Flèche Wallonne
Un nouvel Evans
posté par Benjamin Roque le 21/04/2010 à 20h24

On ne change pas un bon scénario
Le début de course est on ne peut plus classique. Une échappée part et le peloton laisse filer avant de mettre en route. Dans le rôle de l'échappée, 5 hommes, 2 Français, 1 Belge, 1 Italien et 1 Suisse, à savoir Stéphane Augé (Cofidis) et Dimitri Champion (AG2R La Mondiale), Benjamin Gourgue (Landbouwkrediet), Giuseppe Palumbo (Acqua & Sapone) et David Loosli (Lampre). Une échappée donc l'avance maximale ne dépassera pas les 8 minutes. Derrière on met en route sérieusement, et alors que la Caisse d'Épargne roule, c'est un groupe de contre qui sort, avec 7 coureurs et un retard de 3' sur la tête de course et presque 1' sur le peloton quelques kilomètres après leur attaque. Seulement les coureurs de la Katusha croient au danger et se mettent à rouler. Dans un virage en légère descente qui se referme, un coureur de la Milram glisse et traverse toute la route de droite à gauche. Il emmène avec lui plusieurs coureurs dont Yaroslav Popovych et surtout le coureur de la BMC Karsten Kroon, un des outsider à la victoire.
Les hommes de tête abordent la côte de Bohissau, à près de 55 kilomètres de l'arrivée. Giuseppe Palumbo lâche dès les premières rampes de cette côte avec un pourcentage moyen supérieur à 7%. Derrière, le groupe de contre est repris et Serguei Ivanov tente sa chance. C'est finalement un autre groupe qui sort, composé de Bram Tankink (Rabobank), Eduard Vorganov (Katusha), Jurgen Van de Walle (Quick Step) et le Français Blel Kadri (Ag2R-La Mondiale), qui récupère Benjamin Gourgue lâché lui aussi sur le haut de cette côte. Sur le plateau de la difficulté suivante, la côte d'Ahin, un regroupement s'effectue en tête de la course. On a donc sept coureurs en tête, mais le peloton n'est pas loin, alors que se profile le deuxième et avant-dernier passage du Mur de Huy.
Une fin de course palpitante
La véritable question de se remaniement de parcours était de savoir qu'allait-il se passer lors de cette fameuse deuxième ascension du "Chemin des Chapelle", le vrai nom du Mur de Huy. La réponse, on l'a eut dès les premiers mètres. Andy Schleck attaque avec dans sa roue tous les favoris : Alberto Contador, Vincenzo Nibali, Roman Kreuziger et son frère sont en première ligne. Au sommet, alors que beaucoup éprouvent le besoin de récupérer, Franck Schleck et Roman Kreuziger attaquent, emmenant au passage les deux seuls rescapés de l'échappée, Bram Tankink et David Loosli. Mais Loosli, échappé de la première heure ne peut pas collaborer, tandis que Tankink évoque le fait que son leader Gesink soit derrière pour ne pas prendre les relais. Derrière, personne ne prend vraiment en charge cette échappée, et les attaques fusent : Trofimov, Kolobnev ... Mais les coéquipier du récent vainqueur du Tour de Castille et Léon Alberto Contador prennent les choses en main, ne pouvant cependant stabiliser l'écart autour de 30". Il faudra l'attaque de Serguei Ivanov dans la côte d'Ereffe, pour que le peloton réagissent plus vivement et ne se mette à vraiment chasser les hommes de tête, qui possèdent 20" au sommet de cette avant-dernière côte avant le Mur de Huy. D'autant plus que la course s'agite à l'avant du peloton. Alexander Kolobnev retente le même coup que dimanche dernier lors de l'Amstel Gold Race, suivi par Benoît Vaugrenard et Igor Anton. Le Russe effectue une descente à vive allure, revenant sur le groupe de tête grâce au soutien du Français de la Française des Jeux. Ce dernier continue sur sa lancé mais Kolobnev profite d'un temps mort pour contrer à un peu plus de 3 kilomètres de la ligne d'arrivée. Mais comme dimanche dernier, il se heurte à la difficulté finale, cette fois-ci le terrible Mur de Huy, et se fait avaler par le peloton.
Dès ces premières rampes, Andreas Kloden attaque mais Igor Anton produit lui aussi son effort, emmenant avec lui Alberto Contador tandis que Vincenzo Nibali s'accroche. Derrière, on semble ne plus avoir les moyens de revenir. Mais à 400 mètres de la ligne, alors que les pourcentages sont encore supérieurs à 11%, Cadel Evans pointe le bout de son nez et revient du diable vauvert avec Joaquin Rodriguez dans sa roue, et revient sur le duo de tête. Evans tente alors de dépasser un Contador grimaçant mais et grâce à un ultime coup de rein, devance Joaquin Rodriguez, Alberto Contador prenant la troisième place, tandis que Igor Anton doit se contenter de la quatrième place.
Cadel Evans, la joie de la victoire
En passant la ligne, l'Australien n'a pas levé les bras outre mesure. Comme lors de sa victoire aux championnats du monde, quand le regretté Franck Vandenbroucke avait commenté la non-célébration de l'Australien :
"Evans a un manque de classe. Je n'en croyais pas mes yeux lorsque je l'ai vu franchir la ligne. Etait-il premier ou ... 38e ? On n'a pas vraiment vu que c'était le plus beau jour de sa vie. Si j'avais été champion du monde un jour, j'aurais fait un tour d'honneur."
Cette phrase, on pourrait la ressortir aujourd'hui. Mais Evans apparaissait vraiment très ému en répondant aux questions des journalistes. Lui le mal-aimé, dont tout le monde riait car il n'attaquait pas, et quand il commencé à le faire, c'était sans aucun sens tactique. Lui qui doit faire face à la "malédiction du maillot irisé" l'affronte, et bien. Cette victoire prouve qu'Evans est présent, et pourquoi pas également en Juillet ?
Igor Anton, l'outsider
Si les Gilbert, Schleck, Contador ou autres Cunego étaient clairement nommés comme favoris, la liste des outsiders était grande. Igor Anton sortait d'un Tour de Castille et Leon au cours duquel il avait quand même battu le Madrilène Alberto Contador lors de l'arrivée en altitude de l'étape reine, prenant la deuxième place au classement final. Mais si on connait plus Samuel Sanchez dans la formation basque, Anton s'est révélé il y a quelques années lors de son tour national. Alors que Valverde a le maillot jaune, il sort en costaud dans l'ascension vers l'observatoire de Calar Alto avant d'accrocher la première grande victoire à son palmarès et une 15è place au classement général. Un an plus tard, il finira 8è de cette même course. Si on l'avait perdu de vue depuis quelques temps, il a hérité du rôle de leader pour les classiques ardennaises en l'absence de Sanchez qui a ciblé son principal objectif : le Tour de France.
Même si on connait maintenant toutes les capacités du Basque lors des classiques, on ne connait pas encore sa capacité à bien gérer des courses longues et éprouvantes telles que Liège-Bastogne-Liège...
Quelle course pour la "doyenne" ?
À l'heure actuelle, Liège-Bastogne-Liège peut être perçue de différentes façons :
- Beaucoup auront leur revanche à prendre, après avoir loupé les deux premières classiques. On pense tout de suite à Alejandro Valverde, les Katusha, la fratrie Schleck ou même Damiano Cunego.
- D'autres voudront vraiment continuer sur leur lancée de la semaine, à l'instar de Contador, Evans, ou Igor Anton.
- Enfin, il y a le grand favori. Celui que toute la région wallonne attend comme vainqueur : Philippe Gilbert. Vainqueur au sommet du Cauberg, c'est sur ses terres qu'aura lieu cette course. L'an dernier, il avait cédé, rattrapé par Andy Schleck dans la Roche aux Faucons. Cette année, il voudra faire encore mieux, avec un Jean-Christophe Péraud malheureux aujourd'hui avec une crevaison à 3 kilomètres de l'arrivée et une équipe entièrement dévouée à sa cause.
Plusieurs scénarios sont donc envisageables mais quoi qu'il arrive, le spectacle promet d'être au rendez-vous...
Crédit photo : Flickr
Classement général : La Flèche Wallonne
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Les commentaires
un "nouveau cadel evans" ferait plus français je pense
zoltan le 22/04/2010 à 10h55
Nouvel est bon aussi ;)
beber le 22/04/2010 à 15h33
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Je trouvais ça bizarre Péraud aussi loin... Merci pour l'info!
Gaby le 21/04/2010 à 22h05