Dopage
Alessandro Colo, Alberto Contador, deux poids, deux mesures
posté par Alexandre Mignot le 16/02/2011 à 21h23

Li Fuyu, 2 ans, Alessandro Colo, 1 an, Alberto Contador... pas même un jour. Ces trois coureurs aux origines diverses, en apparence si différents, en tout de même au commun un point : ils ont chacun été contrôlé positif à cette fameuse substance, désormais connue de tout le monde : le clenbutérol. Il y a encore un an, c'était un produit quasi-inconnu, aujourd'hui, sa simple évocation rappelle l'affaire Contador. Pourtant, et c'est important de le noter, le triple vainqueur du Tour n'a pas inauguré les tests positifs au clenbutérol. Le Chinois et l'Italien cités précédemment ont connu cette situation quelques mois avant l'Espagnol. Mais une question se pose. Pourquoi une disculpation pour El Pistolero et une sanction pour les deux autres. Non pas qu'il faille remettre en cause le jugement annoncé ce mardi 15 Février, mais comprendre chacune des décisions est nécessaire. Analyse.
Les cas Alessandro Colo et Li Fuyu
En mai dernier, un quasi-inconnu, Alessandro Colo, était suspendu par l'UCI à titre provisoire suite à un contrôle positif sur le modeste Tour du Mexique qui avait eu lieu un mois auparavant. Sa suspension, annoncée dans le même temps que celle de Mikaël Larpe, n'avait alerté personne. Le clenbutérol, à l'origine de sa peine, n'était alors qu'un produit inconnu, une substance dopantes comme une autre bien que vraisemblablement moins efficace que l'EPO, mais tout de même figurant dans la liste des produits interdits par l'AMA. Dans tous les cas, rangé au placard, le coureur d'ISD Neri n'avait plus réellement fait parler de lui jusqu'à fin septembre... La situation fut à peu de chose près la même pour le Chinois de l'équipe Radioshack Li Fuyu. Un peu plus connu que son homologue italien, Fuyu a lui été pris par la patrouille lors de la classique flamande d'A Travers les Flandres. Son contrôle positif dévoilé un mois plus tard faisait état d'une prise d'anabolisant. Un anabolisant toujours nommé clenbutérol mais dont très peu connaissaient les caractéristiques. Il fut immédiatement suspendu à titre provisoire par son équipe et par l'Union Cycliste Internationale qui apportait tout de même une légère nuance à l'époque : "Une instance d'audition mise sur pied par la Fédération chinoise doit déterminer si le coureur a effectivement commis une infraction" avait communiqué l'instance dirigée par Pat McQuaid, dans le doute. Mais les suspensions de ces deux coureurs, à la médiatisation très limitée et à la notoriété très peu élevée également, n'avaient pas réellement engendré de réactions de la part du grand public. Il faut dire, en toute honnêteté, que beaucoup avaient mieux à faire que de s'attarder sur des cas de dopage dont les coureurs concernés n'étaient que de simples équipiers, au palmarès vierge ou presque, et qui ne suscitaient pas réellement un grand enthousiasme. En d'autres termes, beaucoup se moquaient de savoir qui étaient ces deux nouveaux dopés. C'est compréhensible. Mais cela leur a été quelque peu préjudiciable. C'est en effet seuls qu'ils ont dû tenter de se défendre face aux accusations de dopage. Sans aucun soutien si ce n'est celui de leur famille, les deux coureurs n'ont pas bénéficié d'aide ou d'appui extérieurs. Ceci est passé complètement inaperçu aux yeux du grand public, et même des médias. Alors, c'est presque logiquement qu'ils ont écopé de deux ans de suspension. Personne n'a eu quelque chose à redire, et pour cause, personne n'en a vraiment eu connaissance... Là est donc la principale différence avec ce que l'on a nommé pendant près de six mois... l'Affaire Contador.
L'affaire Contador ...
Dans le fond, l'affaire Contador n'est pas si différente des deux précédentes situations décrites, mais c'est réellement dans la forme qu'une différence est "visible", à outrance. Il ne faut bien sûr pas négliger qu’il s’agit là d'un des meilleurs coureurs de ces quatre dernières années. De ce constat, il apparaît logique que son cas prenne une dimension et une ampleur considérable par rapports aux "simples" coureurs que sont Colo et Fuyu. Le cas positif de Contador a été découvert à la fin du mois de septembre. Il n'a fallu que quelques minutes pour que la planète cyclisme prenne connaissance de la substance qui avait mis à défaut le triple vainqueur du Tour, le clenbutérol. Alors évidemment, sur le coup, personne n'a bronché. Mais en quelques heures, toutes les informations possibles et imaginables concernant cette fameuse substance avaient été répertoriées dans les médias. Logique. Car encore une fois, il s'agissait alors de savoir quel était ce nouveau produit dopant, interdit par l'Agence Mondiale Antidopage, qui avait apparemment été utilisé par le dernier vainqueur du Tour. Car là, ce n'est plus du Tour du Mexique ou d'A Travers les Flandres dont il s'agissait, mais bien de la plus grande épreuve cycliste du monde. Un engouement médiatique rare autour du cyclisme prenait alors forme, et ce, pour cinquante picogrammes de clenbutérol, un produit identifié et défini sous toutes ses formes dans les heures suivant la conférence de presse d'El Pistolero. L'affaire Contador était lancée et le coureur, alors encore sous contrat avec Astana, avait fait part de sa justification : la contamination via un morceau de viande. A dire vrai, médias comme fans et amateurs de cyclisme, n'imaginaient alors sans doute pas à cet instant précis, le nombre incalculables de spéculations, de rumeurs, d'informations, de désinformations qu'allait générer ce cas si particulier.
... Et ses conséquences
Comment le clenbutérol était-il arrivé dans un morceau de viande ? D'où provenait celle-ci ? D'Espagne ? De France ? D'Amérique du Sud ? Autant de questions aussi tordues qu'invraisemblables. Les réponses elles, qu'elles soient en faveur ou à l'encontre de Contador, n'étaient pas non plus d'une crédibilité certaine. Tout cela pour dire qu'un échantillon annoncé positif au clenbutérol en septembre n'eu vraiment pas le même impact que deux autres, annoncé presque une demi-année auparavant. Ce qui diffère également les trois cas est bien évidemment l'attention portée à l'affaire. Alors qu'une information, ou bien même une rumeur sortait à peu près tous les jours concernant le coureur madrilène, Fuyu et Colo ont eux, dû tenter de se justifier dans l'anonymat le plus total. Un anonymat duquel ils allaient finalement se sortir grâce à cette affaire Contador. Après quelques recherches, il se trouva en effet que ce furent les deux derniers coureurs à avoir été contrôlé positif à la même substance que Contador... Une aubaine pour eux. En quelques heures, ils ressortaient de l'ombre et leurs noms furent plus évoqués en une semaine qu'en six mois. Eux-même avaient précédemment utilisé l'argument de la viande contaminée et bien entendu, ils allaient suivre ce cas avec autant, voire même plus, d'attention que les fans de la petite reine. Des mois ont passé, des hypothèses farfelues également, pour enfin arriver à une ... proposition de suspension d'un an, émise par la fédération espagnole à la fin du mois de Janvier. Dans le fond, cela ne choquait pas Alessandro Colo, qui lui-même avait vu sa peine réduite par le CONI en octobre à douze mois de suspension du fait que l'instance italienne eut accepté l'excuse de la contamination. Toutefois, il resta suspendu pour cette durée d'un an, car tout athlète est, selon le code antidopage, responsable de ce qu'il absorbe. Jusqu'à cette proposition, Alessandro Colo n'avait donc pas réellement à se plaindre de quoi que ce soit tandis que Li Fuyu lui, suspendu pour deux ans, prêtait grande attention à ce qui allait se passer. Car lui aussi pouvait voir sa peine assouplir en cas de disculpation de Contador. La proposition du Comité espagnol ne l'a donc que guère arrangé. Mais voilà, un peu plus de 15 jours plus tard, le verdict final rendu a fait état d'un blanchiment d'Alberto Contador. De ce constat, la question est simple, pourquoi ? Pourquoi Fuyu et Colo n'ont-ils pas connu le même sort qu'El Pistolero, là est toute la question.
Même constat, sanction différente...
Meilleurs arguments ? Meilleure défense ? Meilleurs avocats ? Est-ce que Contador a gagné, là où ses homologues ont perdu grâce à la justice ? Il est plutôt difficile de le dire, car à la base l'Espagnol avait vis à vis de Colo beaucoup moins de chance d'ingérer une viande contaminée par le clenbutérol. Lui était en France, l'Italien au Mexique. Et même si Contador a toujours soutenu que la viande venait d'Espagne, les deux pays ont tout de même des réglementations bien différentes vis à vis de la tolérance de ce produit. Ce n'est alors probablement pas sur ce terrain, celui de la provenance de la viande, que Contador a marqué des points. Du moins, si c'est le cas et que cela parvenait aux oreilles de Colo, celui-ci n'hésiterait pas dans la minute qui suit à contacter l'UCI pour demander l'arrêt immédiat de sa peine.
Le problème étant, personne ne dispose du dossier complet de défense d'Alberto Contador, les parties concernées misent à part. Car peut-être qu'effectivement, l'argument indéniable s'y trouve. Mais alors, Contador ne serait-il lui, pas responsable de ce qu'il absorbe ? En quinze jours, le Comité de Discipline de la RFEC a changé d'avis à ce sujet. Qu'ont donc pu apporter les avocats du Madrilène au dossier pour qu'un tel renversement de situation ait lieu ? A moins que ce ne soit pas sur ce plan là que Contador ait gagné l'indulgence de sa fédération. Car la différence notable et sans équivoque entre les trois cas est que celui de Contador a été beaucoup plus exposé médiatiquement. Une médiatisation dont se sont même accaparés certains hommes haut placés du pays de la péninsule, tel le Premier ministre Jose Luis Zapatero. Une intervention qui a déplu à certains. Mais le Comité ayant pris ce verdict final a bien précisé avoir agit indépendamment et ne prenant en aucun cas compte des déclarations et "pressions" de personnes extérieures à l'affaire. Le "patriotisme" de la fédération a également été évoqué. Tandis que Colo et Fuyu n'ont pas eu leur mot à dire dans la décision de leur instance respective, Contador a lui réussi à se faire exempter de toute sanction. Mais pourquoi le comité aurait-il alors décidé en premier lieu de proposer un an de suspension ? Ce n'est qu'une des innombrables questions que l'on peut se poser vis à vis de ces affaires de dopage. Car, il faut être clair. Le but n'était pas de juger coupables ou innocents les coureurs cités mais bien de se demander pourquoi n'avaient-ils tous pas eu une même sanction... Tout en essayant d'apporter quelques lignes directrices pour répondre à cette interrogation, il est difficile d'en dégager avec certitude, une raison. Alors, mieux vaut ne pas se mouiller.
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Les commentaires
Mais est-il vraiment nécessaire de faire l'âne pour avoir du foin ? Relire La Fontaine : "Selon que vous serez puissant ou misérable les jugements de Cour vous rendront blanc ou noir " Et les raisons économiques : quel est l'avenir de l'équipe de Riis si Contador prend deux ans ? Et le Tour ? Il ne s'est jamais mieux "porté" que lorsqu'il a été animé par des duels : Anquetil-Poulidor, Merckx-Ocana, Hinault-Fignon, Armstrong-Ullrich, lorsqu'il n'y en a pas on essaie d'
en créer un artificiel (Indurain-Jalabert), il faut que le duel avec Schleck reprenne pour des raisons "sportives" (peut-on encore parler de sport?), médiatiques et financières (qui dit audiences dit droits de retransmission) Que demande le peuple ? Du pain et des jeux ? Il y y a de moins de pain, il faut de plus en plus de jeux. Et surtout ne venez pas nous casser les pieds avec vos contrôles, vous nous empêcher de pédaler....carré
ladrondeguevara le 16/02/2011 à 22h17
la quantité y joue peut etre...
malay le 16/02/2011 à 22h23
Bonsoir,
article intéressant même s'il se termine un peu en queue de poisson.
Peut être que dans le cyclimse ce sont des cas nouveaux mais dans d'autres sports il me semble avoir eentendu ou lu que des cas de dopage au clembuterol ont été constaté. Je me souviens très bien qu'au début de l'affaire Contador des journalistes rapportant des propos du coureur cycliste avaient dit qu'il avait mangé cette viande car Vinokourov lui aurait que la viande de l'hôtel ne l'inspirait pas. C'est quand même curieux si cette histoire est vrai que ce soit la viande mangée à la place de celle de l'hôtel qui finalement est incriminée par le clan Contador comme contaminée. Vous raconterez cela à un cheval de bois, il vous flanquerait une ruade mais les chevaux de retour espagnols eux ne bronchent pas
marsu94 le 16/02/2011 à 22h25
Premier point, Contador est après Armstrong le coureur le plus connu sur la planète, parce qu'il a gagné 3 Tours, plus un Giro et une Vuelta. Alors un contrôle anormal provoque l'émoi beaucoup plus que celui de coureurs inconnus...lesquels méritent néanmoins considération, au même titre que le joueur de tennis de table Ovtcharov, lui ausi inconnu jusqu'à l'affaire Contador.
Et cela me permet de dire, au delà de toutes les passions, que finalement le cas Contador va peut-être rendre service à nombre de sportifs qui risquent de plus en plus de se faire prendre pour des doses ridicules de clembutérol. Les progrès dans les laboratoires sont une évidence, et bientôt rien ne leur échappera de ce que nous ingurgitons. Voilà pourquoi il serait raisonnable de mettre des normes sur ce produit, les traces en cas de contamination alimentaire étant toutes identiques. Et qu'on cesse de parler de résidus plastiques ou autres élucubrations pour Contador, puisque ni l'UCI ni même l'AMA n'y font référence, et pas davantage à une transfusion.
Voilà en quelques mots ce que m'inspire cet article, en rappelant une fois encore que tous ceux qui interviennent sur ce site et ailleurs, ignorent tout du dossier, comme le suggère l'auteur.
MSJ le 16/02/2011 à 23h44
si l 'uci et l ama ne réagissent pas au blanchissement de contador par sa fédé la crédibilité de ce sport auprés du public et des investisseurs sera à jamais mise en cause.il en va de même pour le tour de france qui depuis 1998 est éclaboussé par des affaires de dopage .alors une seule issue pour aso aller vendre leur épreuve aux rois du pétrole
kiki09 le 17/02/2011 à 08h32
voilà ça c'est de la rédaction!
Tom le 17/02/2011 à 09h28
@MSJ: On voit que tu es à court d'arguments (tu crois vraiment qu'ils vont revenir sur les deux autres cas si Contador est blanchi?).
Ce que dit cet article est indéniable, il y a eu une justice à deux vitesses. Maintenant, soit le TAS lui colle deux ans et lui enlève sa victoire au Tour, soit il perd toute crédibilité. N'en déplaise à ASO.
panter le 17/02/2011 à 14h01
Colo est positif au clem. Il prend un an. Contador est positif au clem. Il est blanchi.
Dans un premier temps la FEC évoque une sanction d'un an. Zapatero intervient. Contador est blanchi. Où est la vraie "élucubration"? Définition du dictionnaire : "divagation, extravagance "
ladrondeguevara le 17/02/2011 à 14h26
gasquet cocaine est blanchi...astromg toujours dopé est tranquile, combien de dollars sont touches les juristes francais....contador est prope malgre toute une mafie contre lui qe troube des traces super infimes de un produit qe aide rien...
ratatouille le 17/02/2011 à 14h55
un produit qui sert a maigrir et a effet anabolisant a part ça il ne sert a rien!!!!!!!!
allerlol le 17/02/2011 à 15h41
Il faut revoir la réglementation en place et supprimer ainsi-au départ- le principe selon lequel chaque nation puisse évoquer sur le plan juridico-administratif un problème de dopage émanant d'un de ses athlétes.
Cela gommerait ainsi toute naturelle facheuse tendance à prendre de façon démagogique et anti-sportive la défense de l'un de ses coureux nationaux.L'UCI doit instruire en premier et dernier ressort tout cas de dopage et non accepter de s'en remettre à "l'autorité" d'une Fédération qui le plus souvent ferme les yeux sous la pression des politiques(voir Zapatero qui prend la défense de Contador! Au fait de quel droit?)C'est à l'UCI d'assumer et de se prendre en charge. Dans le cas contraire, l'UCI n'aura jamais aucune autorité morale et sportive reconnue et elle validera par cette actuelle situation longtemps encore des cas de dopage établis et vérifiés à la mode de l'actuelle jurisprudence Contador.Dans l'immédiat et face à ce problème récurent, à quoi sert VRAIMENT l'UCI?
Merlin l'Enchanteur le 17/02/2011 à 18h36
Sacré MSJ, toujours fidèle à toi-même, personne ne connaît le dossier, sauf toi-même bien entendu!... Le spécialiste de la bécane de tous les temps et le mec qui s'y connaît vraiment en produits illicites!... Vive l'Espaniflerie et Contabutérol!!!
KAS le 17/02/2011 à 18h58
Inutile de t'énerver Kas, certains détiennent la vérité et lorsqu'un contradicteur, apparaît on ne lui répond pas sur le fond; on se contente de le taxer d'ignorant, voire de censeur aigri. Ce n'est que du vélo mais on ne peut s'empêcher d'aller plus loin : Comment s'appelait l'organe officiel d'"information" de la défunte URSS : la Pravda (traduction la Vérité) on a vu où menait cette vérité. Lorsque le médecin oncologue et pédiatre espagnol a émis l'hypothèse de l'Actovegin contaminé qui semble la plus plausible, il a pris le soin à la fin de son exposé, cohérent et qui tenait la route de préciser : j'attends vos suggestions, vos remarques et vos critiques. Il s'agit d'un homme de science qui sait que les hypothèses ne sont que des hypothèses et pas des vérités révélées . voir "el blog del dxt" pour ceux qui connaissent l'espagnol.
ladrondeguevara le 17/02/2011 à 19h42
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Contador est loin d'etre le premier espagnol protégé par sa fédé
cy le 16/02/2011 à 21h47