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Giro - Canola : 'La preuve qu'on peut réussir propre' Photo: Sirotti

Giro - Canola : "La preuve qu'on peut réussir propre"

 

Marco Canola gagne la 13e étape - Giro d'Italia 2014

Treize étapes ont déjà été disputées sur ce Giro 2014 et seulement sept équipes ont pour l’instant ramené une victoire. Et parmi elle… Bardiani – CSF ! Une équipe Continentale. Il est loin le temps où il y avait des étapes « réservées » aux équipes invitées. Désormais l’enjeu est tellement grand et le niveau du World Tour tellement élevé, que c’est devenu très difficile pour les ces équipes de tirer leur épingle du jeu. Déjà l’an passé, Bardiani était la seule formation à avoir glané une victoire avec Enrico Battaglin à Serra San Bruno (Mauro Santambrogio de Vini Fantini, vainqueur à Bardonecchia ayant été contrôlé positif et déclassé ). Cette année, ils remettent ça avec Marco Canola. C’est aussi la première fois depuis le début de ce Tour d’Italie qu’une échappée va au bout (si on excepte la victoire de Michael Rogers, parti d’un petit peloton à 20 kilomètres de l’arrivée à Savona).

 

Il fallait y croire…

 

L’échappée est partie au premier kilomètre de course. Visiblement tout le monde s’attendait à un sprint et donc les places n’y étaient pas trop chères. Et Canola nous explique que même ses compagnons d’échappée n’y croyaient pas trop. « A 60 kilomètres de l’arrivée, j’ai senti mes compagnons d’échappée démotivés. Ils ne croyaient pas que nous pourrions aller au bout ». Le peloton n’a en effet jamais laissé plus de 3’ aux six fuyards. L’affaire semblait pliée. Et pourtant… Canola avait son idée. « Je leur ai parlé. Je connaissais ce parcours et je leur ai dit que le final n’était pas facile avec des montées et des descentes. Nous avions nos chances ». Une tactique payante qui a permis à Canola d’aller chercher la victoire dans un sprint à trois, encore flanqué de Jackson Rodriguez et Angélo Tulik. Mais il fallait quand même y croire : « Ce matin, ça semblait dessiné pour les sprinters. Mais justement, il faut parfois savoir être là où on ne nous attend pas. C’est trop prévisible sinon ».

Sa force dans ces circonstances a été sa pointe de vitesse. On se souvient l’an passé de l’incroyable arrivée de Matera. A un peu plus d’un kilomètre de la ligne, une énorme chute perturbe complétement le sprint. Marco Canola se retrouve seul en tête et doit tout donner pendant un kilomètre pour aller chercher la victoire… Un effort énorme anaérobie. Mais John Degenkolb ruine ses plans en le reprenant à 200 mètres. « J’ai perdu beaucoup de courses en me faisant reprendre à 200, 300 mètres de l’arrivée. Notamment chez les amateurs. J’ai une bonne allure et une bonne accélération, mais face aux sprinters… » En tout cas aujourd’hui, il aura su les mettre en déroute.

 

Une histoire à l’Italienne

 

On le sait en Italie, les équipes continentales sont nombreuses et beaucoup d’entre elles ont une dimension familiale. C’est notamment le cas de l’équipe Bardiani de Bruno Reverberi. Un contexte tout à fait adapté à ce dont Marco Canola avait besoin. « Quand j’étais en junior, j’étais prometteur avec sept succès. J’ai même fais parti de l’équipe nationale. En amateur j’ai eu une première année très bien et puis j’ai perdu mon père. J’ai manqué de repères et je suis devenu quelqu’un de cynique. Heureusement j’ai été bien entouré et j’ai appris à devenir généreux… Dans mes efforts, avec mon équipe et mes coéquipiers. Un nouveau monde s’est ouvert à moi. Les résultats comptent bien sûr, mais l’important c’est l’humain. Il peut y avoir de mauvaises conditions, mais ce qui importe le plus, ce sont les gens qui vous entourent ».

 

Une position claire et stricte contre le dopage

 

Si tout le monde s’accorde à dire que c’est un gentil garçon, ses propos durs à l’encontre du dopage, notamment lors du cas Danilo Di Luca l’an passé étaient apparus comme très tranchés. « J’ai pris une position claire contre le dopage, c’est vrai. On parle toujours des premiers, des leaders, des plus forts… Mais le cyclisme c’est aussi et avant tout de nombreux autres coureurs. Il faut que les gens comprennent que le cyclisme a changé. J’ai parlé à d’anciens coureurs qui ont connu d’autres périodes… Ils m’ont dit qu’à ces périodes, je n’aurai jamais pu faire ce que j’ai fait aujourd’hui. Je suis la preuve vivante qu’on peut faire ce sport en étant propre. Aujourd’hui le cyclisme a beaucoup changé, et on travaille beaucoup les petits détails comme le vélo en lui-même et surtout l’alimentation ».

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Publié le par Antoine PLOUVIN