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Giro - Rigoberto Uran, le 1er Colombien en rose Photo : Sirotti

Giro - Rigoberto Uran, le 1er Colombien en rose

 

Rigoberto Uran, maillot rose du Giro d'Italia 2014

On parle tellement des Colombiens pour la gagne du Giro qu’on en oublierait presque que c’est un jour historique pour le cyclisme Colombien. En remportant aisément le premier chrono’ individuel de ce Tour d’Italie, Rigoberto Uran devient le premier Colombien à se parer de rose. Mais au delà de ça, il pourrait aussi devenir le premier Colombien à remporter un Tour d’Italie. Enfin, on en est encore loin pour l’instant mais la performance du leader de l’équipe Omega Pharma – Quick Step est impressionnante. Jusqu’ici le chrono’ n’était pas sa matière de prédilection, mais il a toujours su bien y limiter dégâts. Là, il va carrément plus loin en reprenant 1’34’’ à Cadel Evans. 

« C’est une surprise pour moi ce maillot rose. Bien sûr je m’étais entraîné pour ça, et sur le parcours, on me disait que je reprenais du temps à Evans. Ça m’a poussé à appuyer encore plus, mais je ne m’attendais quand même pas à gagner et prendre le maillot ».

 

Une surprise préparée

 

Deuxième l’an passé, Rigoberto Uran est clairement venu ici pour remporter son premier grand Tour. Mais le début de saison ne s’est pas passé comme prévu : « J’ai eu des problèmes d’estomac qui m’ont handicapé sur Tirreno – Adriatico et le Tour de Catalogne. Mais l’objectif pour moi, c’était le Giro et ça n’a pas trop perturbé ma préparation ». Un objectif qu’il a minutieusement préparé.

 « Ce chrono’, je l’avais déjà repéré à deux reprises. Je l’ai vraiment beaucoup préparé et nous sommes allé en Californie cet hiver pour faire des essais et des ajustements en soufflerie. Le chrono’ du Tour de Romandie était une bonne répétition ». En Romandie, c’était un chrono’ de 18 kilomètre avec une partie très roulante vent de face, une bosse difficile, et une descente très rapide, vent de dos. Un entraînement idéal pour l’exercice d’aujourd’hui. Christopher Froome l’avait emporté et Rigoberto Uran avait lui terminé quatrième.

« Nous avons aussi beaucoup travaillé avec Specialized là dessus. Et le résultat a payé quand on voit les performances de mes équipiers sur ce chrono’ ». En effet, l’équipe Omega Pharma parvient à placer quatre coureurs dans les huit premiers de l’étape. Outre Uran, Gianluca Brambila est cinquième, Wouter Poels juste derrière et à la huitième place on retrouve Thomas De Gendt.

 

La suite ?

 

En début de Giro, on vous disait que la faiblesse d’Uran, ce serait peut-être son équipe. Les résultats du chrono’ peuvent nous laisser penser que pas tant que ça finalement. Brambila a déjà était à l’attaque sur ce Giro, il est visiblement en forme et vient de faire cinquième des deux dernières étapes. Wouter Poels a déjà 26 ans mais son passage chez Omega Pharma, après l’arrêt de Vacansoleil, semble lui faire le plus grand bien. Vainqueur d’étape au Tour du Pays Basque, il a aussi pris la douzième place au sommet du Mur de Huy lors de La Flèche Wallonne. Quant à Thomas De Gendt, c’est une énigme. On se souvient de sa belle victoire au sommet du Stelvio en 2013, mais depuis plus rien. 

Quand Uran est passé, à l’intersaison, chez Omega Pharma, afin de pouvoir être leader unique, il y a eu des craintes sur le support que pouvait lui apporter l’équipe. Pour sa part, le Colombien semble confiant en la force collective de l’équipe Belge. « La grosse différence avec l’an passé (ndlr : il avait donc terminé deuxième du Giro), c’est que je suis leader de l’équipe Omega Pharma, et que nous avons une très grosse équipe, dessinée pour aller chercher la victoire ». On se souvient en effet qu’il y a un an, son équipe, la Sky, venait sur le Giro dans le but de faire gagner Bradley Wiggins. On se souvient même que lors de l’étape de Pescara, Uran avait dû attendre Wiggo’, qui avait chuté dans une descente. Si la présence de Wiggins l’avait aussi probablement aidé à remporter l’étape de Montasio, c’était 2’40’’ de perdues à Pescara, quand au final il termine à 4’43’’ du vainqueur, Vincenzo Nibali.

Le Giro, il le connaît bien. C’est ici qu’il s’est révélé, ou qu’il a confirmé, au plus haut niveau en 2012, en terminant septième et meilleur jeune de l’épreuve. Alors il sait ce que la suite réserve. « Nous n’avons pas encore abordé les étapes les plus dures. La dernière semaine promet d’être très dure et Quintana, Evans et Majka vont attaquer. »

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Publié le par Antoine PLOUVIN