Dauphiné
Dauphiné - Alberto Contador, le nouveau patron ? Photo : Sirotti

Dauphiné - Alberto Contador, le nouveau patron ?

 

Il avait prévenu, il l’a fait ! Alberto Contador avait annoncé qu’il attaquerait… On n’en doutait pas, connaissant son tempérament. Sur la montée de Finhaut – Emosson, il aura attendu d’être à moins de deux kilomètres de l’arrivée pour placer une banderille, mais elle fut décisive. Il reprend 20’’ à un Christopher Froome, sans doute aussi amoindri par sa chute d’hier, mais il marque aussi les esprits. En s’emparant du maillot jaune, il met en difficulté le leader de la Sky. Il reste une étape dimanche, arrivant à Courchevel, mais son profil ne devrait pas permettre à Froome de reprendre du temps sur El Pistolero, qu’il n’avait déjà jamais réussi à distancer dans la montée du Col du Béal lundi, alors qu’il était en parfaite condition. Surtout que le terrain de cette dernière étape du Critérium du Dauphiné ne s’y prête guère. Pour Contador, tous les voyants sont au vert pour l’instant.

« C’est une très bonne chose pour la confiance. C’est surtout de savoir que tout le travail, tous les efforts payent. Je sais maintenant que je suis dans un bon schéma en vue du Tour de France. Mais il reste beaucoup à faire, car le Tour n’est que dans vingt jours et il reste du travail. Prendre le maillot donne de la tranquillité, mais la route est encore longue. »

 

 

Du changement dans la préparation…

Froome ContadorJamais on avait vu Alberto Contador en mesure de tenir tête à Chris’ Froome comme cela, et encore moins de prendre le dessus. Il est vrai que le leader de la Tinkoff – Saxo fait une année remarquable. Déjà six fois victorieux depuis le début de la saison, il a aussi et surtout remporté un Tirreno – Adriatico très montagneux devant Nairo Quintana, le vainqueur du dernier Giro et un Tour du Pays Basque dont on connaît la difficulté. A 31 ans, le Madrilène a un impressionnant palmarès derrière lui, l’un des plus impressionnants du cyclisme, mais un début de saison comme celui-là, il n’en avait probablement jamais fait. Il est d’ailleurs actuellement deuxième du classement World Tour. 

« Jusqu’à maintenant j’ai toujours estimé que je n’avais jamais eu besoin de faire de stages en altitude. J’avais des résultats, j’ai gagné des grands Tours. Mais j’ai aussi dit que quand j’en aurais besoin j’en ferais. Et cette année j’ai estimé en avoir besoin. Pour l’instant ça marche bien. Je fais un très bon début de saison. »

 

Prudence !

 

FroomeL’intelligence de course, la connaissance de soi, l’audace mais aussi une prise de risques, en général, toujours intelligemment calculée… Alberto Contador est un des plus grands champions actuels et a toujours séduit par son panache et son professionnalisme. C’est dans cet état d’esprit qu’il est allé chercher ce maillot jaune. C’est aussi dans cet état d’esprit qu’il en tire les conséquences : « Je ne suis pas venu ici pour gagner. Je pense juste à ma condition en vue du prochain Tour de France. Maintenant j’ai le maillot jaune mais ça ne change pas grand chose, vu que nous sommes toute l’année en jaune chez Tinkoff – Saxo (rires). Pour moi le plus important n’est pas d’avoir distancé Froome car le Froome d’ici n’est pas forcément celui du Tour de France. Le plus important est de voir que ma condition s’améliore de jour en jour. Je récupère bien, je sens surtout que le travail fait marche bien. »

 

Le chrono’, son point faible ?

 

Contador On le sait, par rapport à un Froome, le point faible d’El Pistolero est le contre-la-montre. S’il est un excellent grimpeur, lutter face à Christopher Froome en montagne, c’est lutter contre une impressionnante armada Sky. Certes sur ce Dauphiné, Contador a réussi à mettre en difficulté ladite armada, mais il n’avait que 12’’ à reprendre. Seulement 12’’ grâce à un très bon chrono dimanche à Grenoble sur 10 kilomètres. Sans doute Contador a-t-il bénéficié de la petite bosse, mais il parvenait à se classer deuxième en ne perdant que 8’’ sur Froome. Sur plus de cinquante kilomètres de contre-la-montre - 54 kms en réalité sur le seul effort individuel chronométré - les choses peuvent être différentes. Et surtout, de coutume, ce chrono permet aux coureurs ayant des caractéristiques similaires à celle de Chris Froome de prendre l’avantage et de n’avoir plus qu’à jouer défensivement. Si le chrono’ du prochain Tour de France est long, il n’intervient que l’avant-dernier jour. Ce qui pourrait changer les choses… 

« En condition normale, Froome est plus fort que moi, concède Contador. Mais ce qui me donne confiance c’est que le contre-la-montre du prochain Tour de France ne sera qu’à la fin ». Sous-entendu Chris’ Froome ne pourra pas prendre de suite l’avantage pour ne jouer que défensivement après. Mais Contador ajoute aussi : « C’est très différent d’un chrono’ qui intervient après quelques jours de course seulement. Placé comme cela à la fin, ça veut dire que la condition jouera beaucoup plus qu’en début de Tour, où les qualités pures de rouleur ont une plus grosse importance. Il y aura eu beaucoup de terrain avant ! »

Voilà qui promet un combat de haute volée… Mais en attendant, il reste la dernière étape du Dauphiné, qui arrivera à Courchevel.

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Publié le par Antoine PLOUVIN