Bilan 2016
Bilan 2016 - La Movistar et Quintana, toujours plus haut Photo : Sirotti

Bilan 2016 - La Movistar et Quintana, toujours plus haut

Pour la 4e saison consécutive, Movistar a remporté le classement UCI World Tour par équipes en 2016. Une domination fondée sur un collectif solide et des leaders une nouvelle fois au rendez-vous, à l'image de Nairo Quintana, vainqueur de la Vuelta. Au total, la formation espagnole a décroché 36 victoires cette année, un record pour elle. Et comme souvent, c'est sur les courses par étapes que les hommes d'Eusebio Unzué ont brillé en s'imposant à huit reprises au général, par Nairo Quintana surtout (Tour d'Espagne, Tour de Catalogne, Tour de Romandie, Route du Sud) mais également Juan José Lobato (Tour de la communauté de Madrid), Dayer Quintana (Tour de San Luis) et Alejandro Valverde (Tour de Castille-et-Leon, Tour d'Andalousie). Malgré le départ de cadres comme Ion Izagirre ou Giovanni Visconti, la Movistar gardera en 2017 le cap qui est le sien depuis toujours : la victoire. 

Objectif 2017 pour la Movistar, en stage ? Pampelune

 

Nairo Quintana-Alejandro Valverde, duo gagnant

Comme toujours, les deux leaders de la formation Movistar ont répondu présent cette saison. Extrêmement régulier, le Colombien a terminé chacune des sept courses par étapes sur lesquelles il s'est aligné sur le podium ! Après ses victoires sur le Tour de Catalogne, le Tour de Romandie et la Route du Sud, il arrive en confiance sur le Tour de France, en principal rival du tenant du titre Chris Froome. Il n'a néanmoins jamais réussi à inquiéter le Britannique et comme en 2013 et 2015, a dû s'incliner devant le leader du Team Sky. A défaut d'avoir vraiment pesé sur la course, il achève son troisième Tour de France sur le podium. Il se rattrape ensuite en Espagne, s'imposant sur la Vuelta pour la première fois de sa carrière, devant Froome, au terme de trois semaines maîtrisées. Une victoire importante en vue de la saison prochaine et du Tour de France, où le grimpeur de 26 ans aura à coeur de monter enfin sur la plus haute marche du podium. Histoire d'accomplir son sueño amarillo, et de rejoindre le cercle fermé des coureurs ayant remporté les trois Grands Tours du calendrier.

Trois Grands Tours, les Jeux Olympiques et pas moins de 92 jours de course dans les jambes, le tout à 36 ans : fidèle à ses habitudes, Alejandro Valverde n'a pas chômé cette annnée. Les quelques 15 000 kilomètres qu'il a parcourus n'ont cependant pas empêché l'Espagnol de briller, bien au contraire. Vainqueur de sa 4e Flèche Wallonne, El Imbatido a découvert le Giro d'Italia au mois de mai, avec succès. Bien épaulé par Andrey Amador (qui s'est au passage classé au 8e rang du général), Valverde a terminé l'épreuve sur le podium et avec une victoire d'étape en prime. Après un début d'année réussi, auquel il faut ajouter ses succès en Andalousie (classement général et une étape) ainsi qu'en Castille-et-Leon (classement général et deux étapes), il s'est ensuite mué en coéquipier de luxe pour Nairo Quintana sur le Tour de France et la Vuelta, se classant lui-même 6e de la Grande Boucle et 12e du Tour d'Espagne au passage. Pas encore rassasié, l'Espagnol aura encore du temps pour s'attaquer aux rares courses qui lui résistent encore, notamment le Tour de Lombardie, l'Amstel Gold Race et les Championnats du monde, puisqu'il vient d'être prolongé jusqu'en 2019. Malheureusement pour ses concurrents, la retraite semble encore loin !



Ion Izagirre, le troisième homme

A 27 ans, le cadet des frères Izagirre a passé un cap cette saison. Déjà très bon lors d'une année 2015 qui l'avait vu remporter le Tour de Pologne et boucler le Tour du Pays basque sur le podium, il a confirmé tout le bien que l'on pensait de lui. Vainqueur du Grand Prix Miguel Indurain, le Basque a surtout décroché une victoire de prestige à Morzine sur les routes du Tour de France, une première pour lui. L'apogée d'une saison au sommet pour celui qui a brillé sur les courses par étapes d'une semaine, à l'image de ses podiums sur le Tour de l'Algarve (2e), le Tour de Suisse (2e) et le Tour de Romandie (3e). Le nouveau champion d'Espagne du contre-la-montre a aussi fait parler ses qualités de rouleur pour remporter des victoires d'étapes sur les courses helvètes, à chaque fois devant des spécialistes comme Tom Dumoulin ou Fabian Cancellara. En ajoutant à ce bilan une 5e place sur Paris-Nice et un top 10 sur l'Eneco Tour, le GP de Montréal ainsi que le chrono des Jeux Olympiques de Rio, Ion Izagirre a sans aucun doute réalisé la meilleure saison de sa carrière. Malheureusement pour la Movistar, c'est désormais sous le maillot de Bahrain-Merida qu'il exprimera son talent.

 

Les cadres et les recrues au rendez-vous

Derrière le trio formé par Nairo Quintana, Alejandro Valverde et Ion Izagirre, d'autres coureurs ont su tirer leur épingle du jeu au sein du collectif Movistar. Parmi eux, Jonathan Castroviejo. Frustré après avoir échoué au pied du podium des Championnats du monde de Richmond et des Jeux Olympiques de Rio, le rouleur espagnol a obtenu la plus belle victoire de sa carrière en décrochant le titre européen à Plumelec, avant de monter sur le podium des Mondiaux de Doha. De quoi s'affirmer désormais comme l'un des tous meilleurs coureurs du peloton dans cette discipline si spécifique s'est l'épreuve chronométrée. Autre coureur à s'être illustré, Imanol Erviti a crevé l'écran. Habitué à évoluer dans l'ombre de ses leaders, le coureur de 33 ans est entré dans l'histoire comme le premier Espagnol à finir dans le top 10 du Tour des Flandres (7e) et de Paris-Roubaix (9e) la même année. Juan José Lobato a quant à lui brillé en finissant sur le podium du Tour de la Communauté de Madrid (1er), du Dubaï Tour (3e) et du Circuit de la Sarthe (3e), des courses sur lesquelles il a en plus remporté une étape à chaque fois. José Joaquin Rojas, travailleur acharné pour ses coéquipiers, a par ailleurs décroché un second titre de champion d'Espagne. Parmi les hommes qui ont répondu présent, on peut aussi citer ici Giovanni Visconti, vainqueur de la Klasika Primavera et 8e de l'Amstel Gold Race, Jesus Herrada, vainqueur d'une étape du Critérium du Dauphiné, ou encore Ruben Fernandez, porteur du maillot rouge sur la Vuelta et 6e du Tour Down Under.

Du côté des recrues, Daniel Moreno a tenu son rang. Arrivé en provenance de Katusha pour aider ses leaders en montagne, le Madrilène a réalisé la deuxième meilleure performance de sa carrière sur la Vuelta en s'y classant 8e. Médaillé de bronze des Championnats d'Europe de Plumelec, il a également remporté une étape du Tour des Asturies. Le Portugais Nelson Oliveira est quant à lui apparu plus en retrait, malgré un 4e titre de champion national du contre-la-montre et une 3e place finale sur le Tour du Poitou-Charentes. En manque de forme après une année 2015 difficile, Carlos Betancur a regoûté à la victoire sur le Tour de Castille-et-Leon, presque deux ans après. Il s'est également imposé sur la 2e étape du Tour des Asturies, avant de disputer le Giro d'Italia aux côtés de Valverde. Un retour aux affaires que le Colombien devra confirmer en 2017.

 

Des départs à gérer pour continuer à progresser

La Movistar évoluera désormais sans plusieurs de ses cadres, certains coureurs ayant fait le choix de quitter la formation espagnole à l'intersaison. Ion Izagirre est de ceux-là. Brillant cette année, l'Espagnol a rejoint le projet Bahrain-Merida avec Vincenzo Nibali, pour continuer sa progression et voler de ses propres ailes en Grand Tour. Après cinq saisons sous les couleurs espagnoles, Javier Moreno et Giovanni Visconti en ont fait de même. Francisco Ventoso a lui rejoint la BMC Racing Team, alors que le sprinteur Juan José Lobato est parti vers l'équipe Lotto NL-Jumbo. Des départs non-négligeables au regard de l'expérience et de la qualité de ces coureurs, que la formation espagnole a tenté de compenser en recrutant Victor de la Parte (30 ans) en provenance de CCC-Sprandi Polkowice, avec qui il a terminé sur le podium du Tour de Croatie. L'expérimenté Daniele Bennati (36 ans), multiple vainqueur d'étapes en Grand Tour, Carlos Barbero (Caja Rural) ainsi que les jeunes Richard Carapaz et Hector Carretero (Lizarte) viennent compléter les rangs. La Movistar retrouvera également Adriano Malori, qui après une grave chute en janvier dernier sur le Tour de San Luis, a consacré toute sa saison à sa récupération, pour repartir de plus belle en 2017. Une bonne nouvelle déjà dans la hotte d'Eusebio Unzué, dont le grand objectif sera encore une fois le Tour de France l'an prochain, sur lequel elle enverra son armada derrière Nairo Quintana. Pour le reste, l'équipe espagnole se mettra en chasse de tous les bouquets possibles, et d'une 5e couronne mondiale au classement UCI World Tour.

L'effectif de Movistar pour la saison 2017 : Andrey Amador, Winner Anacona, Jorge Arcas, Carlos Barbero, Daniele Bennati, Carlos Betancur, Richard Carapaz, Hector Carretero, Jonathan Castroviejo, Victor de la Parte, Alex Dowsett, Imanol Erviti, Ruben Fernandez, Jesus Herrada, José Herrada, Gorka Izagirre, Adriano Malori, Daniel Moreno, Nelson Oliveira, Antonio Pedrero, Dayer Quintana, Nairo Quintana, José Joaquin Rojas, Marc Soler, Rory Sutherland, Jasha Sütterlin et Alejandro Valverde.

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Publié le par Quentin BALLUE