Dauphiné
Dauphiné - Andrew Talansky : 'Ce n'était pas prévu' Photo : Sirotti

Dauphiné - Andrew Talansky : "Ce n'était pas prévu"

 

Une étape d’anthologie… et il en est le vainqueur ! Quelque fois, ça peut valoir le coup d’attendre. Andrew Talansky, ce n’est pas le nom le plus connu du peloton. Pourtant il monte. Discrètement mais pas sans classe. Parti dans une échappée incroyable, il résiste au retour d’Alberto Contador et même plus qu’il n’en faut. A 25 ans, il remporte un Critérium du Dauphiné de toute beauté. 

Il s’était révélé en 2012 en terminant deuxième du Tour de Romandie derrière Bradley Wiggins, qui s’en allait ensuite gagner le Tour de France, puis septième de la Vuelta. Il avait alors vingt-trois ans. L’année qui suit, l’an passé donc, il gagne l’étape de Brioude sur Paris – Nice et s’empare du maillot jaune. On le découvre vraiment. On découvre sa réputation aussi… Jonathan Vaughters, son manager chez Garmin – Sharp le surnomme le Pitbull. « Car il ne lâche jamais ». Tout le monde s’accorde à dire que c’est un combattant né. Mais sur la Montagne de Lure, il commet de grosses erreurs et laisse la victoire d’étape et finale à Richie Porte, qui semblait plus fort de toute façon. Encore deuxième ! Il espérait alors beaucoup du Tour de Romandie mais il y a été malade. Et puis pour son premier Tour de France, il termine dixième. Pas de doute, c’est un espoir de demain.

 

 

Une course folle

 

ContadorEt c’est même désormais un talent d’aujourd’hui. On s’attendait à une étape relativement tranquille, probablement pour les échappées. L’arrivée à Courchevel 1250 n’était, pensait-on, pas assez difficile pour espérer voir de grands chamboulements au classement général. Et ça a pourtant été une étape extraordinaire. Après seulement une vingtaine de kilomètres de course, un groupe de vingt-trois se forme à l’avant et on y retrouve Andrew Talansky, le troisième du classement général à seulement 39’’ d’Alberto Contador, le maillot jaune. Accompagné de son coéquipier Ryder Hesjedal et avec le soutien des autres échappés, notamment des trois coureurs d’AG2R – La Mondiale, l’écart se creuse rapidement. Derrière, c’est la faillite des leaders ! Et de leurs équipes… Malgré des sursauts d’orgueil de Froome, Nibali, de Contador et même de Kelderman, un temps devenu menaçant, Andrew Talansky réussit à aller au bout. Et même il fini avec 27’’ d’avance au classement général sur Alberto Contador. Chapeau !

« Ce n’était pas du tout prévu. Tout s’est décidé sur la route. Avec Ryder, nous étions devant quand l’échappée s’est formée, nous avons mis notre énergie pour qu’elle parte et que l’écart se creuse… et ça a marché ! Je n’ai pas pensé que nous réussirions avant que Ryder me porte à l’avant dans les quinze derniers kilomètres. Dans la dernière ascension, j’ai juste fait ce que je fais toujours… J’ai couru ma propre course sans me concentrer sur l’écart avec Contador derrière. J’ai tout donné et énormément souffert dans le dernier kilomètre, mais au final, ça a marché ! »

 

Ici pour préparer le Tour de France

 

Talansky« J’étais venu ici pour préparer le Tour de France… je n’ai jamais pensé gagner. Je ne savais pas si je serai en condition pour rivaliser avec les meilleurs, j’étais là pour me tester et travailler. Et puis j’ai vu que la condition était mieux de jour en jour ».

Ils sont nombreux, les vainqueurs du Tour de France a avoir d’abord remporté le Critérium du Dauphiné. Alors, est-ce un présage ? « ça ne change rien à mes objectifs sur le Tour de France. Contador, Nibali, Froome… Ils vont continuer leur préparation. Et puis quand Nibali fait troisième du Tour de France, il n’était que vingt-huitième du Dauphiné. Contador ne l’a jamais gagné… Le Dauphiné, c’est très différent du Tour de France. Sur le Tour, j’espère faire mieux que l’an passé, c’est à dire mieux que le top 10. Pourquoi pas, si tout va bien, un top 5. »

Pour autant, remporter le Critérium du Dauphiné, c’est remporter une des plus grandes épreuves par étape du calendrier. Un soulagement pour le Pitbull qui tournait autour depuis un moment. Peut-être aussi, ce sera un déclic… « Vous consacrez votre vie au cyclisme, vous faites des sacrifices et votre famille aussi. Je ne m’en plains pas, c’est une chance et j’adore ce que je fais. Mais quand on gagne comme cela après avoir été deuxième en Romandie, deuxième à Paris – Nice, c’est un grand moment de joie. Des journées comme celle là sont rares ».

 

Le renouveau du cyclisme Américain ?

 

TalanskyUn Américain remportant le Dauphiné, bien sûr, ça rappelle un peu Lance Armstrong. Questionné là dessus, Talansky répond : « C’est une période super excitante pour nous. Après les histoires Armstrong et Landis, le cyclisme Américain a beaucoup subi mais il y a beaucoup de supporters qui veulent croire et qui savent qu’ils peuvent croire. Être le visage du nouveau cyclisme US avec Tejay Van Garderen, Taylor Phinney, et faire passer le message qu’on peut croire en ce sport est très encourageant. Plus encore en étant au sein de la Garmin qui a fait beaucoup contre le dopage… »

Et c’est bien connu les Américains aiment la France. S’il s’est révélé sur le Tour de Romandie, en mai 2012, sa première victoire importante était en août de la même année, pas très loin d’ici, avec une victoire et le classement général final du Tour de l’Ain.

Demain lundi, Talansky ira repérer le contre-la-montre du Tour de France, du côté de Périgueux. Il rentrera ensuite chez lui à Gérone pour retrouver sa femme, prendre du repos, et reprendre l’entraînement en vue du Tour de France qui débutera de Leeds dans trois semaines.  

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Publié le par Antoine PLOUVIN