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Giro - Evans en rose : pour combien de temps ? Photo : Sirotti

Giro - Evans en rose : pour combien de temps ?

 

Cadel Evans, maillot rose du Giro d'Italie 2014

C’est la troisième fois que Cadel Evans prend le maillot rose de leader du Giro. Les deux dernières fois, il ne l’avait conservé qu’une seule journée. Cadel affirmait avant le départ du Tour d’Italie de Belfast que c’était LA course qui lui convenait le mieux. Il faisait pourtant aussi remarquer que sa seule victoire en grand Tour est… le Tour de France 2011. Et non le Giro. Dire qu’Evans n’est jamais aussi bien parti pour gagner un Giro serait exagéré. Certes il a le maillot rose au terme de la première étape de montagne. Mais c’est une étape qui n’a pas tenu ses promesses. Elle s’est même résumée à très peu de chose pour les leaders du classement général. 700 mètres, tout au plus. Les faits à l’heure actuelle sont qu’à la suite de l’étape de Montecassino, Evans s’est constitué une solide avance de près d’une minute et plus sur tous ses adversaires. En l’absence de véritable attaque, rien n’a pour l’instant changé. Il a aussi autour de lui une équipe solide avec un Steve Morabito impressionnant.

 

Peloton fatigué

« Il faut admettre que nous venons de connaître des étapes longues ces derniers jours. Beaucoup de coureurs sont déjà fatigués. Il y a aussi eu le gros tempo de l’équipe AG2R dans l’avant-dernière et l’ultime ascension. Ils ont montré une grande équipe. J’ai alors vu beaucoup de coureurs sans équipiers. Moi, il ne me restait plus que Steve Morabito dans la dernière ascension, donc nous avons couru de manière défensive. C’est vrai qu’il n’y a pas eu d’attaque. Je pensais que j’allais être attaqué, mais j’ai vu tout le monde arriver vidé au sommet. »

 

Pas de polémique

 

L’étape de Montecassino avait créé une petite polémique. Les BMC avaient-ils à rouler après l’incroyable chute collective ? Avaient-ils profité délibérément des circonstances de course ? Quelque soit la réponse, ça ne changera pas la physionomie actuelle de la course, mais Cadel Evans est soucieux de son image en tant que coureur. Il assure qu’il n’a jamais eu une seule remarque dans le peloton à ce sujet. Toujours est-il qu’il a maintenant une confortable avance de 57’’ sur Rigoberto Uran et 1’44’’ sur Nairo Quintana, qui sont ses principaux favoris envisagés.

« Nous allons courir de manière défensive maintenant que nous avons le maillot, c’est sûr. A vrai dire, c’est déjà ce que nous avons fait aujourd’hui. Nous avons une grosse équipe ici avec des rouleurs comme Danilo Wyss, Daniel Oss, Manuel Quinziato… qui ont été exceptionnels. Des hommes polyvalents comme Ben Hermans, Brent Bookwalter. Morabito a été impressionnant en montagne… Nous allons continuer comme ça. »

 

L'arrivée finale n'est que dans deux semaines...

 

Mais la montagne ne fait que commencer… Et Cadel le sait. Il est très prudent. Si certains se demandent s’il n’est pas en forme trop tôt, alors qu’il reste encore deux semaines, il répond par la négative. « Ma forme va encore en s’améliorant. C’est vrai que j’ai gagné le Tour du Trentin avant le Giro, mais je n’étais pas encore au sommet de ma forme. Je pense qu’à ce moment là, il me restait encore pas mal de chemin pour être au top. Cette année, je me suis préparé spécialement pour le Giro, comme jamais ces dernières années. Car cette année, pour la première fois depuis 10 ans, je ne ferai pas le Tour… et pourrait profiter de mon mois de juillet avec ma famille. De fait, j’ai démarré mon entraînement plus tôt que d’habitude, en décembre, pour être prêt pour les Championnats d’Australie et le Tour Down Under (ndlr : qu’il a terminé en deuxième position, avec une victoire d’étape) ».

Mais il va quand même falloir tenir encore deux semaines, et il reste toute la très haute montagne. « Ce n’est que le début du Giro. Assurément, les purs grimpeurs seront à leur avantage au vu du parcours proposé. Quintana est pour moi le client le plus dangereux. Il y aura, à mon avis, deux moments cruciaux dans ce Giro. Le premier chrono’ et l’étape du Monte Zoncolan, la veille de l’arrivée. Mais l’étape de Val Martello sera aussi un grand moment avec le Gavia et le Stelvio, et aussi sa descente… Il reste encore énormément à faire ».

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Publié le par Antoine PLOUVIN