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Giro - Sprinter, Puncher ? Quel coureur est Matthews ? Photo : Sirotti

Giro - Sprinter, Puncher ? Quel coureur est Matthews ?

 

Michael Matthews remporte la 6e étape du Giro d'Italia 2014

Il nous avait impressionné hier sur la montée de Viggiano, pour la cinquième étape de ce Giro. Si bien qu’on s’en était demandé s’il n’était pas l’un des favoris du jour (lire ici).  Michael Matthews y croyait et il l’a fait ! Gagner en haut de Montecassino, ce n’est pas vraiment ce que l’on attend d’un sprinter. Mais indéniablement, le coureur Australien a changé. Au delà de sa performance individuelle, c’est un succès de plus qui s’ajoute à l’incroyable série entamée par la formation Orica – GreenEDGE avec le succès de Simon Gerrans à Liège – Bastogne – Liège il y a maintenant presque trois semaines.

« C’est un rêve qui devient réalité ! Si on m’avait dit au départ du Giro que je gagnerai une étape arrivant en sommet en devançant Cadel Evans, je me serai cru en train de rêver. Gagner avec le maillot rose qui plus est… Que peut-on dire ?! » Une victoire qu’il n’aura pas volée. Le petit replat avant l’arrivée lui permettait de faire parler ses qualités de sprinters, mais encore fallait-il tenir les huit premiers kilomètres d’ascension à près de 6% de moyenne.

 

Seulement deux grands Tours et déjà trois victoires et un maillot rose !

 

Mais alors… Qui est il ? Sprinter ? puncher ? « Comme je l’ai dit avant, j’ai beaucoup travaillé mes qualités de grimpeur. Je ne me vois pas gagner au sommet de haute montagne, mais sur des difficultés comme cela je peux faire quelque chose. Je me contente en réalité de me concentrer sur mes points forts. J’ai dit il y a quelques jours que je ne me sentais pas dans une grande forme pour les sprints, mais dans une meilleure forme pour grimper. J’ai vu hier notamment que c’était effectivement le cas, donc ça m’a donné de la confiance. Je ne pense pas avoir tant changé que ça. J’ai toujours été un bon grimpeur à vrai dire, mais jusqu’ici, je ne croyais pas en moi. Ça ne veut pas dire que je vais me concentrer à ça dès maintenant. Je continue à travailler toutes mes qualités et je vais naturellement plus travailler celles où je me sens le plus capable. » Rappelons qu’il n’a pour l’instant que 23 ans.  Hier, il nous confiait qu’il allait encore travailler ses capacités de grimpeurs après ce Giro. Sans doute en vue de la Vuelta. Mais à quoi peut-on s’attendre de lui ? Ses qualités ne pourraient-elles pas en faire un bon coureur de classiques Ardennaises ? La seule chose sûre à l’heure actuelle, c’est que pour son premier grand Tour l’an passé, La Vuelta, il avait remporté deux étapes, dont celle de Madrid. Pour son premier Giro, il porte le maillot rose après la victoire de son équipe au chrono’ inaugural, et remporte une belle étape devant Cadel Evans avec le maillot rose… On le voyait surtout comme un sprinter en devenir, maintenant on peut se poser la question.

 

"(On a) essayé de neutraliser"

 

Matthews revient pour nous aussi sur la chute qui a totalement bouleversé l’étape. « Je ne suis pas vraiment sûr. Luke Durbridge venait de me replacer dans une très bonne position avant d’aborder cette dernière ascension. Je pense que la chute s’est produite au milieu du peloton, peut-être avant. En voyant quelque chose comme ça, nous avons décidé de ne pas rouler, d’essayer de neutraliser la course, mais d’autres équipes ont roulé. Nous n’avons jamais essayer de tirer avantage d’un tel crash ». Des propos qu’il a néanmoins nuancé en conférence de presse, puisque même s’il ne la cite pas, c’est l’équipe BMC qui est visée, étant la seule à avoir roulé. « Je ne suis pas sûr que c’était vraiment une attaque des BMC. En tout cas nous nous sommes retrouvé devant. On n’a pas souvent vu une chute comme celle là dans un peloton. »

Une chose est sûre, on ne peut pas parler d’arrangement entre Cadel Evans et Michael Matthews. Les Orica n’ont en effet pas prêté main forte à Steve Morabito, le coéquipier de Cadel Evans. « Nous ne nous sommes pas vraiment parlé avec Cadel pendant ou après l’étape. Nous sommes tous les deux Australiens, mais pour être honnête, on ne s’est parlé que deux ou trois fois avant aujourd’hui. C’est un coureur de classement généraux et moi un sprinter, nous n’avons pas souvent le même programme. Je pense qu’il était déçu car il espérait gagner. »

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Publié le par Antoine PLOUVIN