait éclaboussé de tout son talent le Tour du Langkawi l'an passé. Alors quasi-inconnu car néo-pro, le Transalpin avait aligné les succès d'étapes. Avec 5 succès et une domination écrasante, il avait contraint ainsi, pour l'anecdote, son manager à arrêter de fumer suite à un pari. Cette année, sur l'épreuve malaisienne, la bombe italienne, a remis ça, en faisant encore plus fort, avec 6 étapes, rien que ça !. Mais il y a un problème. Face à une grosse concurrence, et malgré une pointe de vitesse plus qu'honorable, Guardini a du mal à conclure. Il y était parvenu avec brio, l'an passé, sur le Tour du Qatar, mais depuis, il est toujours à la recherche d'une grosse victoire face à un plateau plus relevé. C'est dans cette optique, ainsi que dans celle de la préparation pour le Giro qu'il est présent sur le Tour de Turquie depuis dimanche. Pas forcément bien placé depuis quelques jours, le souriant Italien ne désespère pas et sait que son objectif premier est encore à venir. Dans très peu de temps maintenant, Andrea Guardini participera, à bientôt 23 ans, à son premier Giro. Un rendez-vous important pour l'Italien et pour lequel Mario Cipollini, équipementier et consultant de la Farnese Vini, était prêt à faire son retour pour lui lancer les sprints. Avec des ambitions et de l'envie, il se confie à Cyclism'Actu.
Andrea, quelles étaient vos ambitions en vous alignant sur ce Tour de Turquie ?
Evidemment, j'avais à coeur de bien faire en arrivant ici la semaine dernière. Je sais que c'est très difficile sur cette épreuve, mais mon objectif était tout de même de gagner au moins une étape. L'an passé, c'était beaucoup plus facile pour moi, et les étapes étaient aussi moins dures. J'ai fait quelques bons sprints l'an passé, et j'ai pu gagner deux étapes ! Ce n'était pas pour autant facile. En ce moment, ma forme est plutôt bonne. Elle est même meilleure que l'an passé. Je me prépare pour le Tour d'Italie, mais j'ai tout de même l'envie de faire quelque chose de bien ici.
« Là où je peux gagner, j'essaye de gagner »
C'est donc ici que vous vous préparez pour le Giro ?
Oui, tout à fait mais j'ai aussi conscience que le Tour de Turquie est une belle et importante course. Je ne prends pas cette course à la légère, même si mes objectifs sont dans quelques semaines, voir quelques jours. Je reste concentré sur chaque course auxquelles je participe. Je ne suis pas le type de coureur à faire l'impasse sur certaines épreuves. Là où je peux gagner, j'essaye de gagner.
Pensez-vous pouvoir améliorer encore votre condition d'ici le Giro ?
Oui, j'en suis même convaincu. Cette année, ma préparation est je pense plus adaptée à mes objectifs. Le but est d'avoir une bonne forme à la fin du Tour de Turquie pour ainsi commencer la première semaine du Giro dans les meilleures conditions possibles. L'an passé, ma condition était au plus haut lors de la première étape du Tour de Turquie et j'étais crevé à la fin de l'épreuve. Ce qui n'était pas forcément une bonne chose. Cette année, tout est calculé, et je pense que je suis dans les temps pour mon premier Giro.
Quels coureurs seront à vos côtés sur le Giro, pour vous emmener ?
Evidemment, l'équipe qui est ici en Turquie ne sera pas la même que celle qui sera sur le Tour d'Italie. En fait, je suis le seul coureur ici, qui participera au Giro pour la Farnese Vini-Selle Italia. Mais je ne m'inquiète pas, même si je ne peux pas travailler avec mes futurs coéquipiers en ce moment. J'aurai une très bonne équipe au Giro, il n'y a aucun soucis. Après, je pense qu'Elia Favilli sera mon poisson pilote. Il l'était d'ailleurs l'an passé sur le Tour de Turquie et ça ne s'était pas trop mal passé (sourires). Cette saison, il n'est pas avec moi ici, mais il a bien travaillé sur les courses belges, sur les Classiques et il va continuer à bien bosser chez lui aussi. On espère tout deux être au niveau le moment venu.
« Je veux gagner devant de gros sprinteurs »
Quel va être le plan à suivre avant le Giro ?
Dans un premier temps, finir sur une bonne note ce Tour de Turquie. Je vais continuer à essayer de tenter ma chance au sprint. Je ne sais pas si je peux gagner mais je veux faire au moins un bon sprint pour me rassurer et me projeter sur la suite avec plus de confiance. Ensuite, je vais prendre un peu de repos, je vais la jouer relax car il n'y a que 5 jours. Je vais y aller tranquille pendant cette petite periode afin de débuter le Giro assez frais.
Êtes-vous satisfait de votre saison jusque là ?
(Hésitation) Oui et non...Je ne sais pas trop quoi en penser à vrai dire. Au début de la saison, je voulais gagner des étapes sur le Tour de San Luis et le Tour du Qatar et d'Oman. Je n'y suis pas arrivé, mais il faut dire que c'était loin d'être facile. La liste des participants comprenaient de gros coureurs à chaque fois et je n'ai pas non plus à avoir honte d'avoir perdu face à des gars forts comme ceux-ci. Maintenant, je peux relever mon bilan au Giro.
Vos six étapes au Tour de Langkawi ne vous satisfont pas ?
Pour le moment, non. Je sais bien que c'est un record, mais bon. Le Tour de Langkawi est une belle course, ce n'est pas ça, mais je veux gagner contre des coureurs plus forts que ceux que j'ai affronté là-bas. Je veux franchir la ligne d'arrivée devant des coureurs qui sont connus pour être de très bon sprinteurs.
« Les J.O, ça risque d'être difficile »
Quelles étapes avez-vous pointé pour le Giro ?
J'en ai plusieurs en tête mais je pense surtout à celles au Danemark ainsi qu'au cinq étapes après le contre-la-montre qui aura lieu de Vérone. Et puis il y a aussi l'étape qui se finit juste à côté de Rimini. Il y a pas mal d'opportunités pour les sprinteurs, même si on a encore dit que c'était un Grand Tour pour grimpeurs. Après, c'est sûr qu'il ne faut pas se manquer. Chaque occasion manquée est perdue. Ce sera à nous de ne pas rater les chances qui nous seront données.
Qui seront vos principaux adversaires ?
Tous les sprinteurs (rires) ! Tous les sprinteurs car il y aura une sacrée liste de coureurs au départ, et en particulier, de sprinteurs. Je pense notamment à Mark Cavendish, qui sera quasiment le favori pour toutes les étapes de plaines. Mais c'est normal, c'est le meilleur et le plus fort sprinteur du monde. Il n'y a pas que lui, c'est sûr, et de toute façon, il faudra battre tout le monde si on veut gagner. Pas un seul coureur.
Avez-vous déjà pensé à l'après-Giro ? Quels sont les plans ?
Je ne sais pas vraiment. Je prendrais surement une semaine pour me reposer après le Giro et nous déciderons ensuite de mon programme avec l'équipe. Pour le moment, je me concentre sur le Tour de Turquie, puis sur le Tour d'Italie. On verra la suite plus tard.
Et les Jeux Olympiques, ça ne vous dit rien ?
Pour les Jeux, ce n'est pas si facile. L'équipe italienne n'aura que cinq ou six coureurs, et c'est déjà difficile de prétendre à une place dans l'équipe. On ne sait jamais, au cas où je fasse de belles performances, tout est possible. Maintenant, je sais aussi que le parcours ne me convient pas super bien car il y a tout de même une petite bosse. Et pour un sprinteur comme moi, ça peut être fatal.
Propos recuellis par Alexandre MIGNOT (avec Alexandre ROLIN)
Photos : Sirotti


















Commentaires
Il y'a aussi Pelucchi qui est plus impressionnant que lui.lonone : il y a 418 jours
Une vrai petite bombe atomique qui imite son mentor Cippo en écrasant le Langkawi comme Cippo le faisait en son temps. Moi il me rappelle Etienne De Wilde ou Carlo Bomans c'est à dire petit , cuissu et très bon sur piste et sur route mais aussi spécialiste du début de saison. De toute façon il finira bien par gagné une étape sois sur le Giro , sois sur la Vuelta. Car pour le Tour ce sera plus dur.nicoportal : il y a 419 jours
l'année dernière c son manager qui avait lancer le défi..tu me gagnes 2 étaps au tour de Turquie et tu fais le giro..Guardini avaist laissé sa place s'estimant trops jeune..c sur qu'il a un énorme potentiel mais je suis persuadé qu'il ne l'exploite pas encore totalement.Il est encore très jeune et j'espère qu'il en claquera 1 sur le Giroaupasamu : il y a 419 jours
le choix va etre difficile pour le sélectionneur bettini pour les JOvince : il y a 419 jours
Cavendish fait le giro ??? sinon avec guardini, modolo, oss, nizzolo , sabatini , viviani ou encore guarnieri au niveau des sprints la releve des cipollini ou des pettachi est assuré !RichouBrajkovic : il y a 419 jours
Coureur très prometteur ce Guardini, hate de voir jusqu'ou il est capable d'aller.cocopepo : il y a 419 jours
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