Route
Route - Fränk Schleck raccroche, comme un goût d'inachevé Photo : Sirotti

Route - Fränk Schleck raccroche, comme un goût d'inachevé

 

Il y a deux ans, Andy Schleck arrêtait lui aussi sa carrière

C'est désormais officiel, Fränk Schleck n'est plus coureur professionnel. Le Luxembourgeois a mis un terme à sa carrière à l'issue du Tour de Lombardie ce samedi, une course qu'il a terminée à la 29e place. Le formidable duo qu'il formait avec son frère Andy restera gravé dans les mémoires, certainement davantage que son palmarès. Car si Fränk Schleck a pendant un temps fait partie des meilleurs grimpeurs du peloton, il n'a quasiment jamais transformé l'essai, collectionnant les places d'honneur. De quoi laisser comme un goût d'inachevé à 14 années de carrière qui restent tout de même remarquables.

 

L'éclosion d'un talent

C'est à domicile que Fränk Schleck remporte, à 25 ans, sa première victoire professionnelle en décrochant le titre de champion du Luxembourg en 2005. Cette même année, il termine 3e du Tour de Lombardie et se classe dans le top 10 du Tour de Suisse et de Paris-Nice. Des performances qu'il ne tardera pas à confirmer : il crève l'écran l'année suivante en remportant l'Amstel Gold Race. Une nouvelle fois parmi les meilleurs sur la Flèche Wallonne (4e) et Liège-Bastogne-Liège (7e), le coureur de CSC apparaît alors comme le futur épouvantail des Classiques ardennaises. La gloire lui est déjà promise, son avenir doré tout tracé. Quelques mois plus tard, c'est le Tour de France qui apprend à découvrir le grimpeur luxembourgeois. Victoire d'étape à l'Alpe d'Huez et 10e place finale à Paris pour sa première participation, le début d'une histoire que l'on imagine pavée de succès.

 

Le Tour de France, une quête éternelle

Deux ans plus tard, l'aîné des frères Schleck goûte au maillot jaune. Leader du général à l'entame de la troisième semaine, il s'incline cependant face à son coéquipier Carlos Sastre et achèvera le Tour au 5e rang. Il repart en conquête en 2009, mais malgré une victoire d'étape, Fränk échoue au pied du podium pour trois petites secondes, et c'est bel et bien la performance de son petit frère Andy, 2e derrière Alberto Contador, que l'on retiendra. Il se mue alors peu à peu en coéquipier de luxe pour son cadet, bien décidé à inscrire le nom des Schleck au palmarès de la Grande Boucle par tous les moyens.

Ce sera chose faite en 2010 : Alberto Contador déclassé pour dopage, Andy recevra quelques mois plus tard les lauriers qui lui reviennent, avec néanmoins le goût amer d'avoir été privé du maillot jaune sur le podium à Paris, alors que son aîné avait dû se résoudre à quitter le Tour dès la 3e étape après une fracture de la clavicule. Résolus à mettre fin à leur malédiction, l'édition 2011 marquera sans aucun doute l'apogée de la fratrie luxembourgeoise : à la veille de l'arrivée sur les Champs Elysées, les deux frères occupent les deux premières places du général. Enfin la bonne, se dit-on. Mais leurs carences en contre-la-montre et l'envie de Cadel Evans, jusqu'alors toujours placé mais jamas gagnant, les priveront du graal. Le symbole est cependant fort : les deux frères montent sur le podium à Paris, une image forte mais un sommet qu'aucun des deux ne retrouvera par la suite.

 

Une fin de carrière dans l'anonymat

Contrôlé positif à un diurétique en 2012 lors du Tour de France, Fränk Schleck quitte de lui-même la course. Suspendu puis licencié par son équipe Radioshack, il ne retrouvera la compétition qu'en janvier 2014. Malgré un 5e titre de champion du Luxembourg, il finit loin des meilleurs lors de la Grande Boucle (12e). Depuis, plus rien ou presque. Sa victoire à Quiros lors de la 16e étape de la Vuelta 2015 restera comme la dernière de sa carrière. Maintenant, place à une nouvelle vie. "Je réalise que ce n'est pas comme si j'allumais ou j'éteignais la lumière. J'ai fait du vélo pendant 15 ans, je pense que c'est le bon moment pour arrêter mais je mentirai si je disais que je n'appréhendais pas pas ce qui va venir", déclarait-il après avoir bouclé le Tour de Lombardie

Au moment de tirer sa révérence, Fränk Schleck compte tout de même à son palmarès un podium sur le Tour de France, trois victoires d'étapes en grand Tour, l'Amstel Gold Race 2006, le Tour du Luxembourg 2009, le Tour de Suisse 2010 ainsi que le Critérium international 2011. Des lignes non négligeables sur un CV mais qui auraient pu être autrement plus longues tant le Luxembourgeois a collectionné les places d'honneur : trois podiums sur Liège-Bastogne-Liège, une 2e place sur Paris-Nice en 2009 et plusieurs top 10 sur des courses comme la Flèche Wallonne ou les Championnats du monde, avec en point d'orgue une 4e place à Stuttgart en 2007. "Bien sûr, je n'étais pas le type de gars qui gagnait toutes les semaines mais j'ai connu beaucoup de moments forts et j'ai réalisé quelques bons résultats. J'ai aussi eu de mauvaises périodes, mais c'est là que l'on se forge un caractère. Je suis fier de ma carrière et je n'ai aucun regret". Fränk Schleck restera comme l'un des champions de sa génération. Deux ans après son frère Andy, et quelques semaines avant Fabian Cancellara, une page est en train de se tourner. Elle n'en sera pas pour autant oubliée : le temps passe, mais les souvenirs restent.

Vous avez aimé cet article, partagez le ! 

Publié le par Quentin BALLUE


Brèves

Transferts


Sondage

Selon vous, Bryan Coquard et Vital Concept ont-ils leur place sur le Tour de France 2018 ?







Partenaires